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[Critique] Furious 7- James Wan- Critique du film

La saga Fast and Furious est une saga pour le moins étrange. Il aura fallu attendre le 5e volet pour qu’elle passe de passable à totalement jouissive. Le 5e volet était un retour d’entre les morts, l’arrivée de Dwayne Johnson y faisant beaucoup. Le 6 un blockbuster un peu plus classique, mais toujours aussi fou. Furious 7 endeuillé par la mort tragique de Paul Walker pendant le tournage apparaît d’emblée comme un film particulier. Furious 7 clôture la saga pour d’une certaine façon en ouvrir aussitôt une nouvelle. On pourra voir en effet la fin du film comme une fin sans retours ou juste un nouveau départ. Mais ce qui est passionnant est qu’en clôturant une partie de la saga, James Wan nouveau venu à bord, le fait avec respect et folie à la fois. Respect dans le sens qu’il aura dû prendre en compte deux aspects, le plus léger étant le côté ouvertement bas de plafond de la saga fast and furious et de ce côté Furious 7 n’échappe pas à la règle. Mais aussi de prendre en compte l’ombre que jette sur le film la mort de Paul Walker. Il aurait été simple de tomber dans le pathos calculateur et fort heureusement ce n’est jamais le cas. Le tout culminant dans un final dont la sobriété et la sincérité finissent d’emporter l’adhésion. Furious 7 est terriblement généreux dans son envie de divertir. James Wan ne se refuse strictement rien et s’offre à lui et à son casting un ride véritablement dantesque aux 4 coins de la planète.

Furious 7

Alors oui, autant être honnête tout de suite, Furious 7 lorgne clairement vers l’Agence tout risques de Joe Carnahan dans son traitement totalement en roue libre concernant l’action. Furious 7 est un énorme menu best-of, sauf qu’ici la cerise sur le gâteau se nomme Jason Statham. Dès son introduction dantesque le tempo qui l’accompagne est claire, ce sera la symphonie du chaos. De par son arrivée dans l’équation Fast and Furious, Furious 7 devient en quelque sorte une version vaguement réaliste des Avengers. Sauf qu’ici Thanos a la tronche de Jason Statham et qu’il n’a qu’une intention détruire sa cible. James Wan utilise Statham comme l’ange de la mort, il peut aller n’importe où, démolir The Rock!!! et en faire baver n’importe qui. Très vite, il devient évident que ce personnage n’a strictement aucune limite et cela rend la menace encore plus crédible. Mais par ricochets les extrémités auxquelles l’équipe des Furious devra se plier pour survivre en deviennent acceptable. Furious 7 ne cherche pas à être réaliste, tant mieux cela aurait été chiant à en crever. Furious 7 ne veut qu’une seule chose être reconnu pour ce qu’il est, un objet délicieusement putassier, affreusement badass et totalement jouissif. Que ce soit en s’offrant Kurt Russell ou Tony Jaa dans des rôles secondaires et en leur donnant le temps d’exister/briller dans ces seconds rôles, James Wan ne relâche que très rarement la pression.

Furious 7

C’est ce qui fait la force de Furious 7. nous ne sommes pas devant du shakespeare, mais devant l’une des rares franchises d’action assumant pleinement son statut couillon et n’ayant pas peur de se renouveler. Certes, Furious 7 joue intelligemment sur la mythologie Fast and Furious en croisant les films…mais il n’hésite pas à se remettre en cause. L’aspect tuning s’affaiblit, la famille prend le dessus et le désir de vengeance cimente le tout. Furious 7 par certains aspects est un véritable film de guerre ( le sauvetage en montagne et le final), mais aussi un blockbuster assez brutal ( Vin diesel vs Statham et Dwayne Johnson vs Statham…ou encore Ronda Rousey vs Michelle Rodriguez). James wan réussit du début à la fin à garder le tempo de l’action et à la mettre en scène de façon cohérente et ambitieuse. Dans ce domaine précis, Furious 7 n’en manque pas, le film ne se refuse rien et cela fonctionne ( quand une salle applaudit après une séquence, on sait que le réalisateur à délivrer ce que l’on attendait). Mais en bout de course au-delà du bruit et de la fureur, c’est sur le final que Furious7 délivre sa plus belle réussite. La mort de Paul Walker aurait et a failli d’ailleurs mettre un terme au film. Cela aurait été compréhensible et dans le fond personne n’en aurait voulu à l’équipe.

Et fort heureusement après réflexion, ladite équipe a repris le chemin de la production et du tournage pour finir le film et rendre un dernier hommage à Paul Walker. Furious 7 lui offre un superbe final. Héroique au-delà de ce que l’on pensait, il brille dans les plus grandes séquences du film, central à l’histoire et miroir de Vin Diesel dans la dynamique qui s’installe. James wan sur le final du film amène une finesse et une sobriété assez touchante qui après plus de 2h15 de chaos touche au but. Cela aurait pu être la plus grosse zone de danger que traversait le film et toute l’équipe en ressort la tête haute en rendant un hommage aussi sobre que joli à celui qui n’est plus là. Tout comme The Crow à l’époque, la mort de Paul Walker change la donne émotionnel, mais son dernier rôle dans Furious 7 reste le meilleur qu’il aura eu dans la saga. Furious 7 est du grand divertissement mélangeant des tonnes d’influences, ne s’interdisant strictement rien et restant fidèle à sa famille et ceux qui la composent devant et derrière l’écran… Aussi généreux que badass. Difficile de ne pas aimer. Gros kiff.

Furious 7

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