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[Critique] Headhunters- Morten Tyldum- Critique du film

Qu’est-ce qui peut s’avérer encore pire pour un escroc de haut vol, que de se rendre compte que la personne qu’il cherche à arnaquer est encore pire que lui ? Je ne dis pas juste pire dans le sens machiavélique, j’entends aussi par là dans le genre psychopathe de haut vol, le genre de ceux qui sont des anciens mercenaires aussi beau gosse que sans états d’âme. HeadHunters adaptation cinéma d’un roman du roi du polar Norvégien Jo Nesbo jouit d’une véritable aura de petit chef d’œuvre depuis pas mal de temps. Hollywood jamais avare de possibilités de remake a déjà acheté les droits pour en faire un justement. Je les comprends tant le matériau de base est tout simplement génial, sans temps mort, doté d’un anti héro aussi retors qu’attachant et d’une perversion assez diabolique. Le tout pour en bout de course offrir aux spectateurs une aventure aussi folle que borderline et parfois absurde dans son utilisation d’un second degré très norvégien. Chose qui à mon avis disparaîtra du possible remake au profit d’une relecture probablement très premier degré. Ce qui dans l’ensemble est bien dommage.

HeadHunters a une force et c’est d’ailleurs sur celle-ci que repose tout le film, celle d’emblée de nous faire apprécier ce héros totalement roublard. C’est une crapule, certes, mais pas vraiment comme les autres. Il est différent, moins rugueux et pourtant tout aussi border line dans le fond. Mais au-delà de tout cela, ces idées que l’on peut avoir sur lui, volent très vite en éclats quand on voit l’avalanche de problèmes lui tombant sur le coin de la tête. Le pire dans tout cela réside dans l’approche très Tarantinesque des situations. La violence se marie avec aisance au second degré désamorçant ainsi ce qui chez d’autres aurait pu mal se finir. Le scénario n’est pas en reste surfant sur une montée en puissance constante et amenant une once de sadisme latent dans le lot. Car au final ce film ressemble à une version de luxe de « Running Man » avec un héros devant surmonter toutes les épreuves et situations les plus tordues et mortelles pour survivre au maximum. Et dans le genre, le film ne lui épargnera strictement rien. Ce qui d’emblée place le spectateur dans le camp du voyeur sadique. Les situations que subit le héros, ainsi que la tournure de l’histoire finissent très vite par provoquer un sentiment d’amusement assez sadique. On rit de son malheur, on compatit, on s’amuse alors que l’on ne devrait pas et l’un dans l’autre en sous-main, l’empathie fait le reste du travail. On s’attache à ce pied nickelé du crime qui a eu le malheur de s’attaquer à la mauvaise personne. Et une fois que tous ces éléments se sont bien mis en place, le dernier acte prend une autre tournure.

Car malgré l’humour et le second degré un peu à l’image d’un George Clooney dans Ocean Eleven, le personnage principal fait en sorte de mettre en place un plan de secours. Et c’est sur ce dernier point que le film paye en montrant que toutes les apparences n’étaient pas aussi catastrophiques que l’on pouvait le croire. Doté d’un style et d’une réalisation aussi stylisée qu’efficace, ce HeadHunters adaptation visiblement littérale d’un roman de Jo Nesbo est une véritable petite réussite. Aussi bien sur le fond que sur la forme. Il n’est du coup pas difficile de comprendre pourquoi Hollywood s’intéresse tant au film et en prépare son remake. Une chose qui en soit me semble un peu caduque, pour la simple et bonne raison que le film pourrait sortir tel quel chez l’oncle Sam, le style est là et les retouches s’avèrent à mes yeux inexistants et inutiles. Mais comprendre Hollywood et son besoin aberrant de transformer/dénaturer/adapter est parfois beaucoup trop chiant et surtout sans intérêts. Mieux vaut au lieu de perdre son temps dans ce genre d’actions le concentrer sur la découverte de petites perles nordiques de ce style. Sincèrement, il y a peu de chances que vous veniez à le regretter.

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