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[Critique] Hot Girls Wanted, miroir du porno 2.0…

Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus est un film que l’on pourra “accuser” de ne faire qu’effleurer la surface des choses, mais dès le depart, les termes sont claires. Le documentaire s’intéresse à ce nouveau trend du monde du porno consistant à mettre en avant de véritables amateurs. Si l’on regarde chez nous le phénomène est identique avec Jacquie et Michel qui quoi qu’il arrive ou qu’on en pense on fait passer le porno amateur dans la case du mainstream. Tout le monde connaît et l’on se retrouve face à un cas de conscience assez basique face à ce genre de production : prendre conscience des choses ou continuer à les regarder de la façon dont on nous les sert sur un plateau ? Le porno de nos jours et comme le disent les actrices de Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus est là pour répondre à l’offre et la demande. On se voile dans les draps d’une moralité irréprochable, on fait semblant de ne pas connaître, mais tout le monde en consomme et le tout a un âge de plus en plus jeune. Le porno est-il la source de tous les maux ? C’est un long débat et les différents courants existant sous cet étendard montrent que même en interne, la lutte est féroce. Et c’est basiquement une guerre des sexes qui s’organise dans ce milieu. La femme comme on la voit dans Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus n’est qu’une matière première malléable et qui se fait exploiter plus ou moins volontairement.

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Le portrait de ces jeunes ados malléables que montre Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus fait froid dans le dos. Il a certes toujours plus ou moins existé, mais avec l’avènement de notre génération 2.0 la chose prend des tournures assez effrayantes. La recherche d’une célébrité éphémère pour échapper à un quotidien moyen. Est-ce que toutes les actrices porno sont des filles abimées dès le départ ? Parfois, mais il arrive comme dans le cas de l’actrice Stella May ( fil rouge du film) que l’on ne soit face qu’a une ado paumée. Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus prend le temps de démontrer la première couche de cet univers, l’argent facile, le sentiment de faire quelque chose qui va offrir un passé droit sur l’autoroute du succès. Puis soudain la machine s’emballe. Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus ne montre pas forcément toutes les tendances existantes dans le monde du porno amateur en vogue, mais prend le temps d’appuyer là où cela fait mal. J’entends par là, sur l’utilisation de la femme comme « vulgaire sac à viande » ( dixit les passages sur facial, abuse et d’autres sites BDSM). Et c’est là que le rêve se fissure. La durée de vie d’une actrice à l’heure actuelle est ridicule et entre les passages à l’hôpital pour déchirure vaginale, les nombreux tests de dépistages, les costumes, les frais annexes et le poids de supporter d’être reconnu en dehors des tournages et railler, l’addition est lourde et difficile à porter.

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On regarde donc Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus d’un œil bizarre, car dans le fond ce qui est dit, tout homme matant un porno le sait. Mais la grande moyenne fait semblant de ne pas le savoir. Pourquoi ? Car comme le dit une actrice, c’est l’offre et la demande, on se fond dans l’ère du porno instantané. On a grandi avec le porno à portée de clics, gratuit et sans filtre. Sans pour autant forcément réfléchir (ou vouloir le faire) sur l’autre facette du business. Celle où pour dix porno stars féminines qui marcheront ce seront des milliers d’autres qui auront des vies de merdes pour satisfaire une branlette rapide entre midi et deux ou le soir avant de se coucher. Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus renvoie donc le public masculin vers une sorte de face à face avec soi-même et le côté malsain d’une grande partie de l’industrie. Une énorme partie du trafic de ces sites pro amateur et autres allant vers des pratiques que l’on peut ranger dans la catégorie de violences contre les femmes. Des choses que l’on mate à l’abri des regards, à portée de clics et sans filtres. Qu’un adulte les regarde pour assouvir un besoin qu’il refrène dans la vie de tous les jours a un côté malsain d’un point de vue psychanalytique, mais le pire reste ce que cela a comme impact sur la jeune génération.

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Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus lors d’une de ses séquences montre Stella May avec son petit ami dans une fête, tout le monde la connaît, tout le monde sait ce qu’elle fait et lui demande dans quelle catégorie on peut la retrouver le plus facilement. La jeune génération déguste le porno comme de la Junk Food, façonné par ce genre depuis le plus jeune âge, elle le maitrise très jeune et perd toute innocence sur le sujet. Mais quand les bases de l’éducation se font sur les préceptes qu’une femme n’est qu’un sac à viandes à qui l’on peut faire toutes les bassesses du monde, qu’attendre pour la suite ? La chose est tristement déprimante pour ceux qui le regarde autant que pour celle qui se lancent dans le domaine en pensant passer entre les mailles du filet. On y laisse des plumes et les rêves de célébrités sont illusoires. Le revers de la médaille est souvent bien plus lourd à porter. Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus ne fait certes que gratter la surface d’un domaine beaucoup trop vaste pour être pris dans les mailles du filet d’un seul documentaire, mais il ouvre la porte d’une certaine réflexion. Et ce n’est pas du luxe. Les réalisatrices de porno féminin qui commencent à percer changent la donne et redonne en quelque sorte une notion d’artistique au porno vu que ce n’est pas indissociable, mais dans la grande majorité des cas pour l’instant, l’industrie du porno actuelle chez l’once Sam et par ricochet chez nous aussi ( Jacquie et Michel…) bouffe de l’amateur comme de la chair à canon et laisse trainer les morceaux sur le bord de la route une fois le festin fini. Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus n’est pas le meilleur documentaire du monde, mais sa simplicité aide aussi à voir de façon encore plus aggravante les travers d’une société de consommation ou au final la guerre des sexes est bien plus violente qu’on ne le pense. Qu’on le veuille ou non, le monde du porno a 80% est un outil fait pour la satisfaction masculine et où la femme n’a de finalité que d’être un outil. Il n’y a rien d’excitant, rien de bandant là dedans. Il y a juste de l’exploitation et de la manipulation basique d’ados naïves. Cela ne date pas d’hier et cela continuera encore et encore, voilà malheureusement ce que montre au final assez bien Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus. À voir.

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