Critiques de films

[Critique] Citadel – Ciaran Foy- Critique du film

L’histoire : Un jeune père devenu agoraphobe depuis que sa femme a été tuée par un gang d’enfants cagoulés affronte de nouveau les agresseurs qui veulent s’en prendre à son bébé. Aidé par une infirmière et un prêtre adepte de l’auto-défense, il comprend que le seul moyen d’exorciser sa peur est d’y faire face en s’introduisant dans la Citadelle, là où réside le gang…

Les premiers films surtout de genre sont toujours un peu casse-gueule. Il est facile de s’y perdre, et ce, encore plus quand on y injecte une grosse part de vécu. C’est le cas ici avce le réalisateur qui injecte dans l’histoire beaucoup de son passé, ses crises d’agoraphobies, les causes de cette dernière…autant d’éléments qui bout à bout rendent l’ensemble malsain et pas que du au fait de l’esthétisme poisseux que le réalisateur développe. Non, la vraie source du problème est beaucoup plus simple et réside dans le malaise qui s’instaure au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans les ténèbres de l’histoire et que l’on voit la façon dont l’histoire se façonne devant nous. Véritable roller coaster d’émotions, le réalisateur réussit à mettre en place un univers à mi-chemin entre rêve et cauchemar qui ne laisse pas forcément indemne en le traversant. Malsain de par sa forme et dérangeant de par son fond et l’espèce de ressenti véridique qui s’en dégage, on finit par ne plus savoir sur quel pied danser et l’on se perd. Chose qui dans le noir de cet univers n’est pas le meilleure des choix.

Le jeune réalisateur de Citadel connaît ses classiques et au-delà de ce simple postulat dispose d’un univers aussi torturé que graphique dans son cerveau. Il sait comment lui donner vie et créer la peur chez le spectateur ou à défaut un malaise assez certain. Le film dispose de quelques passages tout simplement cauchemardesques et faisant grimper d’un coup la tension. C’est une bonne chose prometteuse pour son avenir en tant que réalisateur, mais cela n’empêche pas non plus le film d’être plombé par d’autres détails qui à terme alourdissent l’ensemble. En partie inspiré d’évènements lui étant arrivé, le film prend parfois la forme d’une géante séance de thérapie à ciel ouvert dont les spectateurs deviennent les victimes involontaires. Le film a en effet parfois beaucoup de mal à garder le cap entre les parties dites d’inspirations réelles et se nourrissant du passé du réal et les autres qui joue définitivement plus avec les codes du genre. En résulte une osmose pas forcément vaillante sur la longueur et qui bat de l’aile à plus d’une reprise. Le tout allié a des grands moments de symboliques un peu trop poussives qui font sortir le film de sa catégorie de genre pour l’emmener vers une sorte d’hybride mal maitrisé. Le réalisateur a-t-il eu les yeux plus gros que le ventre pour un simple premier film. Noyé son vécu et l’habiller avec les habits du film de genre était une bonne idée, mais la mayonnaise ne prend pas toujours ou alors faut-il encore que le scénario tienne la route du début à la fin.

Atmosphérique en diable et presque brillant par certains aspects, le film peine pourtant à étonner vraiment quand on en vient au coeur de l’histoire et pire encore sombre un peu dans le ridicule ou limite dans le fondement quand on fait le parallèle avec une certaine vision de la société actuelle. Tout n’est pas à jeter, mais du coup la faiblesse du coeur de l’édifice rend l’ensemble un poil instable. Citadel du coup n’en devient alors qu’un magnifique exercice de style. Catégorie que le réalisateur remporte haut la main, tant son inventivité et sa vision réussissent à faire un peu oublier le reste. Prometteur pour l’avenir, le film aurait pu avoir un avenir plus radieux et une durée de vie dans les esprits plus longue, si le scénario avait été à la hauteur. Ce n’est pas forcément le cas. Dommage. À voir quand même pour la simple et bonne raison que le film marque quand même la 1ere étape dans la carrière que j’espère longue d’un réalisateur à suivre.

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply