Critiques de films

[Critique] Dredd – Karl Urban- Critique du film

L’Amérique du futur est une terre irradiée et condamnée. Sur la côté Est, de Boston à Washington, s’étend Mega City One, une grande et dangereuse métropole où les criminels font régner la terreur. La seule force de l’ordre sur place est incarnée par les « Judges » qui sont à la fois des juges, jurés et bourreaux. Connu et redouté dans toute la ville, Dredd (Karl Urban) et le Judge ultime. Il a pour mission de débarasser Mega City One de son dernier fléau : une drogue qui donne l’impression à ceux qui la prennent que le temps ralenti. Un jour, Dredd est chargé d’entraîner et d’évaluer Cassandra Anderson (Olivia Thirlby), une jeune recrue qui, après une mutation génétique, s’est découvert des pouvoirs psychiques. Pendant leur routine, ils reçoivent un appel les entraînant dans un quartier où, d’ordinaire, les Judges ne s’aventurent pas – un immeuble de 200 étages contrôlé par Ma-Ma, une ancienne prostituée devenue baronne de la drogue (Lena Headey). Dredd et Cassandra parviennent à capturer l’un des bras-droits de Ma-Ma. Pour se venger, cette dernière déclanche une guerre impitoyable et vicieuse contre les Judges. Alors que les morts se multiplient, Dredd et Anderson n’ont d’autre choix que de contre-attaquer et de se battre pour leur survie…

Le film Dredd était entouré d’autant d’attentes que d’horribles inquiétudes. En effet encore noyé dans l’horrible souvenir du film ( pourtant bizarrement comique) avec Stallone, les fans du juge ne voyaient pas forcément d’un bon oeil l’arrivée de ce personnage une nouvelle fois en salle. Les images de promo ont finalement eu la délicatesse d’arriver sur les écrans et d’un coup on a commencé à y croire. Mais malheureusement, je me dois bien de reconnaître que cet entrain se retrouve détruit dans l’oeuf à cause d’un petit film sorti quelques mois avant. Maintenant je ne vais pas rentrer dans le jeu du qui a copié qui…mais difficile de nier que Dredd comporte d’étranges similitudes avec The raid dans sa construction narrative. Le genre de celle qui ne joue pas véritablement en sa faveur quand on finit par le découvrir sur grand écran. En effet la surprise étant partie, on se retrouve avec une sorte d’enveloppe vide, un film diablement creux qui n’a pas forcément les moyens de ses ambitions et enchaînent les quelques séquences d’actions plutôt mollement. Le développement du personnage quant à lui reste diablement sommaire. Certes l’interprétation ridicule de Stallone est loin derrière et Karl Urban s’en sort très bien dans le crissement de mâchoires, mais en tant que héros, on se fout littéralement de ce qui se passe ou lui arrive. L’empathie, la peur et la notion de risques qui vont avec l’évolution du personnage dans le film sont absentes. Résultat, on regarde l’ensemble comme un vulgaire direct to vidéo, pour l’oublier aussi vite en sortant de la salle.

Dredd respecte plutôt bien l’univers du film et se permet de faire ici et là quelques clins d’œils, ce qui est au final une bonne chose le plaçant d’emblée très loin de l’horrible film avec Stallone, mais est-ce suffisant pour en faire un bon film? Non pas vraiment. Dredd ne s’embarrasse pas de tunnels d’explications pour donner de la densité à ses personnages, il se réduit à jouer la carte du 8 clos. Le problème est que même si l’idée est bonne, n’est pas McTiernan qui veut. Le mélange entre horreur, blague de second degré et action mollassonne finit d’achever l’envie du spectateur d’en voir plus. D’une certaine façon c’est dommage, car avec un budget plus grand, une violence traitée différemment ( le sang numérique d’Expendables 2 fait sortir du film…) le projet aurait pu être bien meilleur. Du moins plus ambitieux dans un premier temps, car même si le fan de la 1ere heure de Dredd trouvera sûrement de quoi satisfaire ses attentes, il faut bien craindre que les autres trouvent le temps diablement long. The Raid comme je le disais plus haut est déjà passé par là et du coup le projet prend l’eau de toute part. Certes, il sera possible de dire que ce film n’est là que pour « rebooter » le personnage de Dredd lui rendre justice et poser les bases de son personnage et de l’univers qui va avec…mais alors dans ce cas, pourquoi s’enfermer dans une simple tour et ne pas prendre le cadre de Mega City One dans son intégralité. Le film y aurait tout de suite gagné en aura.

Malheureusement cette une donnée dont il manque cruellement. Est-ce que le film mérite la mort en place publique ? Si on le prend pour ce qu’il est et que l’on met son cerveau en veille et surtout que l’on à pas vu The Raid…il y a peut-être une infime chance que l’on apprécie l’ensemble. Pourquoi pas, tout le monde n’a pas des gouts de tortionnaires cinéphiliques comme moi, mais malheureusement ce Dredd ne dépasse jamais vraiment le cadre de pilote de série TV voulant la jouer grand seigneur tout en étant quand même un peu cheap et avare en ce que l’on attend le plus, de l’action. Le traitement de l’ultra violence ne réussissant pas non plus à s’élever au-delà des standards du DTV ou de la parodie digne d’un Expendables 2, le film sombre au final assez vite et ne remonte jamais vraiment. Vraiment dommage. Dredd est peut-être la loi, Karl Urban est peut-être Dredd ( enfin sa mâchoire…) Mais cela ne fait quand même pas un film…loin de là. Passer votre chemin…

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1 Comment

  • Reply
    arturo
    août 22, 2013 at 11:12

    Dredd est aussi l’adaptation d’une histoire du comics, on peut donc se demander si l’histoire a été bien choisie pour le film, avec un bon contexte Dredd aurait pu être très intéressant, surtout logé au milieu d’une trilogie par exemple. La on a juste l’impression de voir un épisode d’une série plus importante, pas un film qui fonctionne de façon indépendante. le huis-clos n’aide pas non plus a se sentir dans le film et l’histoire de l’arrestation d’un dealer de drogue assez ennuyeuse.
    Par contre la 3D est globalement plutôt réussie et donne un nouveau souffle aux effets spéciaux lors des passages en ralenti.

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