Critiques de films

[Critique] Du plomb dans la tête-Walter Hill – Critique du film

Tueur à gages à La Nouvelle-Orléans, James Bonomo, dit « Jimmy Bobo », a pour règle de ne jamais tuer un innocent. Après l’exécution d’un contrat, il laisse derrière lui un témoin, vivant. Pour le punir de ce travail bâclé, son partenaire Louis est abattu par un mystérieux assassin. Lorsque l’inspecteur de police Taylor Kwon arrive en ville pour rejoindre son équipier et suivre une nouvelle piste sur une ancienne affaire, il découvre que celui-ci a été tué. Tous les indices accusent Jimmy et son complice désormais disparu, Louis. Pour trouver qui a tué leurs partenaires respectifs, le flic et le tueur à gages vont être forcés de faire équipe. Bien que chacun d’un côté de la loi, ils vont vite se rendre compte que la frontière est mince…

Hollywood est quelque peu en mal d’inspirations, et ce, de façon de plus en plus dramatique au fil des ans, en résulte des tendances qui ont tendances à prendre la forme d’immenses lignes de copier-coller stylistique : les films de super héros, les films pour ados…et dernièrement la dernière tendance est le revival des stars d’actions des années 80/90. Les papys du cinéma de gros bras reviennent sur le devant de la scène et montrent qu’ils en ont toujours dans le pantalon…du moins sur le papier. Pourquoi ? Peut-être parce qu’une fois à l’écran, les limites de ce retour en grâce deviennent très vite pour le moins gênantes. Le cinéma et les attentes des spectateurs particulièrement dans le domaine évoluent vite. La nonchalance scénaristique et les simplifications de style outrancières des buddy movie des débuts ont-elles encore lieu d’être aujourd’hui ? Non, pas vraiment. Hollywood ne tenant pas forcément toujours notion des évolutions de goûts stagne sur certaines données du passée, pensant ces dernières encore valides. En découle un film comme « Du plomb dans la tête », prônant une hyper violence digne des DTV de la grande époque et une amitié bien virile reposant sur un lit de blagues pas forcément fines, le film ne fait pas le moindre effort pour être originale et annonce dès le début la couleur, il faudra se contenter de peu.

Jason Momoa est sans nul doute la seule chose intéressante du film, pas que son rôle soit bien écrit ( il l’est à peine comme les autres…), mais la présence animale du monsieur et la violence monstrueuse qu’il dégage à l’écran offre au personnage une aura diabolique peu commune. Malheureusement en face, le scénario ne lui offre pas forcément un terrain très attrayant pour se développer. Que ce soit avec Stallone qui traverse le film d’un bout à l’autre sans y croire, ou Sung Kang que l’on a connu plus en forme dans FAST FIVE, le duo de héros se voit bizarrement mettre à l’amende par un méchant qui a la différence des deux n’a quasiment pas de lignes de dialogues. Le nom de Walter Hill, ancienne légende du cinéma d’action old school, celui qui tâche avait de quoi attirer sur le papier, la réalité à l’écran fait un poil plus peine à voir. Pas que le résultat soit insupportable, mais juste que si l’on ne vous disait pas le nom du réal, la patte de Walter Hill serait invisible. D’ailleurs si l’on se réfère au problème de production du film et les histoires de remontage ( ce qui expliquerait sa courte durée…), on peut finir par se dire que la faute n’est pas du tout de Walter Hill justement. Du plomb dans la tête est au mieux un DTV qui ne méritait pas forcément de sortir au cinéma ( et son flop le prouve…) au pire un film profondément « facile » surfant sur une vague « hype » sans jamais y apporter quoi que ce soit de plus.

Là où Schwarzy dans son film « le dernier rempart » réussissait l’exploit de rater son retour par la grande porte, Stallone lui s’enfonce depuis « The expendables » dans une facilité qui devient gênante. C’est d’autant plus dommage que le monsieur est doué dans le domaine de l’écriture et capable d’avoir bien plus de nuances de jeu que ses collègues gros bras. Malheureusement, ce n’est pas l’aspect monolithique et le visage fermé d’un bout à l’autre qu’il arbore dans ce film qui vous feront croire à mes paroles. Une chose bien triste au fond. Pris pour ce qu’il est « Du plomb dans la tête » est un DTV tout droit sorti de la fin des années 80. Pris de l’autre côté avec un regard plus critique, « Du plomb dans la tête » n’est malheureusement rien de plus qu’un navet dont on peut au mieux garder deux trois scènes avec Jason Momoa…plutôt ennuyeux pour un Stallone. En gros pas de quoi fouetter un chat. Ce qui est justement très dommage.

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