Critiques de films

[Critique] Elysium- Neil Blomkamp- Critique du film

L’ennui avec les films que l’on découvre après la meute est que l’on a le désagréable sentiment d’avoir entendu à leur sujet tous les qualificatifs possibles. Dans le cas d’Elysium, cela allait de chef-d’œuvre à médiocre. Neill Blomkamp pour moi est un jeune réalisateur dont le talent n’est même pas à remettre en cause, cela ne veut pas pour autant dire que ses scénarios sont à la hauteur de la virtuosité de sa mise en scène. Cas parfait avec ce Elysium qui au travers de plusieurs choix narratifs discutables lors de scène importante finit par se perdre un peu en route, laissant le spectateur un poil perplexe quant à la finalité de la chose. La maestria de la mise en scène ne suffit pas à tout rattraper et même si Blomkamp dans ce domaine surpasse beaucoup de concurrents de son âge, il y a parfois un léger sentiment de déjà vu niveau style. Pas assez pour dire que l’ensemble prend l’eau (loin de là), mais le style surprend un poil moins. Ce qui accompagné d’un scénario brillant aurait pu passer, mais vu que ce n’est pas le cas, le déséquilibre n’en est que plus flagrant. Elysium a pourtant tout en stock et s’amuse à dépiler les éléments avec un certain sens du timing pendant un certain temps avant que malheureusement la magie s’effondre un peu pour laisser apparaître quelques problèmes.

Le problème d’Elysium réside dans l’ampleur des enjeux qu’il veut mettre sur la table et l’espèce de cul-de-sac idiot dans lequel il finit en bout de course. La révolution est-elle la meilleure des solutions si derrière rien n’est là pour reconstruire intelligemment. L’ouverture vers un point de vue humaniste au sens large que véhicule l’évolution du personnage de Matt Damon est vite mise de côté au profit d’un enchaînement de séquences d’actions et d’une confrontation sans pitié entre lui et un mercenaire…certes, cela donne de quoi exister au spectacle, mais en contrepartie, cela cannibalise le temps de développement de l’histoire d’Elysium et de tout ce qui gravite comme magouille dans son ombre. C’est ici que se joue le nœud de l’histoire, dans la relation bizarre entre ses privilégiés et les rebus de la Terre. Mais au lieu de la développer et de mieux cimenter les contours de son univers, Blomkamp ne fait que le survoler au profit de séquences d’actions magnifiques et comme toujours inventives, mais qui ne surprennent pas forcément dans le fond. C’est ce qui est le plus dommage avec ce film qui en bout de course n’est pas mauvais, mais se contente d’osciller entre moyen et bon, alors qu’il aurait pu être beaucoup plus. Sentiment qui se concrétise de façon encore plus violente quand le final arrive. Impossible alors de se dire que les faiblesses du script seront comblées dans un prochain épisode, vu que le choix du réalisateur laisse l’ensemble dans une sorte de choix préjudiciable à une possible suite et voir même à la mise en avant de toute logique. On frôle le « ok, mais c’est un peu con comme choix monsieur le héros »

La science-fiction ou les films fantastiques de types blockbuster ont parfois du mal à se renouveler et conscient de ce « détail » choisissent de s’enfoncer sur la voie du déjà vu. Elysium ne surprend jamais vraiment et déçoit aussi assez souvent de par le manque de finition. Les éléments sont là, mais le réalisateur ne prend pas toujours le temps de porter en avant les bonnes choses. Réalisateur spectaculaire, Blomkamp devrait peut-être revenir à des choses plus petites en terme de scope pour se renouveler, car dès son deuxième film, le style l’emporte sur la substance, ce qui n’est pas encore alarmant, mais un poil ennuyeux quand même. Elysium réussira de par certaines de ses idées à divertir, mais pas forcément à marquer les esprits sur la longueur. Ce qui est un peu dommage quand on voit la masse de talents aussi bien devant que derrière la caméra. Pas forcément à la hauteur des ambitions que je pouvais placer dans le film. Dommage…

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