Critiques de films

[Critique] Iron Sky – Critique du film

Iron Sky dans son approche rétro et old school du film fantastique aurait pu se rapprocher de l’esprit d’un Sky Captain and The World of Tomorrow avec Jude Law. Film imparfait sur le fond, mais brillant sur la forme. Œuvre qui avait surtout pour elle d’être très respectueuse de son côté pulp à l’ancienne. C’est ici en partie que le film Iron Sky piège son public. Les images de la campagne promo laissant croire que le style du film allait se diriger vers ce genre si précis. Le constat en fin de parcours est beaucoup plus déceptif que prévu pour la simple et bonne raison que sous couvert de la comédie/parodie/ foutoir sans nom, le film est tout simplement raté de part en part, à l’exception peut-être de certains effets spéciaux qui au vu du budget sont plutôt de bonnes qualités. Mais c’est bien la seule et unique chose qu’il y a de positif dans ce film qui prend l’eau de partout. La faute à un script ne sachant absolument pas doser ses effets et poussant ces derniers dans de tels retranchements que l’on en vient au final à se poser des questions sur le côté border line de certaines situations ou juste du message de respect et tolérance qui au final n’ayons pas peur des mots…est juste dramatiquement con.

Con…c’est bien le mot qui va revenir le plus souvent à votre esprit durant le film, car au final ce sont les 3 lettres synthétisant le mieux le cœur du film. Critique sur l’hégémonie américaine, le non-respect de ce pays pour les autres pays, militantisme parodique pour la communauté black, retournement de situations sur qui sont les vrais méchants et les faux gentils…On en vient à se perdre et se demander quelle était l’intention de base au moment de la mise en production de cet Ovni. Il y avait de quoi faire un court ou un moyen métrage ou au mieux une web-série. Mais sous la forme d’un film, tout cela ne tient pas et apparaît comme un gimmick qui à la longue ennuie tellement profondément que l’on est surpris qu’un producteur puisse avoir donné son feu vert pour produire ce film. La volonté parodique n’est jamais clairement mise en place pour pouvoir durer sur le long terme. Le ton est excessivement maladroit et le maniement du second degré laisse le spectateur assez circonspect quant aux intentions de fond du film. L’un des rares points positifs réside dans son look et aspect. Pour un budget correct, le film réussit à créer une atmosphère très SF old school vraiment bien foutue. On prend plaisir à voir ce délire SF sur la forme, moins sur le fond.

Iron Sky passe donc à côté d’à peu près tous ces objectifs, mais celui entraînant le plus d’interrogations est la critique voilé sur les États-Unis. L’ensemble se fait dans la parodie certes, mais le manque de recul ou de finesse dans la mise en avant des éléments laisse pantois. De la nouvelle présidente des États-Unis encore pire que George Bush en passant par l’astronaute Black qui est là, car c’est bon pour les votes…Le film se veut un pamphlet, mais à la fâcheuse tendance de tirer des cartouches à blanc. Ces dernières s’écrasant mollement sur spectateur causant au mieux un petit picotement et parfois un début de sourire, mais trop rare pour attirer l’attention. Le film souffre d’un mal au final assez banal, fait par des fans pour des fans, il ne s’embête pas avec les conventions classiques du cinéma hollywoodien classique. Au sens large, il ne s’emmerde d’ailleurs d’aucunes conventions. Fait pour 7 millions de dollars et dégoulinant de « Fan Made attitude » dans l’esprit ( ce qui n’est pas une critique chez moi), Iron Sky est une grosse blague potache misant beaucoup sur la forme et oubliant totalement en route le fond. Bande démo d’un réalisateur en terme technique, le film ne survit pas à l’épreuve analytique. Mais est-ce que cela a été sa première intention ? J’en doute.

Raté, pas vraiment drôle, très voir trop bavard, Iron Sky aurait pu réussir son coup et être le petit outsider européen dans la cour du 7e art bis, mais ce n’est pas le cas. On hérite d’un film pamphlet maladroit et incapable d’aller correctement au bout des idées qu’il met sur la table. Reste une imagerie SF vraiment bien branlée…Mais c’est bien la seule chose à sauver de ce naufrage.

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