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[Critique] Et (beaucoup) plus si affinités – critique du film

En se rendant à une soirée organisée par son meilleur ami, Wallace ne se doute pas qu’une rencontre va bouleverser sa vie. Son attirance pour Chantry a tout du coup de foudre. Une complicité immédiate s’installe avec cette jeune femme pétillante et à l’humour ravageur. Toutefois, il subsiste un petit obstacle aux prémices de cette belle histoire : Chantry est déjà en couple avec un dénommé Ben ! Elle propose donc à Wallace de sceller un tout autre pacte : devenir amis, et rien de plus. Au fil du temps, leur complicité ne fait que grandir et Wallace se retrouve vite confronté à un vrai dilemme : doit-il s’en tenir à sa promesse ? Faire en sorte que Chantry quitte Ben ? Faire semblant de se satisfaire de cette situation bancale ou bien tenter de la conquérir, au risque de la perdre ? Leur relation amicale va être mise à rude épreuve : mais un homme et une femme peuvent-ils réellement être amis ?

Dans le domaine de la comédie romantique, il n’y a pas de juste milieu, soit on innove, où bien on fait comme les autres.Et (beaucoup) plus si affinités décide de prendre…le second choix. Il s’y accroche dès le départ et ne dévie pas sa trajectoire d’un iota pendant tout le film. Ce qui du coup détruit en route le moindre effort que peut faire le duo Daniel Radcliffe/ Zoe kazan pour se rendre sympathique. Et d’une certaine façon, ils le sont, mais d’une façon cliché. Que ce soit dans la façon de dresser la roadmap de l’histoire ou de définir les problèmes que va devoir surmonter le duo, rien n’a déjà été vu au moins 1,000 fois de la même façon dans des tonnes d’autres comédies. La sacro sainte règle du boy meet girl, love her, loose her, figh to get her back and they live happily ever after est une fois de plus le centre névralgique de l’histoire. Mais là où d’autres pervertissent un tant soit peu la roue du destin pour ce genre de films, Et (beaucoup) plus si affinités décide que c’est inutile. On est dans le degré Marc Levy de la comédie romantique. C’est du ciblé, du calibré à la virgule, cela respecte tellement le manuel de la rom-com que cela en devient au choix écoeurant de sympathie ou juste insupportable.

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Et (beaucoup) plus si affinités présente un Daniel radcliffe s’amusant à jouer avec son image. En fait pour être honnête, il joue un Hugh Grant encore plus névrosé que d’habitude et cynique en diable. Si effectivement vous avez vu toutes les comédies romantiques de Hugh Grant, les bonnes comme les mauvaises alors vous avez dorénavant en tête la recette du patchwork magique qu’est Et (beaucoup) plus si affinités. Sorte de Frankenstein de la comédie romantique, le film prend des idées dans tous les sens. Les seconds rôles sont en pilotes automatiques, particulièrement Adam Driver qui bien que drôle au naturel donne parfois l’impression de s’emmerder sévère en déclamant son texte. Zoe Kazan remplit à merveille son rôle de fille indécise. On apprécie son sourire, sa fraicheur, mais là encore, et ce malgré le talent qui est le sien, le côté peu novateur du scénario lui met rapidement du plomb dans l’aile. Mais alors que reste-t-il à Et (beaucoup) plus si affinités? Une vision désabusé de l’amour pour le trentenaire dans notre société, quelques passages comiques par défaut grâce a un Daniel radcliffe qui mouille la chemise, quelques séquences “clichées ” mais sympathiques. Est-ce que cela est suffisant pour faire de Et (beaucoup) plus si affinités un grand film? Malheureusement non.

La comédie romantique de studio se marie mal avec la comédie romantique d’auteur. Quand Richard Curtis touche au genre, il trouve toujours un moyen de changer la donne, quand Gondry fait Eternal sunshine of the spotless minds, il offre au genre le droit d’entrer dans la cour des grands. Et (beaucoup) plus si affinités n’a pas la moindre envie d’être aussi bien dans la première que la seconde catégorie. Il se contente d’être un consommable. Aussi vite vu qu’oublié.

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