Critiques de films

[Critique] Cadavres à la pelle- John Landis – Critique du film

Synopsis : Pauvres et vivant d’arnaques, deux compères William Burke et William Hare découvrent par hasard qu’un cadavre frais peut leur rapporter beaucoup d’argent. A cette époque, Édimbourg est un haut lieu de la médecine en Europe et les chirurgiens cherchent désespérément des cadavres humains pour pratiquer leurs dissections et faire ainsi avancer leur science. La demande en produits frais ne manque pas ! Elle augmente. Appâtés par l’argent et désireux avant tout d’assouvir les envies matérielles de leur bien aimées, Burke et Hare ne vont pas tarder à orchestrer des « accidents » pour obtenir toujours plus de cadavres frais pour la Science. John Landis pour moi reste le réalisateur des Blues Brothers. Un film que j’aime toujours autant même des années après sa première découverte. Alors, disons que j’avais un léger espoir en allant voir ce « Cadavre à la pelle ». D’une part pour le réalisateur, et d’une autre pour le casting. Qu’en est-il en bout de course ?

Un sentiment très mitigé. Le film n’est pas horrible dans le pire des sens qui soit, mais l’on ne peut vraiment s’empêcher de noter un petit côté « cheap » un peu gênant à la longue. La réalisation manque de panache, le budget n’a pas l’air énorme et cela se voit et le scénario en lui-même oscille entre sympathique et un poil soporifique. La volonté de Landis était de remettre en avant l’histoire de Burke et Hare ces deux criminels anglais pas comme les autres. On en ressort le cul entre deux chaises. La seule chose sauvant vraiment le film de l’ennui le plus complet reste ces deux acteurs principaux. Andy Serkis et Simon Pegg. Ils font ce qu’ils peuvent avec les moyens du bord, et l’on ne peut pas dire qu’ils ne mettent pas du cœur à l’ouvrage. Mais est-ce que cela suffit à sauver le film ? Non. La plus désagréable impression restant pendant tout le film est cette sensation de voir un film sorti d’un autre âge. Cela à même parfois la patte des téléfilms de l’après-midi. Tout comme certaines gloires d’antan le style de Landis a-t-il fondu comme neige au soleil avec le temps ? On pourrait finir par le croire et c’est ce qui rend l’ensemble encore plus ennuyeux.

D’un point de vue dramaturgique pourtant le film se laisse regarder sans un trop grand déplaisir. Les péripéties s’enchaînent correctement, mais le souci est qu’à aucun moment on ne s’attache vraiment aux personnages. On regarde le tout avec une passivité assez effrayante. C’est ce qui rend l’ensemble aussi ennuyeux à terme. On en vient à essayer de trouver des points positifs pour sauver le film, mais au final très peu viennent en tête. C’est dommage, car de par son casting de premier rôle et de gueules de cinéma, John Landis avait sous la main une véritable fine équipe suffisamment bonne pour nous distraire. Au lieu de cela « Cadavres à la pelle » ne dépasse jamais vraiment le stade de direct to vidéo. Le genre de ceux que l’on regarde entre amis ou en solo. Dommage.

Au final mieux vaut rester sur le cinéma de Landis de la grande époque et se complaire dans les souvenirs qui vont avec. Ce dernier opus sonne comme un film un peu fait en pilote automatique, il y a quelques éclaires et moments où la présence de l’ancien Landis se fait sentir, mais tout cela ne dure jamais très longtemps. Une production très mineure dans la carrière d’un réalisateur qui autrefois me fit rêver.

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