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[Critique] Dos au Mur -Sam Worthington – Critique du film

Ancien flic condamné à la prison pour un vol dont il se dit innocent, Nick Cassidy a réussi à s’évader. Dans un célèbre hôtel de New York, il monte jusqu’à l’un des derniers étages et enjambe la fenêtre. Le voilà dehors, sur la corniche, au bord du vide… Lydia Mercer, négociatrice de la police, est chargée d’essayer de le convaincre de ne pas sauter. Plus la jeune femme tente de dénouer cette situation périlleuse, plus elle prend conscience que Cassidy pourrait bien avoir un autre objectif… Son geste a peut-être un rapport avec le mystérieux projet sur lequel travaille son frère. Pendant que l’ex-flic est au bord du vide et attire l’attention de toute la ville, beaucoup de choses se trament et trop de gens semblent s’intéresser à son cas. Les pièces du puzzle vont se révéler peu à peu, au risque de faire tomber beaucoup plus qu’un seul homme…Man On A Ledge

Le problème avec les films dits de « cambriolage » et de « vengeance » est qu’au-delà d’un scénario sans failles, il nécessite un casting croyant vraiment à ce qu’il fait. Le hic est qu’ici le navire prend l’eau. Le film n’est pas insupportable c’est un fait, mais difficile pour autant d’ignorer les défauts qui le plombent. L’histoire en premier lieu. La vengeance du héros est une chose, mais l’opposition qu’il rencontre en la personne du méchant (Ed Harris ) est assez fine, voire ridicule par moment. On ne sait jamais si ce dernier oscille volontairement du sérieux à la caricature ou si au contraire tout cela n’est qu’une expression de sa colère profonde du fait d’avoir dit oui au scénario de ce film sans vraiment le lire. Le développement de son personnage est inexistant et du coup comme le film repose en partie sur ses actions on se retrouve avec une sorte de baudruche gonflée à l’hélium qui se dégonfle beaucoup plus vite que le film. Laissant le devoir aux autres acteurs de combler les trous comme ils peuvent, chose qu’ils s’emploient à faire, mais que le scénariste prend un malin plaisir à défaire dès la première tentative.

Mis en scène comme un téléfilm suivant le petit livre rouge du blockbuster de week-end, Dos au mur remplit les cases les unes a la suite des autres quand il s’agit d’aligner les lieux communs. Traitrise entre flics, courses poursuites, humour, twist et séquence d’actions. Tout est là, mais rien ne surprend vraiment pour la simple et bonne raison que l’on a déjà vue l’ensemble 20.000 fois. Vient ensuite et surtout le point qui tue le film d’emblée : le marketing. Si vous avez vu la bande-annonce, les 15 premières minutes du film seront pour vous un calvaire. Pour la simple et bonne raison qu’elles n’ont plus lieu d’être. Le marketing ayant déjà mis à mal ce qu’elles tentent de construire. Cas d’école d’un distributeur ne croyant pas (à raison) dans le potentiel de son film et l’envoyant sans même attendre vers la mort médiatique. Ce n’est pas la première fois et cela arrivera encore certes, mais disons que le côté répétitif de la manœuvre fatigue à la longue. Mais si l’hémorragie s’arrêtait là, il aurait encore été possible de dire que tout cela n’était qu’une erreur de passage. Mais le second effet négatif s’enclenche presque aussitôt. Comment ? Tout bêtement via le casting. Écopant à tour de bras la bêtise et les insultes à la logique qui peuplent le développement de l’histoire les acteurs semblent vite se fatiguer et cela se voit. C’est le plus ennuyeux. Le film du coup prend un gros coup de fusil dans l’aile et sa trajectoire de vol dévie dangereusement vers le crash.

Les tentatives pour relancer la machine ont beau être légions, rien n’y fait vraiment. La machinerie agonise lentement et surement et l’on en vient à se demander pourquoi un si beau casting de second couteau est venu s’embarquer dans cette galère. Le film avait-il sa place en salle ? Pas vraiment, au mieux en direct to vidéo, au pire sur le câble un week end pluvieux. Vu sous cet angle la chose aurait pu être apprécié différemment, forçant le spectateur à passer sous silence les carences du script et tout ce qui va avec. Malheureusement au cinéma, le pardon est une monnaie plus rare dont le public se fait avare. Le taux de change s’échelonnant en liasses de bashing et de cynisme, il est du coup difficile de tenter un sauvetage pour le film. Il avait une cible sur le front depuis le début et la mise à mort était inévitable. Mystère de la production hollywoodienne et du calendrier des sorties françaises, confondant parfois sortie en salles et cimetières des éléphants, Dos au mur portait pour une fois un nom parfait pour le public français. Difficile pour lui de reculer, son équipe de production l’ayant poussé tellement loin dans les extrêmes du banal que l’oubli est au final sa seule et unique porte de sortie. Sam Worthinghton doit prier très fort pour que le choc des Titans 2 fasse un carton pour que tout le monde oublie ce film au demeurant très mineur. Retourner plutôt voir la saga Ocean Eleven, twelve…le je-m’en-foutisme est le même sur certains points, mais le reste est tellement mieux. A vous de voir.

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