Critiques de films

[Critique] Disparue (Gone) – Amanda Seyfried- Critique du film

Un jour on m’expliquera pourquoi Hollywood et les divisions pour ados des gros studios s’entêtent à faire des thrillers ou slashers à destination du jeune public. C’est une aberration vu que ces films se doivent d’avoir un certain degré de noirceur et d’intelligence dans l’élaboration du script qu’il est impossible de trouver dans ce genre de prod. La faute bien souvent à un simple problème, celui qui consiste à prendre tout ce qui aurait pu faire le succès du film et le dénaturer en règle. C’est bien souvent totalement aberrant quand le résultat nous tombe sous les yeux et Gone n’échappe pas à la règle. Pire encore on est devant un cas d’école de film s’autosabordant en plein vol dès la fin du premier quart d’heure. Les policiers étant une sorte de miroirs du désarroi du spectateur devant le fourbi qu’est le script. On a presque de la peine pour Amanda Seyfried qui s’évertue tant bien que mal à faire en sorte de perpétuer le contrat qu’elle a signé avec sa défunte crédibilité. Les choix de carrière de la demoiselle sont depuis plusieurs films de pire en pire et Gone enfonce encore plus le clou. Oui le film est risible, archaïque et cliché dans sa construction et totalement en roue libre quand l’heure de la résolution arrive.

Essayons de résumer la situation, Amanda Seyfried à été enlevé par un serial killer tellement mystérieux qu’on ne le verra que deux minutes dans tout le film. C’est bien simple, c’est un fantôme, on en parle à peine, les flics s’en moquent et de facto le spectateur aussi. Rien n’est fait pour que ce soi-disant tueur soit une quelconque menace. Au lieu de cela le film se perd en fausse piste bateau et abuse d’une surabondance de clichés pour nous faire croire qu’à peu près tous les personnages faisant des grimaces un peu énigmatique…sont le tueur. Malheureusement, le fil est tellement cousu de fil blanc que dès la première apparition du tueur…on sait où il était…Le film dès cet instant se contrefout de la notion même de suspens et brode une intrigue aussi pénible qu’inintéressante. La faute à des personnages secondaires aussi fantomatiques que le tueur. C’est bien simple, les scénaristes ne leur donnent pas la moindre épaisseur. Ils ne servent à rien d’autres que péniblement faire le lien d’une séquence à l’autre, sans vraiment faire avancer l’histoire. Chose qu’Amanda Seyfried tente désespérément de faire en faisant des grands yeux à expressions multiples 3 fois sur 4 « Oh j’ai peur, oh je suis triste, ohhhhh non le tueur me parle au téléphone… » On regarde la chose en se demandant à quel point du métrage les scénaristes ont été virés et qu’un stagiaire à du écrire le reste du script au jour le jour sur le tournage ?

La tension inexistante et le fait absolument criminel d’avoir mis de côté, voir même aux rebus le personnage du tueur (élément primordial de ce genre de film…) tuent ce dernier dans l’œuf. Le pire étant dans la confrontation finale et l’épilogue ridicule. Ce qui aurait dû culminer dans un affrontement homérique et un épilogue digne de ce genre de films, baigne dans le WTF le plus complet tant tout prend l’eau. La phrase de fin de l’héroïne résumant parfaitement le gigantesque foutage de gueule qu’est ce film. Mal écrit et mis en scène sans la moindre intention de sortir du lot, Gone est une production d’une banalité si violente qu’elle en devient tout simplement phénoménale. On s’interroge sur la raison même de l’existence d’un film aussi médiocre.

Hollywood loin de suivre l’exemple des standards du genre que l’on peut trouver dans le cinéma européen un peu old school met en place une sorte d’usine à photocopie. Empilant les productions qui s’auto plagient de l’une à l’autre, la machine s’enraye d’un film à l’autre, déréglant l’ADN de ce dernier pour l’appauvrir encore plus. Le problème étant que partant déjà avec une constitution faiblarde ce film ne pouvait que s’écrouler en cours de route. C’est le cas assez vite et c’est ce qui rend le visionnage encore plus pénible. On se croirait au final devant un snuff modèle 7e art. Après mort d’un commis voyageur, voici mort d’un produit formaté…Merci Hollywood pour ton sens de l’ironie si particulier. À fuir.

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