Critiques de films

[Critique] Divergente- Neil Buger- Critique du film

Tris vit dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en cinq clans (Audacieux, Érudits, Altruistes, Sincères, Fraternels). À 16 ans, elle doit choisir son appartenance pour le reste de sa vie. Cas rarissime, son test d’aptitude n’est pas concluant : elle est Divergente. Les Divergents sont des individus rares n’appartenant à aucun clan et sont traqués par le gouvernement. Dissimulant son secret, Tris intègre l’univers brutal des Audacieux dont l’entraînement est basé sur la maîtrise de nos peurs les plus intimes.

S’inscrivant dans la lignée des films provenant de la littérature Young Adult, il n’est pas mensonger de dire que « Divergente » sans être une catastrophe est sans doute l’un des films les plus atypiques du lot. Pourquoi ? Peut-être pour la simple raison qu’au-delà d’un canevas de départ cousu de fil blanc, le film oublie d’avoir le moindre véritable enjeu pendant près de 80% de sa durée et s’en souvient en catastrophe dans le final. En résulte une fin arrivant un peu comme un cheveu sur la soupe et passant complètement à côté du potentiel possible du film. Car, pour peu que l’on accepte les codes et règles en vigueur dans ce genre de films « Divergente » avait de quoi s’en sortir correctement. Shailene Woodley et Theo James malgré la marge de manœuvre  rachitique que leur laisse le scénario s’en sortent bien. Ce sont de bons acteurs et à la différence de beaucoup d’autres sagas du même type, ils amènent un certain réalisme à leur personnage. Ce n’est pas Hamlet, mais le côté girl next door de Shailene Woodley amène un plus à son interprétation. Theo James s’en sort relativement bien quand il réussit à naviguer au-delà de la marée de clichée que le script lui impose concernant la backstory de son personnage.

Mais là où « Divergente » se plante littéralement, c’est quand il en vient à l’histoire globale du film. La guerre entre les factions tourne à vide, on ne sait jamais rien de ce qu’il y au-delà des fortifications de la ville et l’inutile lenteur/longueur de ces multiples tests pénalisent grandement le rythme du film. Divergente se focalise de façon anormale sur la relation entre Tris et Four alors que dès les 20eres minutes tout ce qui va découler de ses deux personnages est évident. Le scénario ne cherche à aucun moment à retourner les cartes et se montrer original en ce qui les concerne. C’est un choix commun à beaucoup de productions je l’entends, mais qui ici de par la structure chaotique s’avère véritablement dommageable. On ne s’attache pas aux personnages de l’histoire et c’est là le souci. En oubliant de les installer dans un univers aux enjeux réels et tangibles, la production nous offre la version Dukan des Hunger Games. L’idée de départ est là, mais l’exécution est totalement absente. Vide d’enjeu et par défauts de sens, « Divergente » continue d’avancer en pilote automatique enchainant les lieux communs. Neil Burger fait en sorte de mettre la chose en images de la façon la plus professionnelle qui soit, mais cela ne change rien, « Divergente » est une gigantesque coquille vide. Maintenant reste à voir ce qui à été coupé du livre lors du passage en adaptation pour le cinéma ?

Marchant dans les pas d’un Hunger Games en espérant grappiller les miettes de son succès, « Divergente » en copie par bribes et très maladroitement la formule. Oubliant bien souvent que le cœur de ce genre de sagas est une héroine forte et un univers aux enjeux forts et clairement établis. Shailene Woodley a beau être une actrice très sympathique, rien n’y fait, son rôle est faible, tout autant que l’univers dans lequel elle évolue. Du coup le spectateur se retrouve pris entre deux feux, ceux de ses attentes et le spectacle de la triste réalité que le film lui offre. Les bases sont là, mais le scénario ne fait pas le moindre effort pour les approfondir au minimum et donner envie de voir la suite. Au final, l’expérience s’avère bien mise en images, mais sans véritables intérêts sur le fond. Dramatiquement soporifique.

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