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[Critique] Dark Skies- Critique du film

Les parents d’un enfant de 6 ans se rendent compte que celui-ci a été « marqué » par des extra-terrestres pour un futur enlèvement.

L’ennui avec les films d’horreurs ces dernières années réside dans l’horripilante habitude que ces derniers ont pris de recycler ad vitam æternam, les mêmes recettes. J’entends par là, le film d’horreur dans une maison subissant des événements paranormaux à la chaine et mettant en péril la sécurité d’une famille américaine. Le tout avec une bonne dose de caméras de surveillance, de théorie du complot et d’enquêteurs barjots adorateur de paranormal. L’avantage de cette formule est que bien souvent, elle ne coute pas cher à produire et peut rapporter gros. Les exemples sont légions et les producteurs usent et abusent de la vache à lait qu’est devenu le spectateur. Dernier exemple en date avec « Dark Skies » qui reprend tous les éléments dits plus haut en y rajoutant un élément pour le moins « inattendu », les extra-terrestres. Dans la dénomination des fast-foods, « Dark Skies » serait un menu maxibest of. On y retrouve un peu de tout, cela cale, cela tue le temps, mais ce n’est ni digeste, ni original. Pire dans le cas de ce film, cela vous rattrape sur la dernière bouchée avec un sale goût de grand guignol.

Mélangeant tous les genres et ne dépassant jamais véritablement le stade d’un téléfilm de par son scénario au mieux très faible, au pire ridicule ( surtout sur le final) Dark Skies est typiquement le genre d’arnaque qu’une bande annonce habile pourra faire passer pour ce qu’il n’est pas…un bon film. Le long métrage de Scott Charles Stewart répondant aux règles basiques des films de ce genre traîne de façon interminable la patte pendant les 30eres minutes pour placer son histoire. Connaissant ses classiques, le réalisateur donne l’impression au spectateur que l’histoire va s’orienter vers un sous texte plus « humain », une descente aux enfers où l’on s’apercevrait que la manipulation dont nous avons été victimes était brillamment écrite depuis le début. En focalisant sur les parents et la relation difficile qu’ils développent avec leur progéniture, on peut être amené à le croire. Mis là aussi dans le contexte réaliste d’une Amérique en crise où les ménages doivent lutter pour survivre, on se dit qu’il n’est pas impossible que ce fond social fasse prendre à l’histoire une tournure véritablement dramatique…puis soudain le point de vue change. Le fantastique devient plus graphique et toutes les promesses de la première partie ( aussi bancale soit-elle s’évapore) d’un seul coup. Le film passe dans sa phase 2, celle dite du pilotage automatique. Ce moment où le réalisateur se doit de rendre hommage au cahier des charges et d’empiler les scènes de terreur clichées les unes à la suite des autres. Ce bien souvent au détriment du développement des personnages. Victime involontaire d’un film damné dès le départ, les voilà traversant tels des pèlerins dans la tourmente la phase 2 de ce script. Dommage pour eux par de Moise pour leur ouvrir la mer devant eux. Le voyage ne se fait du coup pas forcément à sec.

Sans jamais s’afficher comme étant le pire film de l’année, « Dark skies » enchaîne les scènes « fantastiques » avec un tel côté mécanique que mis en duo avec le manque de développement des personnages, cela finit par sonner comme un coup de grâce. Là où un réalisateur comme James Wan arrive à surmonter les codes et restrictions du genre, Scott Charles Stewart ne cherche même pas à entamer la lutte. « Dark Skies » n’est jamais véritablement inquiétant dans sa seconde partie, usant des Jump Scare ou des clichés avec une rigueur pour le moins académique, le film termine sa lente descente dans l’estime du spectateur. On en vient à se dire que le casting sauvera le tout, mais ni Kerri Russell, ni les enfants sur qui reposent une bonne partie du script ne sauvent les meubles. On se dit que dès cet instant la messe est dite, mais c’est sans oublier l’acte 3…le final qui avec une certaine délectation arrive pour mettre la main à la patte dans l’art si délicat de la mise à mort. La bande-annonce ne fait aucun mystère sur la nature de la menace pesant sur la famille. Un manque de confiance affligeant de la part des producteurs qui trouvent un écho parfait dans la non-ambition du scénario. Virant au plus grand n’importe quoi dès le final du film, « Dark Skies » démontre alors qu’il n’est pas possible de croire une seule seconde que le ou les scénaristes n’étaient pas en roue libre. On pourra toujours dire que l’on a vu pire et qu’effectivement la réalisation sans âmes, mais appliquée de Scott Charles Stewart sauve les meubles, mais difficile de nier que ce final…part dans tous les sens. Parodie d’X-files, dopé à la sauce « faisons peur » au public et n’oublions pas le twist « Dark Skies » apparaît effectivement comme une compilation de tout ce qui n’a jamais dépassé la salle de Brainstorming de Chris Carter pour X-files. Daté, ridicule et définitivement pas novateur pour un sou, Dark Skies est un DTV que l’on essaye de faire passer pour un film. À vous de voir si vous avez envie de tomber dans le panneau.

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