Critiques de films

[Critique] Devil’s Due-Critique du film

Suite à une soirée bien arrosée lors de leur lune de miel, deux jeunes mariés doivent gérer une grossesse survenue plus tôt que prévu. Alors que le futur père choisit d’immortaliser les neuf mois à venir en filmant sa femme, il découvre que celle-ci adopte un comportement de plus en plus inquiétant, témoignant de changements profonds aux origines à la fois mystérieuses et sinistres…

Devil’s due n’avait déjà sur le papier pas forcément grand-chose d’attirant et force est de constater qu’une fois à l’écran, l’horrible première sensation se confirme de la pire façon qui soit. Le film d’horreur est devenu une industrie rentable à Hollywood, petit budget et temps de productions court font bons ménages générant par la suite de beaux profits. Cela fonctionne parfois, puis arrive aussi le moment où l’ensemble de l’édifice s’écroule sur le spectateur. C’est le cas avec Devil’s Due qui non content de manger à tout les rateliers peine a insuffler dans le film la petite étincelle de folie qui aurait fait toute la différence. A l’origine, il y avait Rosemary’s Baby et tout ce qui ensuite ont eu l’intention de suivre. Devil’s Due est dans cette catégorie. Inodore aussi bien au niveau du script que de la mise en scène, il devient très vite difficile pour le spectateur de correctement rentrer dans l’histoire.

Pris dans une mouvance digne du found footage, le film oublie de prendre un angle nouveau avec cette outil narratif. Le hic émanant de la surutilisation de ce dernier en salles dernièrement. D’emblée le film perd de la puissance à ce niveau et engendre un léger sommeil sur le spectateur, mais c’est aussi via le rythme qu’arrive le deuxième coup de grâce. Dramatiquement long à démarrer, le film déjà court, n’affiche aucune véritable tension tout du long. Que ce soit dans des classiques ou bien des films de moindre importance, la majeure partie des techniques mises en avant pour faire peur sentent la naphtaline, on ne frémit pas et au mieux, n se permet de décrocher un bâillement poli pour se persuader que tout cela n’était pas diablement vain. Car là aussi de par sa structure le film montre qu’il ne sait pas vraiment où il va. Au-delà de son postulat de départ qui n’est jamais complètement développé, les scénaristes naviguent à vue pour faire en sorte de donner une illusion de contrôle sur le récit. Peine perdue, ce dernier ne décolle jamais, tout comme la peur du spectateur. Devil’s due est une de ses productions fast-food et sans âmes que l’on regarde et digère en se demandant si l’on n’a pas oublié de fermer le gaz ce matin en partant.

Avare sur la peur, cheap sur le gore et anecdotique en termes narratifs, il n’y a pas vraiment d’endroits où l’histoire se raccroche aux branches et réussit à faire en sorte de créer une émotion. Un film tristement vide de sens et de substance.

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