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[Critique] Dope de Rick Famuyiwa, la bonne surprise de l’année!!!

De temps à autre, en parcourant les projections, on a le plaisir de tomber sur une petite perle. Pour moi la dernière en date se nomme Dope de Rick Famuyiwa. Produit par Forrest Whitaker et Pharell, Dope rentre directement dans la case encore assez vierge certes de mes films favoris de l’année. C’est à la fois intelligent, référencé, stylé et assez subtil sur le fond. Car oui malgré le côté comédie, Dope en dit beaucoup sur la place des noirs américains dans le ghetto et les quelques rares options qui s’offrent à eux pour s’en sortir. La débrouille, le deal…cela parait cliché dit comme cela et pourtant. Heureusement, Dope de Rick Famuyiwa évite de tomber dans les clichés et s’amuse à pervertir les attentes du spectateur avec une certaine habilité.

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Comment survivre dans le ghetto quand on n’est un ado puceau, geek ne faisant pas parti d’un gang, rêvant de musique et d’entrer à Harvard et accessoirement de se faire la copine du dealer du quartier ? Pas simple vous allez me dire et effectivement, la vie n’est pas simple pour Malcolm (Shameik Moore, la révélation du film !!!). Là où plein d’autres films auraient pris le parti d’emblée de coller une surcouche de misérabilisme imbuvable à l’ensemble, Dope de Rick Famuyiwa prend le chemin inverse. La galerie de personnages principaux et secondaires assez incroyable permet au film de tenir fermement sur ses deux pieds, et ce, du début à la fin. On retiendra Asap Rocky dans le rôle de Dom le dealer, le personnage dégage un charisme et une aptitude à jouer bien plus convaincante qu’un paquet de rappers l’ayant précédé dans le domaine. Mais aussi la beauté envoutante de Zoe Kravitz. Dope de Rick Famuyiwa navigue d’un style à l’autre, le teen-movie stylé, le presque film un poil policier…l’étude social et réussit à mixer à la perfection l’intégralité de ces genres sans jamais se prendre les pieds dans le tapis. C’est en cela que Dope est brillant. Le réalisateur Rick Famuyiwa met beaucoup de lui et de son histoire dans le personnage de Malcolm, cela se sent et l’ensemble ne sonne pas faux. Pas une seule seconde, c’est sur ce socle que se construit la montée en puissance du film.

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Car sous un aspect de comédie, Rick Famuyiwa analyse très bien avec Dope la place d’un ado noir dans l’Amérique d’aujourd’hui. Pire encore pour lui quand ce dernier vient d’un ghetto. Les issues deviennent de moins en moins nombreuses et on découvre cela en même temps que le héros du film. Dope de Rick Famuyiwa prend donc son temps pour nous faire voyager d’un extrême à l’autre jusqu’à finir par nous cueillir en plein vol dans la dernière ligne droite du film. L’aspect drôle s’éteint et l’on se rend compte que Rick Famuyiwa nous a travailler au corps. Il prenait de front une partie de notre intellect par le rire et travaillait le reste en tâche de fond jusqu’à ce que l’upload du plug-in émotion dans ta face soit complète. D’un point à l’autre de son récit, Shameik Moore et son personnage de Malcolm offre à Dope, la force dont il a besoin pour véhiculer d’une autre façon un message sur ceux que l’on n’entend ces derniers temps que malheureusement par le biais des infos et des bavures policières. Est-ce que Dope est militant ? D’une certaine façon oui, produit par Pharell et Forest Whitaker, aidé par Tyga ou Asap Rocky, le film est celui d’une communauté qui s’entraide pour donner une autre vision de ces ghettos, mais surtout donner une soupape d’expression plus « libre » pour Rick Famuyiwa. Dope est un petit film qui a tout d’un grand.

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Dope de Rick Famuyiwa, c’est la découverte d’un réalisateur talentueux, d’un acteur au talent et au potentiel qui ne demande encore qu’à exploser encore plus : Shameik Moore ( que l’on retrouvera en 2016 dans The Get Dow, série de Baz Lhurman sur les origines du Hip Hop). Mais Dope au final c’est avant tout et surtout un film parfait du début à la fin, dosant avec talents chacun de ses effets pour magnifier la puissance de l’uppercut sur le final. Je tire mon chapeau, j’applaudis et je salue le travail et le talent de Rick Famuyiwa. À voir ( si cela sort en France…)

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