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[Critique] Get Out, la naissance de Jordan Peele le réalisateur!

Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable.

Get Out de Jordan Peele est un film particulier, ne vous laissez pas avoir par la tentative de marketing voulant vous faire penser que c’est un simple film d’horreur de plus. Le film de Jordan Peele est bien plus que cela. Si vous êtes déjà adepte de l’humour aussi fin que hardcore que le monsieur développait dans sa série Key and Peele avec son acolyte, vous ne serez pas surpris quand le récit du film refermera ses griffes sur vous. Get Out de Jordan Peele est un film d’horreur sociale, le plus flippant dans la chose est que Jordan Peele loin de se vautrer dans de l’horreur facile prend le réel comme base de notre dégoût. Le sujet, le cœur voire même l’ADN du film est le racisme. Quelque chose de fondamentalement imprégné dans notre société et ce a quelque degré que cela soit. On le connaît, on le vit ou l’on fait semblant de ne pas le voir. Mais il est là encore et toujours, insidieux au travers de petites phrases, d’attitudes et c’est ce genre de petites choses qui les unes à la suite des autres finissent par créer un univers si particulier et malsain. Jordan Peele avec Get Out pervertit les codes grossiers de l’horreur actuelle pour tromper le spectateur. Lui offrant ce qu’il attend au démarrage et déviant très vite vers autre chose. Oscillant entre humour noir féroce et sous texte cynique mais tellement réaliste des différents visages du racisme, Get Out se transforme très vite en un Ovni d’une violence insidieuse et d’une perversion assez délicieuse.

Perversion le mot est sur la table et il a tout son intérêt ici, car oui Get Out est pervers dans son apparente volonté de parler au plus grand nombre. Le final et son sens caché sont délicieusement sadiques dans ce qu’il laisse percevoir d’une lutte de classe. Une sorte de catharsis d’une violence assez frontale qui surprend et montre une autre facette de Jordan Peele. Celui que jusque-là on ne prenait que pour un simple comique démontre une connaissance des rouages du cinéma de genre assez énorme et une habilité diabolique pour faire passer du message aussi bien en frontale qu’avec plus de subtilité. Et c’est bien ce qui manquait dernièrement aux productions de chez Blumhouse. De la subtilité, l’envie de s’affranchir du carcan d’un cinéma de genre que l’on labélise à tort pour des ados. Get Out voit plus loin et c’est tout ce qui fait sa force, sous couvert d’un film de genre, Jordan Peele dresse le portrait d’une Amérique et plus simplement au sens large d’une société qui ne se rend même plus compte de ses dérives. Que ce soit contre les noirs ou d’autres « minorités visibles », les bases du racisme restent les mêmes. Chacun peut s’y retrouver. Et c’est entre les interstices de ces fondations que Jordan Peele réussit son pari. Get Out est un vrai manifeste social utilisant les travers de la société et en les passant au mixeur du 7e art pour enfoncer encore plus violemment le clou d’un racisme qui se banalise. La devanture change, mais le fond de commerce reste le même.

Naissance d’un réalisateur et manifeste social sous couvert de divertissement de masse, Get Out et son réalisateur Jordan Peele sont deux ovnis dans le paysage actuel. Des éclairs de génie dans une production terriblement uniforme. C’est ce qui rend la chose aussi parfaite en bout de course. Alors oui, le côté ouvertement radical de certaines visions des choses surtout sur la fin fera grincer des dents chez certain. Mais dans le cas présent autant être honnête. Get Out réussit son pari, être un uppercut dans la face d’une mentalité se reposant sur ses vieux fondamentaux d’un racisme historique. La bonne surprise du mois.

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