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[Critique] Godzilla- Gareth Edwards- Critique du film

Pour le grand public ne connaissant pas forcément la mythologie Godzilla, le nom de ce monstre sacré va être sali pour l’éternité par le film de Roland Emmerich. Difficile de remonter la pente après ce genre de choses et pourtant c’est bien la tâche folle que Gareth Edwards se met en tête de faire avec ce Godzilla nouveau jus. Le résultat même s’il surprend est dans l’ensemble une franche réussite. Loin de n’être qu’un simple film estival bourrin, le Godzilla de Gareth Edwards se rapproche fortement d’une épopée à la Spielberg où le thème de la famille est central en plein milieu d’un chaos sans pareil. Ledit chaos étant incarné par Godzilla. Un véritable dieu sur Terre remettant en perspective la place de l’homme sur Terre. Gardant une approche digne de celle de Monsters, Gareth Edwards amène l’action en grande partie à hauteur d’homme, renforçant encore et toujours l’horrible impression d’impuissance qui assaille les héros du film. La démesure des créatures tout comme l’imposante présence physique et globale de Godzilla ne cessent de remettre en place l’humain face à la nature en terme de puissance. Et c’est ici que le film joue avec une vision plus écologiste de la chose, pervertissant un peu le schéma classique des blockbusters basiques. Car définitivement ce n’est pas ce qu’est ce Godzilla.

Humain, voilà le mot qui définit le mieux le cœur de l’histoire que ce soit de par l’histoire de cette famille ou bien du monstre Godzilla lui-même, le film s’éloigne des clichés inondant les blockbusters. Marchant dans la lignée directe d’un film de Spielberg tel que « La guerre des mondes » Godzilla s’articule autour de ce père traversant littéralement le monde pour retrouver sa famille et leur permettre de survivra à la menace qui se passe autour d’eux. Choix particulier de la part de Gareth Edwards que de bien souvent laisser hors cadre cette fameuse action. Ne me faites pas dire l’impensable, Godzilla compte bien un nombre incroyable de séquences qui vous feront décrocher les mâchoires, mais il ne prend pas le risque que de se reposer sur ce simple fait. L’empathie que le réalisateur installe sur les épaules de Godzilla est assez impressionnante. Majestueux, flippant et dévastateur à la fois, le « monstre » tel qu’on le voit transcende son simple statut pour laisser transparaître autre chose le temps d’une séquence basé sur un simple échange de regard. Non Godzilla n’est pas le centre de l’histoire, il est en un des éléments majeurs qui donnent une dynamique particulière au reste des personnages. Le chaos qui marche dans son sillage ne rend qu’encore plus tangible le danger dans lequel surnagent les personnages principaux. Un film de monstre doit avant tout s’adresser aussi aux humains en leur mettant sous le nez la plus simple des questions : que feriez-vous dans ce cas de figure. Iriez-vous jusqu’au plus grand sacrifice ? Le film de par le parcours que doit faire son acteur principal se rapproche diablement de la Guerre des mondes.

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Gareth Edwards n’oublie jamais que le spectaculaire est une chose, mais que ce sont les humains qui font l’histoire. Le film prend du coup son temps pour appuyer son gros doigt narratif là où on ne l’attend pas. Humain et pas dénué d’un véritable sous-texte écolo sur le rapport à la Terre, Gareth Edwards s’amuse avec son Godzilla à utiliser les codes du blockbuster pour mieux les pervertir. Il démontre ainsi avec brio que dès son 2e film et après un coup d’essai frôlant le coup de maître avec Monsters, il récidive et va droit au but. Godzilla se montre respectueux de la mythologie du monstre tout en la remplaçant intelligemment dans le contexte contemporain. Mais surtout, Gareth Edwards développe un film qui à la différence de beaucoup ces derniers temps prend le parti pris d’être capable de tenir sur ses pieds du début à la fin. Qu’il se fasse ou non une suite, ce film fonctionne avec un début, un milieu et une vraie fin. D’un point de vue narratif, Gareth Edwards ne se prive d’aucunes audaces quitte à aller sur une autre route que celle attendue et quand vient l’heure du spectacle, le dieu Godzilla remplit totalement sa part du contrat. On dit souvent qu’Abrams est le fils illégitime de Spielberg, Godzilla est peut-être la preuve que Gareth Edwards est son fils tout court…Même s’il joue avec les codes et en surprend en mal ou bien plus d’un, le Godzilla de Gareth Edwards est une belle réussite. A voir !

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