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[Critique] Iron Man 3 – Shane Black – Critique du film

Tony Stark, l’industriel flamboyant qui est aussi Iron Man, est confronté cette fois à un ennemi qui va attaquer sur tous les fronts. Lorsque son univers personnel est détruit, Stark se lance dans une quête acharnée pour retrouver les coupables. Plus que jamais, son courage va être mis à l’épreuve, à chaque instant. Dos au mur, il ne peut plus compter que sur ses inventions, son ingéniosité, et son instinct pour protéger ses proches. Alors qu’il se jette dans la bataille, Stark va enfin découvrir la réponse à la question qui le hante secrètement depuis si longtemps : est-ce l’homme qui fait le costume ou bien le costume qui fait l’homme ?

Ce 3e volet des aventures d’Iron Man est un objet diablement étrange. Inattendu sur bon nombre de points, surfant sur autant de défauts que de qualités, le film de Shane Black malgré ses apparences est plus un « stand alone » dans toute sa splendeur qu’un film utilisant pleinement l’héritage mis en place via les deux premiers films et The Avengers. Certes les connexions sont là avec certains éléments majeurs…mais dans le cas d’Extremis qui est le centre de l’histoire et un élément majeur de la mythologie d’Iron Man, il faut reconnaître que le degré d’aseptisation autour de cette partie est assez surprenant. La noirceur et l’ultra violence de cette histoire ne pouvaient passer clairement dans l’optique grand public où se trouve Iron Man. Le passage par la case synthèse était du coup obligatoire. Cela ne se fait pas forcément sans heurts dirons nous, le coeur même de l’histoire (passionnante au demeurant…) se retrouve quelque peu remise à un niveau embryonnaire qui en laissera parfois plus d’un sur la route. La frustration pourra être de la partie, mais c’est ici que la magie Shane Black opère. Visiblement conscient des limitations, Black insuffle dans son film un second degré pour le moins inattendu, voire même déstabilisant. Que ce soit dans la relation entre Rhodes et Stark ou l’incroyable performance de Ben Kingsley, il est assez facile et logique de dire que ce Iron Man 3 est en fait l’arme fatale des films de super héros. Robert Downey Jr accomplissant un show jouissif parfois en roue libre sous la caméra de son ami Shane Black.

Le problème majeur de ce 3e volet est qu’il prend la mythologie d’Iron Man avec une désinvolture assez effrayante par moment. Il suffit de lire la bande dessinée sur Extremis pour se rendre compte des différences abyssales existant entre elle et le film… Tout comme le problème d’alcoolisme de Tony Stark éradiqué depuis le début, l’ultra violence résident dans le comics disparaît. Ce qui en bout de course est pour le moins déstabilisant et rendant le nœud de l’histoire assez…anecdotique. Un choix dicté par le sacrosaint PG13, mais qui ici tue un peu dans l’œuf ce qui aurait pu rendre l’histoire aussi brillante. C’est alors que mis devant le fait accompli, Black retourne les cartes et tente le plus gros tour de passe-passe de l’année. Oui Iron Man 3 en quelque sorte est une « Arme Fatale » au pays des super héros. L’humour très quinzième degré, les twists fleurant bon avec la roue libre tendance wtf totalement assumée arrivent les uns à la suite des autres avec une régularité effrayante. Tout ne passera pas auprès du public, mais l’on doit reconnaître aux producteurs une certaine forme de courage pour prendre le risque de tenter des trucs aussi casse-gueule avec une franchise pareil. Iron Man 3 plus que jamais repose sur le talent comique de Robert Downey Jr qui étant sans son armure une bonne partie du film doit se reposer sur ses qualités humaines pour survivre. Là encore, tout ne respire pas forcément la perfection et l’adjonction du grand méchant dans la balance n’aide pas. En terme narratif le film souffre d’un déséquilibre certain que l’équipe tente de pallier en s’appuyant sur le sens du comique de RDJ. C’est compréhensible, mais relègue aussi du coup le film dans la case un peu frustrante du film de transition…

Certes les références aux événements des Avengers sont présentes, mais pas forcément développées suffisamment pour permettre de créer un vrai lien solide avec le reste des productions. Le show repose uniquement sur Stark et ce qu’il est face à l’adversité sans ses armures. Mais là où le scénario commet un faux pas c’est en atténuant de façon si considérable la partie relative à Extremis. Là où la bande dessinée réussissait à prendre en compte le facteur risque encouru par Stark et la solution idéale que représentait Extremis pour le sortir d’affaire, le film ne fait qu’effleurer la chose. La validant à l’emporte-pièce dans un épilogue servant aussi bien de clôture potentielle a la saga Stark par RDJ qu’à un nouveau départ. Reste au milieu de tout cela et malgré une certaine déception quand a une histoire passant à côté de son potentiel de très grands moments dont une scène absolument mythique entre Robert Downey Jr et Ben Kingsley que je vous ferais le plaisir de ne pas dévoiler. C’est d’ailleurs via des choix comme celui présent dans cette scène que le film est à la fois aussi fascinant pour certains que raté pour d’autre. Le parti pris le plus chiant et difficile à accepter a la vue de l’univers mise en place dans les autres films reste que ce Iron Man 3 est bel et bien un stand alone ( film quasiment à part) dont le second degré absolu rebutera à tort ou à raison certaines personnes. À la fois le plus drôle des 3 films et a plus d’une reprise le plus frustrant vu qu’il ne va jamais au fond des choses, ce film laisse dubitatif sur ce qu’il aurait pu être vraiment si le studio avait pris une autre route. Celle de l’adaptation brute d’extremis et non d’un travestissement expérimental de très bonne facture certes grâce à son casting et son réal, mais batard malgré tout sur plus d’un point. Un plaisir coupable pour moi. Mais c’est le fan de Robert Downey Jr qui parle…

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