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[Critique] The Giver- Phillip Noyce- Critique du film

Dans un futur lointain, les émotions ont été éradiquées en supprimant toute trace d’histoire. Seul « The Giver » a la lourde tâche de se souvenir du passé, en cas de nécessité. On demande alors au jeune Jonas de devenir le prochain « Giver »…

Dans la horde des films de la catégorie Young Adult, the Giver se positionne comme le vilain petit canard de la famille. Dans sa catégorie, c’est bel et bien le premier du genre que je vois avoir autant de bonnes idées à la base…et ne jamais quoi savoir en faire, ni comment bien les mettre en scène. The Giver souffre d’un problème majeur, celui de laisser la désagréable impression aux spectateurs que le film a vu disparaître facilement une bonne demi-heure…Celle contenant les développements des personnages et explications attenants à l’univers dans lequel se place The Giver. Car bien que reprenant certains codes attendus dans ce genre de productions, le film de phillip Noyce prend un énorme plaisir à ne jamais aller au bout des choses. C’est frustrant et voir même incompréhensible par instant. Surtout si l’on met la chose en opposition avec les quelques bonnes idées qui jalonnent le film. La plus grosse partie d’entre elles se trouvant dans le contre-pied narratif que peut prendre le film par instants.

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Jonglant d’un univers clean et sans tâches aux reliques d’un autre plus sec, The Giver se permet d’offrir quelques flashs d’une violence certes modestes rapport a ce que l’on voit au 20h, mais qui dénote avec le traitement zen de l’histoire. L’autre force du film réside dans la relation qui s’installe entre Jeff Bridges et son élève. Le passage du savoir est un thème intéressant, surtout aussi sur toutes les contraintes allant avec dans la société du film. Il y avait de la matière pour créer quelque chose de passionnant entre le maître et l’élève et malheureusement, il n’en sera jamais rien. The Giver possède certes des bonnes idées narratives ( du moins en termes de quand on jette les bases), mais le miracle ne va pas vraiment plus loin. Les problèmes sont malheureusement légions quand on se met à gratter les contours de The Giver. Le trio des héros adolescents est classique dans le domaine  des Young Adult, mais ici le nouveau problème qui se profile à l’horizon détruit tout sur son passage. Les contours des personnages sont assez basiques, dès la premièr rencontre, il est difficile d’être surpris et cela ne fait que s’aggraver avec les minutes qui passent puis arrive le point de rupture. Celui où le scénariste cesse de vouloir essayer de juste faire semblant et ne fait plus rien. Donnant lieu à un spectacle assez bizarre, celui de 3 acteurs ressemblant à des poissons rouges hors de leur bocal. Il cherche de l’air, de quoi survivre…mais plus rien. Le scénario est vidé de sa substance et tout comme eux, il agonise.

The Giver a de quoi d’une certaine façon mettre mal à l’aise tant on assiste à la longue et lente agonie d’une histoire qu’on pensait pourtant pleine de force. N’ouvrant sur rien, ne voyant pas plus loin que les limites de la civilisation fictive apparaissant dans le film, The Giver tire à blanc. D’une certaine façon Divergente qui était pourtant plus mal écrit…faisait un meilleur travail de positionnement des personnages et de l’univers les entourant. Cela ne volait pas haut, mais quand la fin arrivait ( aussi mauvaise soit-elle), il y avait de quoi faire une suite. Dans le cas The Giver, il n’y a même pas ce luxe. Il n’y a même d’ailleurs pas vraiment de films. Juste un patchwork maladroit de séquences et d’idées noyé dans un énorme charcutage. Je ne vois pas d’autres solutions pour expliquer cette débâcle narrative. Quelque part, une director’s cut doit exister. Un jour peut-être la retrouvera-t-on? En attendant, cela ne fera pas grand mal à votre cerveau de passer à côté de ce film…

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