Critiques de films

[Critique] Cher John- Lasse Hallström- Critique du film

Lorsque John Tyree, un soldat des Forces Spéciales en permission, et Savannah Curtis, une étudiante idéaliste, se rencontrent sur une plage, c’est le coup de foudre. Bien qu’appartenant à deux mondes différents, une passion absolue les réunit pendant deux semaines. John repart ensuite en mission et Savannah retourne à l’université, mais ils promettent de s’écrire et à travers leurs lettres enflammées, leur amour ne fait que grandir. Chaque jour plus inquiète pour la sécurité de son bien-aimé, Savannah s’interroge. Alors que désirs et responsabilités s’opposent toujours plus, le couple lutte pour maintenir ses engagements. Quand une tragédie oblige John à rentrer, les deux jeunes gens se retrouvent face à leurs contradictions. John et Savannah vont découvrir si leur amour peut vraiment survivre à tout…

Ce n’est un secret pour personne que j’adore les comédies romantiques, j’en mange et dévore par paquets de 12. Bonnes ou mauvaises, mon esprit et sa centrale de recyclage fait le tri en arrière-plan. Alors quand en découvrant dans ma pile de Blu-Ray « Dear John » et en réalisant que ce dernier traînait là depuis des lustres sans que je l’ai vu, il me fallu venir à l’évidence même, une séance de rattrapage s’imposait. Nicholas Sparks est un peu le Guillaume Musso américain, mixant romance et drama avec plus ou moins de finesse, il a réussi à se bâtir une véritable pyramide de fans, qui de roman en roman continue de le suivre. Il n’était donc que logique qu’Hollywood rejoigne le lot et se mette à adapter ses romans, de Ryan Gosling a Channing Tatum, le fait de participer à ces adaptations ont toujours été signe de chance. Mais est-ce que malgré tout la qualité est de mise au sein de ces bluettes ? La réponse est en partie oui, si l’on se laisse porter par la chose. Pris au premier degré, Dear John n’est pas la pire romance que l’on ai pu découvrir sur les écrans, alternant un formatage typiquement hollywoodien avec une sorte de nonchalance faussement artistique, le film est fait pour plaire sans heurter son public. C’est peut-être d’ailleurs ce qui énervera les nouveaux spectateurs, cette sensation bizarre de naviguer entre une pub pour la pureté de l’amour naissant et une sorte de rush de sitcom à d’autres. C’est un fait, le film est boiteux à plus d’un niveau et pourtant au milieu de ces défauts apparaissent deux choses qui aident à faire passer la pilule…Channing Tatum et Amanda Seyfried. Primordiale à ce genre de film, l’alchimie entre les deux acteurs fonctionne à merveille et aide à hisser l’ensemble au-delà de la ligne de flottaison du néant.

Avant de rencontrer encore une fois un énorme succès avec « Je te promets » à nouveau adapté d’une œuvre de Sparks, Tatum avait fait ses armes dans ce film. Acteur aux multiples facettes il réussit bien mieux que Seyfried a sortir de cette bluette avec les honneurs. Il est vrai que le film lui offre une lattitude de croissance narrative bien plus grande qu’à sa compagne de scène. Toute la courroie de progression du film au niveau des émotions se bâtit autour de son personnage et les émotions et perceptions du monde. Ce qu’il ne voyait pas dans ses relations entre lui et son père, la façon dont il canalise sa colère et redevient « humain » au contact de Savannah. La finition et « l’emballage » de cette bluette sont au mieux basique au pire cliché pour certains. Dans un cas comme dans l’autre, l’avis sur la question sera discutable, mais au-delà des grosses ficelles, le jeu de Tatum et la lenteur pour une fois utile d’Hallstrom ( dont pourtant je ne suis pas fan…) permettent à cette romance de prendre son temps et se développer. On s’accroche au personnage pour regarder évoluer ce que l’on aurait parfois pris au gré des pages pour du roman de gare. Le réalisateur et les scénaristes semblent conscients du problème et même si le cahier des charges leur impose des passages obligatoires pour plaire à un type de public, l’apparent premier degré de certains autres contrebalance le tout avec une certaine ingéniosité. Suis-je en train de dire que le film est parfait ? Non pas du tout, mais tout comme dans « Je te promets » Tatum et sa partenaire portent à bout de bras et le font exister délicatement jusque dans les dernières minutes et ce final aussi rageant que totalement raté.

Tout comme The Lake House avec Keanu Reeves et Sandra Bullock à l’époque, le film jusque dans ses dernières minutes réussit tant bien que mal à marcher sur des œufs…et s’écroule dans les dernières minutes. Ce qu’il avait réussi jusque-là à mettre sous le tapis à savoir son côté roman de gare et bluette assez idiote ressurgit en une seule séquence aussi bâclée qu’idiote. Chose qui laisse le spectateur oscillant entre rire nerveux et facepalm furieux, voire les deux en même temps. Pris pour ce qu’il est, et ce, jusqu’à ce final inutile, Cher John est une bluette aussi sympathique que totalement inoffensive ou inodore. Tout dépendra de votre humeur pendant le visionnage. Mais en même temps, quand on regarde un film adapté d’un roman de Nicholas Sparks, j’ai envie de dire que l’on sait déjà ce qui nous attend.

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