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[Critique] Chris Rock dévoile son Top Five!

Que se passe-t-il quand un comédien touche le fond et découvre que sa vie n’a pas le moindre sens ? Que la femme avec qui il va se marier s’intéresse plus à son reality show qu’à lui et que son nouveau film « sérieux » se fait démonter par la critique. Le point de départ de Top Five de Chris Rock est classique, mais fort heureusement, Rock réussit habilement à naviguer entre les attentes du public pour les éviter et donner naissance à autre chose. S’inspirant de sa vie, de son style d’humour si particulier et de l’écosystème dans lequel il évolue depuis des années, Chris Rock dresse le portrait d’un milieu tout sauf magique et au passage n’est pas forcément tendre avec lui-même par le biais de son double à l’écran. Un peu comme si Funny People d’Appatow se recentrait sur un seul et unique personnage, Top Five dresse devant nous un paysage qui ne fait pas forcément envie au premier regard, mais c’est l’arrivée de Rosario Dawson qui change toute la donne de l’équation. À partir de ce point, Top Five de Chris Rock reprend des couleurs et une certaine forme de piquant ou de cynisme jovial. À mi-chemin entre l’étude de mœurs et la presque premier acte d’une romance, le film de Rock dévoile son jeu pleinement.

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Partie de ping-pong verbal, Top Five de Chris Rock laisse beaucoup d’espace à ses acteurs principaux Chris Rock et Rosario Dawson pour exister et nous faire passer d’un point à l’autre des extrémités d’Hollywood. En fin l’autre versant de l’usine à rêves, celle où l’on découvre que les stars que l’on idolâtre on parfois plus à voir avec de minables ratés que des Dieux vivants. En l’espace d’une journée, Top Five de Chris Rock dresse le portrait de deux personnages aussi mal foutus l’un que l’autre qui se rencontre et finissent par se livrer. Tous deux à un moment décisif de leur carrière, lui son mariage et elle, cette rencontre qui lui permet de s’affirmer au-delà des masques. La chose qui frappe est la façon dont Chris Rock réussit à s’éloigner assez vite de la comédie potache que l’on pouvait craindre. Il y a un petit côté old school dans sa réalisation et surtout, il faut bien reconnaître que Top Five de Chris Rock se rapproche énormément du cinéma indépendant plutôt que des grosses cylindrées hollywoodiennes. Mimétisme amusant avec le personnage central du film, Chris Rock apparaît donc ici comme quelqu’un de désireux de s’affranchir de l’image que l’on peut avoir de lui via ses films. Il y a autre chose derrière la façade et l’on découvre cela assez vite dans le film.

Oui, Top Five de Chris Rock est une excellente surprise de par sa façon habile qu’à Chris Rock dans un premier temps de se foutre en quelque sorte de lui-même. Pas de façon grossière, mais intelligente bien au contraire. Utilisant les artifices du cinéma, il se construit un clone canalisant tous les travers dont on peut l’affubler depuis des années. Sorte de Psychanalyse sur pellicules, Top Five de Chris Rock n’en oublie pas pour autant d’être aussi et surtout un film au sens le plus cinématographique du terme. Verbeux, certes, mais jamais pour l’esbroufe. Le film repose sur ses personnages principaux et secondaires, ces derniers étant l’armature parfaite du récit. Histoire d’ailleurs qui de par l’éclatant talent ( mais est-ce une surprise…) de Rosario Dawson, s’offre la respiration nécessaire pour naviguer sans mal d’un point à l’autre. Avec elle comme partenaire, Chris Rock trouve quelqu’un qui dans le cadre de l’histoire réussit à le déstabiliser de façon crédible. L’alchimie entre les deux tout comme le jeu du chat et de la souris qu’ils ne cessent de faire est ce qui rend Top Five attrayant. On comprend les blessures des personnages, on les ressent, on s’amuse des travers qui les composent, on s’agace devant les petites lachetés du quotidien. Loin de n’être qu’une comédie basique, Top Five démontre que Chris Rock a surement de l’avenir derrière la caméra. Une jolie surprise pour un coup d’essai comme réalisateur pour Chris Rock. Vivement la suite.

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