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[Critique] Green Room de Jeremy Saulnier, nazis blood and Punk!

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Beaucoup de gens ont peut-être parlé trop vite sur le film Green Room de Jeremy Saulnier en le taxant de chef-d’œuvre ou en critiquant son manque d’originalité. Green Room au contraire n’a pas l’intention de révolutionner le genre, à aucun moment je pense pour être honnête, la vérité est que Jeremy Saulnier a plus envie qu’autre chose de réaliser un vrai film de genre nerveux, gore, drôle et tendu comme un string. Il veut faire de l’efficace, sans jamais se foutre de la gueule de son spectateur. Le survival à Hollywood est malheureusement à l’image des comédies romantiques ou d’autre genre, devenue une parodie en quelque sorte. Hollywood les produit à la chaine et la plupart du temps, on se contrefout du résultat vu que dès le départ, le réalisateur s’en contrefout lui aussi. Green Room de Jeremy Saulnier n’entre pas dans cette catégorie. J’ai même envie de dire qu’il la fuit et fort heureusement cela paye en bout de course. Green Room de Jeremy Saulnier est un des films de genre les plus diablement efficace que j’ai vu depuis un bail. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que le réalisateur revient à la base de ce qui fait un survival : la tension. Il l’attrape par les couilles et ne la lâche plus jusqu’à la fin du monde, relâchant vaguement de temps à autre la pression pour respirer et balancer dans le mix un peu d’humour. Mais quoi qu’il en soit, autant le dire Green Room est aussi malsain que délicieusement jouissif, un paradoxe particulier qui ne renforce qu’encore plus le plaisir de la découverte.

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Oui Green Room de Jeremy Saulnier est malsain de par ses bad guys, une bande de néo nazis de la pire espèce aveuglée par la haine et le plaisir de tuer. La violence du film est radicale et renforce encore plus l’ambiance oppressante. Jamais le mot survival n’aura aussi bien pris du sens dans un récit. Jeremy Saulnier n’est pas ici pour faire le moindre cadeau à ses héros. Le bodycount est énorme et cela se fait bien souvent de la façon la plus nerveuse ou gore qui soit. Green Room de Jeremy Saulnier est gore, pas comme le pire film underground du genre, mais gore dans sa façon réaliste et sèche de présenter la mort. On finit par être sous tension constante tant les cadavres pleuvent à droite, à gauche et dans tous les sens. C’est un festival que Jeremy Saulnier n’arrête que le temps de quelques vannes. Sentiment étrange de voir une version des petits cochons où le grand méchant loup ( ici Patrick Stewart) serait ici un nazi venu en famille avec la seule intention de faire parler le sang. La violence du film est-elle apte à provoquer un rejet particulier ? Peut-être chez les plus sensibles, mais il n’y a pas de tromperies sur la marchandise. Nous sommes dans un survival et pour que celui-ci fonctionne, il faut que la menace soit crédible. Certes, Patrick Stewart n’est peut-être pas aussi présent que cela dans le film, mais les moments où il s’installe à l’écran suffise à installer le malaise. Calme, froid, méthodique et n’aspirant qu’à la mort des héros, il est froidement réaliste et c’est ce qui met encore plus mal à l’aise du début à la fin.

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Green Room de Jeremy Saulnier est un film de genre assumant pleinement son statut et postulat de départ. Le réalisateur ne cherche pas à en sortir, il veut montrer que l’on peut encore faire quelque chose de bien avec ce genre malgré l’entreprise de démolition en règle d’Hollywood ces dernières années et le résultat dans l’ensemble est bon. Nerveux, inventif et surtout efficace Green Room de Jeremy Saulnier est un exercice de style qui fonctionne du début à la fin. Loin de l’aseptisation bateau que l’on pouvait craindre, Jeremy Saulnier développe un sens du spectacle dont le sadisme n’a d’égal que la précision de la mise en scène. Parfois, il est bon d’aller au cinéma pour se faire surprendre, Green Room de Jeremy Saulnier rentre dans la case de ces films. Est-ce que l’on s’en souviendra pleinement d’ici un an ou deux ? Je ne sais pas, mais est-ce que l’on prendra son pied sans concessions en découvrant ce film et le jeu de massacres qui s’en suit ? J’ai envie de dire oui. Pire encore on en redemande un peu…Une très bonne surprise.

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