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[Critique] G.I. Joe : Conspiration- John M Chu – Critique du film

Le GiJoe premier du nom avait un charme désuet, celui de la bêtise assumée de son contenu. Les personnages n’étaient pas incroyables, mais ils étaient divertissants. Les ressorts scénaristiques étaient connus d’avance, mais ils remplissaient facilement ce que l’on attendait d’eux. En gros oui le film faisait l’effort de nous laisser croire qu’en terme de scénario, il assurait le strict minimum. Que l’on aime ou pas le résultat final est un autre débat. GiJoe Conspiration quand à lui est par contre d’une nature tout autre. Le scénario est un additif dont le chef cuisinier a décidé de se passer. Au final sous couvert de faire suite plus ou moins fidèlement aux aventures et faits marquants du premier film, ce second volet a une trame narrative que l’on pourrait digne d’un enfant de huit ans s’amusant avec ses GIJOE dans sa chambre. J’entends déjà l’argument sacré disant que l’on se doit de laisser son cerveau a la porte de la salle pour apprécier le film et ainsi de suite…Je dois faire partie de la vieille école, mais pour moi sans un minimum de liant et de scénario le voyage que j’entreprends dans les entrailles d’un film me semble profondément vain. Un mal qui frappe de plein fouet ce film. Chose d’autant plus dommage qu’au-delà de l’aspect anecdotique des Joes et de l’univers où ils évoluent, il y avait matière à faire quelque chose.

Malheureusement pris tel quel, ce Gi Joe Conspiration laisse perplexe. Film maudit repoussé d’un an, une aura de mauvais karma planait au-dessus de lui. Maintenant que la découverte du film est derrière moi, autant être honnête, elle est en grande partie méritée. Tout faire exploser sans un minimum d’ambitions artistiques et narratives pour englober le tout est un poil déprimant. Le film de John M Chu ne fait pas véritablement d’efforts dans le domaine. Les ressorts du scénario sont aux mieux éculés ou au pire totalement ridicules. L’axe autour de RZA gagne la palme tant les dialogues et twists sont d’un je-m’en-foutisme narratif ahurissant. Mais est-ce que cela entache le capital sympathie du film ? Oui et non à la fois. Réponse le cul entre deux chaises à l’image de ce film qui dès l’apparition d’une bonne idée la compense par une mauvaise. La maigreur du script se ressent du début à la fin et confine à ce film l’épaisseur d’un épisode TV perdu au milieu d’une saison sans reliefs. Au milieu de tout cela pourtant « Dwayne Johnson » s’en sort plutôt bien. L’alchimie entre lui et Channing Tatum amène un certain humour amusant, mais très vite pourtant le script balaye le moindre espoir de voir quoi que ce soit de bon sortir de tout cela. Les personnages ( Flint, Lady Jaye, Jinx, Joe…) n’ont pas la moindre épaisseur. Bruce Willis dans le rôle de la légende des JOE passe dans le film avec la même désinvolture qu’on ne lui connaît que trop depuis quelques années. Il se moque de ce qu’il fait et quand on voit ce qu’on lui demande, d’une certaine façon cela se comprend…

Balayant d’un revers de main assez incompréhensible certains personnages mythiques de sa mythologie et négligeant les motivations du grand méchant ( la présence du Cobra Commander tenant plus de la décoration furtive qu’autre chose…), le film enchaine avec une certaine régularité, les appels de phares pour signaler que quelque chose s’apprête à fuir devant vos yeux…le temps perdu. Là où désormais l’industrie du jeu vidéo s’évertue, a rendre plus mature ses productions pour procurer au grand public une véritable expérience ( cinématographique, auditive…) le monde du cinéma dès qu’il adapte une franchise « de jouets » « de jeux » et j’en passe se borne à jouer la carte de la simplification extrême. Gi Joe 2 en est l’exemple pris au piège au milieu d’une horde d’autres films du même type. Ridicule de par son scénario, sans la moindre ambition narrative et distrayant uniquement par intermittence, le film de John M Chu est terriblement moins bon que tout ce qu’il avait pu mettre dans Step Up 3 qui malgré tout ce que l’on peut en dire avait terriblement plus d’amour et de respect d’une certaine idée de cinéma et du rapport que ce dernier a avec le monde de la musique dans son histoire, que ce Joe n’en a avec le cinéma d’action. Reste au milieu de tout cela un Dwayne Johnson volant la lumière à tout le casting, mais ce n’est pas assez pour sauver le film de la médiocrité volontaire dans laquelle il s’enfonce. Dommage.

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