Critiques de films

[Critique] Carrie, la vengeance- Kimberly pierce- Critique du film

Timide et surprotégée par sa mère très pieuse, Carrie est une lycéenne rejetée par ses camarades. Le soir du bal de fin d’année, elle subit une sale blague de trop. Carrie déchaîne alors de terrifiants pouvoirs surnaturels auxquels personne n’échappera…

L’ennui de nos jours avec les remakes et reboots des films d’horreur reste qu’ils se heurtent bien souvent au sacro-saint PG13. Ce qui pousse ses productions à distiller une peur au rabais ou à être soi-disant terrifiant, sans pour jamais autant touché à la quintessence de cet état d’esprit physique ou psychologique. Jouant sur les deux tableaux, du moins essayant, le film de Kimberly Pierce et bien que se payant un très bon casting avec Chloë Grace Moretz et Julianne Moore ne fait malheureusement rien de bien nouveau dans le domaine. En effet, le film ne cherche pas à innover, il update, celui de de Palma en montrant peut-être une forme de perversion encore plus grande de la part des adolescents de notre époque, mais au-delà de ces choix, ce qui pouvait surprendre à l’époque de De Palma, peinent à y réussir de nos jours. Chloë Grace Moretz que l’on a connu plus inspiré dans ses choix n’est pas forcément mise en valeur par le biais du montage définitif du film. Voir même tout simplement par le scénario. Cas de figure au demeurant assez agaçant de ces films avec un casting parfait, mais qui finissent par donner l’impression d’en faire n’importe quoi. Remontage de dernières minutes ? Incompétences sur le plateau ? Les possibilités sont multiples, le résultat de son côté n’est ni tragique ni merveilleux, pire, il est juste inodore.

carrie-la vengeance-Chloë-Grace-Moretz

L’aseptisation de l’horreur par Hollywood est le mal du siècle. Rare sont les incursions dans ce domaine qui se solde par des réussites, à force de reformater les contours de ce terrain Hollywood a fini par clairement aseptiser tous les esprits des spectateurs se trouvant dans la cible d’âge. Carrie n’échappera pas à la règle. Brassant des thèmes multiples, les relations mères-fille, la vie sociale, les brimades entre ados dans le cursus scolaire, la découverte de ce qu’est la féminité…et j’en passe, sans pour autant ne jamais approfondir suffisamment pour capturer le public. Chloë Grace Moretz livre une performance loin des standards que l’on pouvait attendre venant d’elle. La faute à un scénario qui ne se prive pas d’alourdir les évidences et de lui savonner la planche quant à la mise en avant une fois dans les mains de la réalisatrice. Chloë Grace Moretz cabotine, voilà ce que l’on pourrait être en passe de dire en découvrant son jeu, si ce n’était pour tout de suite remettre en perspective cette accusation face à la performance de Julianne Moore. Festival permanent entre les deux actrices qui se tirent gentiment la bourre pour en faire des caisses. Du coup et ce même si la relation amour/haine édifiante entre ces deux femmes a du potentiel, on finit très vite par décrocher et l’on se contente de regarder jusqu’au final que l’on s’imagine apocalyptique…et encore une fois la déception est de mise. La montée en « puissance » de l’histoire amène jusqu’à ce mythique bal de promo, séquence où les enfers se déchainent via une Carrie folle de rage…mais là encore l’update de la mythique séquence via un torrent de sfx qui n’amènent rien finit de tuer la crédibilité de cette production qui en manquait déjà beaucoup.

Chloë Grace Moretz victime non consentante du manque de « folie » de la réalisatrice se retrouve dans une séquence frôlant en permanence le ridicule. Les effets spéciaux apparaissant comme un cache-misère soi-disant propagateur d’instants de terreurs et de cris dans le public. La vérité est que dans tous ces domaines le film est encore moins drôle, terrifiant ou surprenant que la plus faible des scènes de morts du plus mauvais des Destination finale pour donner un point de comparaison ( le 5 pouvant servir de maître étalon). On éprouve au final un peu de la peine teinté d’un rire pour le moins cynique envers Chloë Grace Moretz qui donne tout ce qu’elle a pour offrir une consistance a son personnage, mais rien n’y fait, la scène et elle y compris n’engendre qu’une série de rires discrets. Ce qui est triste vu le talent de l’actrice. Au final, « Carrie, la vengeance » version 2013 est un produit bâtard, marchant dans l’ombre de son aînée sans jamais la mettre en péril. Un produit à l’image de ce qu’Hollywood ressent pour le domaine de l’horreur. Un produit cheap que l’on ingurgite comme de la Junk Food et dont il faut mieux éviter de regarder les éléments de fabrications trop en détail. Sans grands intérêts…

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