Critiques de films

[Critique] Dead Shadows – David Cholewa- Critique du film

J’avais entendu les pires horreurs sur Dead Shadows et ce, malgré des images de productions qui avaient l’air pour le moins alléchantes. Les retours catastrophiques s’enchainant, j’avais mis de côté le film jusqu’à l’oublier quelque temps. Mais comme rien ne reste jamais enfoui trop longtemps dans les tiroirs de ma gloutonnerie cinéphilique, voilà que je pris la décision de voir si ce qui se cachait dans l’ombre était si mortel. Premier constat et autant le dire tout de suite pour en terminer avec ce sujet en particulier, oui tous les acteurs sont absolument catastrophique. Il n’y a rien ni personne à sauver, on touche du doigt le niveau nanar de feu quand on en vient à juger le jeu d’acteur. C’est donc là que réside le plus gros problème de ce film, si l’on ne se borne qu’à ce défaut somme toute majeur, la volonté première du spectateur sera de massacrer le film, voire de le retailler en pièce encore une fois au passage juste histoire d’être certain qu’il ne bouge plus. Mais si l’on regarde entre les lignes et que l’on aime le cinéma Bis, ce Dead Shadows n’est pas exempt de qualités au milieu de ses nombreux défauts. La somme de ses ambitions n’a d’égales que la maigreur de son budget et la médiocrité de ses acteurs. À la différence d’un Iron Sky qui disposait d’acteurs de talents, d’un budget correct, mais pas du moindre scénario et d’aucunes ambitions, Dead Shadows est l’opposé. Beaucoup d’ambitions, un scénario bateau par instant, mais plein de potentiels par d’autres et pas d’acteurs capables de surmonter les faiblesses du script. Du coup autant le dire et c’est bien vrai le film part mal.

Mais au gré de certaines scènes faisant penser a Society de Brian Yuzna ou encore Urotsukidoji pour les pervers connaisseurs, le film dévoile un amour du cinéma de genre assez honnête, mêmes si plombés par une réalisation faisant avec les moyens du bord. À mi-chemin entre le film de potes et le film fantastique fauché fait en mode guérilla, Dead Shadows m’est au final 100 fois plus sympathique qu’une purge comme la horde. Le cinéma de genre est de nos jours en France, une espèce en voie de disparition, le genre ne paye pas forcément en terme de retour sur investissement et l’idée même de vendre un projet de ce type a des producteurs ayant pignon sur rue devient de plus en plus difficile à concrétiser. Certains y arrivent, mais pour ces chanceux combien restent sur le carreau. Fait en marge du système, Dead Shadows en porte tous les stigmates et c’est en même temps ce qui finit par le rendre sympathique d’une certaine manière. Pris sous sa forme actuelle, on en vient à se dire que shooter au canada ou sous la bannière DIMENSION ou SUMMIT ENTERTAINEMENT pour un budget de 15 millions chez l’oncle Sam, le film aurait pu avoir une carrière sympathique. Loin de tout miser sur l’horreur uniquement, le film switch parfois très maladroitement et sans forcément assez développer d’un genre à l’autre. Tentant d’ établir un passé crédible au héros, le scénariste pêche parfois par excès de bonne volonté. Le film synthétisant trop la partie flash-back narrant l’origine de son trauma pour sauter ensuite vers une vision plus angélique d’un personnage qu’on imaginait plus abimé. Le déséquilibre descriptif pris avec le jeu d’acteur calamiteux du premier rôle met en pièces les ambitions du scénario.

La galerie de seconds rôles sans jamais élever la qualité vers des sommets amène un certain second degré involontaire au tout. J’en veux pour exemple flagrant, le Vin Diesel canadien, voisin de palier et adepte du doublé Katana Shotgun. Gentiment ridicule, la galerie de personnages qui s’empilent devant nos yeux auront chez certains l’effet d’un coup de grâce. Ce qui nous amène donc au moment fatidique où l’on se pose la question de la valeur de ce que l’on vient de voir. L’idée est de voir l’ambition se cachant derrière les fissures, combien de films dégueule leur argent à l’écran sans jamais rien offrir comme expérience aux spectateurs. Je ne dis pas que « Dead Shadows » est un film incompris, loin de là même, juste que perdu derrière la somme de ses défauts se cache au final un projet bâtard avec une ambition démesurée face à ses moyens, mais qui aura au moins eu le courage d’aller au bout de son projet. Raté par moments, presque intriguant par d’autres, une ébauche de grands films fantastiques WTF qui n’attend plus que son deuxième round pour renaître sous la caméra d’un réalisateur US pour un remake chez l’oncle Sam. Si cela devait arriver, ce ne serait pas forcément une énorme surprise. À ne conseiller qu’aux gros amoureux déviants du cinéma bis, les autres aller voir ailleurs…

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