Critiques de films

[Critique] Jack Reacher -Christopher McQuarrie- Critique du film

Un homme armé fait retentir six coups de feu. Cinq personnes sont tuées. Toutes les preuves accusent l’homme qui a été arrêté. Lors de son interrogatoire, le suspect ne prononce qu’une phrase : « Trouvez Jack Reacher. » Commence alors une haletante course pour découvrir la vérité, qui va conduire Jack Reacher à affronter un ennemi inattendu mais redoutable, qui garde un lourd secret.

Tom cruise au-delà d’être un grand acteur à un talent particulier, celui de savoir choisir avec intelligence le moindre des réalisateurs et scénarios de films sur lequel il s’engage. Le type prend des risques et 9 fois sur 10 cela paye. D’un genre à l’autre, il est un caméléon adorant se réinventer. On peut penser ce que l’on veut de l’homme public, difficile par contre d’avoir une dent contre l’acteur. De Tropic Thunder où il s’essaye à la comédie hardcore avec succès en passant par ce Jack Reacher où il redonne ses lettres de noblesse au héros d’antan mode « vigilante » et badass, Cruise est un véritable Ovni. Jack Reacher sa dernière œuvre  en date et sous la caméra de Christopher McQuarrie est sans nul doute l’une des plus grosses surprises dans son genre de la fin d’année. Là où je n’attendais strictement rien de ce film,  Christopher McQuarrie réussit à donner naissance à une œuvre marchant dans la foulée « revival » d’un Argo. J’entends par là, ce genre de cinéma qui conscient de son passé, se nourrit de ce dernier pour lui rendre un hommage intelligent mélangeant avec brio l’ancien et le nouveau pour créer au final un des Thrillers les plus brillants de 2012.

La plus grosse erreur que l’on pourrait commettre face à Jack Reacher est de croire qu’il s’agit d’un blockbuster basique. En effet le marketing appuie beaucoup sa force de frappe sur l’action du film. Loin de dire que cette dernière n’est pas présente ni efficace, elle est loin d’être le tout ou même le cœur du film. Oui, il est vrai que quand elle se met en place, elle ne fait pas dans la dentelle, mais autant être honnête la vraie force du script est sa réalisation et l’attention que le scénariste et réalisateur prend pour donner vie à ses personnages, que ce soit de premier ou de second plan. Au milieu de toute cette galerie, le personnage de Cruise s’érige en une version très dark et pourtant à plus d’une reprise incroyablement drôle de l’image que l’on se fait du justicier. Prenant à revers les idées reçues, Cruise joue sur son image emmenant comme dans Collatéral son personnage dans une noirceur peu commune. L’élément perturbateur et salvateur à la fois est le second degré qu’il y place par moment. La filiation que l’on fera au premier coup d’œil pourrait être Charles Bronson, mais cela serait réducteur tant Cruise ici s’évertue à justement offrir au personnage de Reacher une envergure bien plus grande. Le genre de celle qui très vite le rapproche d’un Clint Eastwood dans sa jeunesse. La double facette de son personnage et son talent d’acteur naturel lui permettent de véritablement crédibiliser ce personnage de redresseur de torts que l’on sent pourtant très proche d’être par instant l’un des criminels qu’il pourchasse.

Batî comme une véritable enquête policière à l’ancienne le film prend son temps pour aussi bien poser ses ambiances (l’exemple parfait en est l’incroyable introduction du film…) que les différentes séquences d’actions du film privilégiant une intelligence d’écriture et de mise en scène pour faire passer la violence parfois ultra sèche et brutale qui s’y trouve. Ange de la mort dispatchant une forme très particulière de justice Cruise affiche ici une sorte de paternité effrayant avec la psyché de l’inspecteur Harry. Le tout agrémenté d’un humour permettant justement de rendre son comportement bizarrement plus acceptable. Changement d’époque et de façon de dépeindre un héros même border line à l’écran Christopher McQuarrie prend justement le risque fou de réintroduire un véritable contre héros et de lui donner le visage de Cruise. Premier pas dans la saga Reacher à l’écran, on comprend très vite l’enjeu de Cruise avec ce film, assurer son avenir cinématographique. Produit par lui-même et pouvant lui offrir une seconde franchise de films à paraître en salles ( vu le nombre de romans, il a de quoi faire …) cette adaptation des aventures de Jack Reacher se devait d’être réussite. Chose qu’elle est en y apportant une deuxième couche. Flirtant entre le grand spectacle et le semi-film de genre intelligent tendance grande époque, Jack Reacher est le pendant parfait d’une année 2012 où Hollywood aura pris un malin plaisir à se souvenir de l’âge d’or de son cinéma de genre et d’entertainement. Une excellente et brillante surprise.

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