Critiques de films

[Critique] Ghost Rider 2- Mark Neveldine et Brian Taylor – Critique du film

Il y a des films que l’on va voir sans vraiment y croire. Au fond de soi, on est certain que cela va être mauvais et la plupart du temps, on a raison. Dans le cas de Ghost Rider 2, je savais que cela allait tutoyer les cimes du nanar, mais pourtant la présence de Nicolas Cage avait suffi à avoir raison de mes doutes. Oui je suis fan du bonhomme. Fascinant dans son jusqu’au-boutisme à explorer les abimes du nanar, il se réinvente à chaque film, dans le meilleur ou parfois le pire. Et dans le cas de ce Ghost Rider 2, le meilleur côtoie bien souvent le pire, mais en formant une osmose assez fascinante. Oui le film n’a aucun intérêt en lui-même, le scénario est inexistant ou juste un prétexte et les réalisateurs en sont conscients dès le début. Il n’y a pas de tromperies sur la marchandise. Les deux acolytes derrière la caméra prennent ce film comme un terrain d’expérimentation pour mettre en scène des idées de réalisations justes folles et surtout donner vie à une version du Rider qui est sans aucun doute dans ce film, l’un des super héros les plus diablement jouissifs et badass à avoir jamais touché les écrans de cinéma. Cage donne vie derrière le masque numérique à ce héros et cela donne tout simplement lieu à des séquences tout simplement « awesome !!! »

L’erreur fatidique du premier film était d’avoir un « Rider » au final assez bâtard. Sorte de gentil bad guy d’opérette, le film n’avait jamais suffisamment de carburant pour aller jusqu’au bout de ses ambitions. Ce n’est pas le cas ici. Dès que Nicolas Cage s’efface au profit de son alter ego de flammes, le film rentre dans une autre dimension. Il faut penser la dualité Johnny Blaze/ Ghost Rider comme celle de Travolta et Cage dans Face Off. Le rider ici est la version satanique de Castor Troy et Cage s’en donne à cœur joie quand le rider entre en scène. L’aura de ce dernier est tout simplement monstrueuse. Les réalisateurs font en sorte de lui donner suffisamment d’espace ainsi que des séquences d’actions complètement dingues pour qu’il puisse briller. Sorte de super héros, hyper actif, cinglé et totalement psychopathe, le rider illumine l’écran. Depuis Blade 2, cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un personnage de Comics aussi salement badass à l’écran. Mais ce qui fait sa force est aussi la plus grosse faiblesse du film. À force de ne prendre le tout que sous l’œil de l’expérimentation dingue, les deux réalisateurs lassent un peu. Crank 2 à force d’excès souffrait du même problème. Bis repetita dans le cas présent. Ghost Rider 2 n’est pas un film, c’est une expérimentation. Aussi bien au niveau de la réalisation que du jeu d’acteur.

C’est d’ailleurs ici que se joue le point le plus fascinant de ce film. Que ce soit Cage ou les réalisateurs, d’un côté comme de l’autre chacun est visiblement conscient des limitations du script. Chose qui malgré tout ne semble effrayer personne. Cage se mettant au service de la folie des deux réalisateurs avec une bonhommie assez impressionnante. Pire encore, par moment, il se montre encore plus fou qu’eux. Ghost Rider 2 me fait penser au cinéma de Tsui Hark et à celui de Jan Kounen à ses débuts. L’envie première est de maltraiter l’image pour la forcer à aller dans ses derniers retranchements. Créer dans la contrainte et soumettre les codes de réalisations classiques. Les deux réalisateurs violent en série toutes les règles du cinéma d’action dit classique et lui assène un gigantesque « fuck you » en guise de cumshot. Dans le cadre de la logique pure et dure cela ne passerait pas et pourtant avec l’adjonction de Nicolas Cage dans l’équation, ce gang bang cinéphilique qu’est Ghost Rider 2 confine au merveilleux. Ne nous méprenons pas, je ne dis pas que le film est bon. Il ne l’est en aucun cas. Je dis que si l’on s’éloigne des codes classiques et que l’on arrive à prendre du recul, l’expérience est juste folle.

Par contre, conseil d’ami pour la survie de vos yeux…fuyez la version 3D du film. Disons que même un Michael Bay à côté est plus supportable en terme de migraine soudaine, voire de crise épileptique. À voir à vos risques et périls…

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