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[Critique] Brick Mansion- Paul Walker- Critique du film

À l’époque de sa sortie, Banlieue 13 était déjà un navet. Aujourd’hui le constat qui s’impose face à son remake américain “Brick Mansion” est qu’Europa et Luc Besson n’ont pas eu la moindre intention de changer quoi que ce soit quitte à enfoncer encore un peu plus le clou dans la médiocrité de la chose. Idiot et ouvert aux quatre vents niveau scénario Brick Mansion est un copier-coller paresseux et tout aussi soporifique de Banlieue 13. Mais là où l’on pouvait avoir un milligramme de tolérance pour le film d’origine, il est difficile d’en avoir pour ce remake. De la réalisation digne d’un téléfilm Hollywood night en passant par les acteurs à la dérive, rien ne nous sera épargné. Est-ce que l’idée de transposer l’action du film à Détroit change la donne? Non, pas une seconde. Cela pouvait marcher dans le Robocop de Verhoven et donner au fond du film une surcouche sociale intéressante, mais malheureusement ici cela ne réussit jamais à être le cas. Un cas d’école encore plus effarant vu la fin du film.

Brick Mansion réussit donc l’exploit au final d’être encore plus mauvais que l’original. Est-ce la faute du réalisateur et des acteurs? Je ne pense pas, ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont. Mais encore une fois et tout comme le film d’origine d’ailleurs, Brick Mansion se prend littéralement les pieds dans le tapis face au volet social qu’il essaye de défendre. L’idée de départ était pourtant jouable dirons nous. Mais n’est pas Carpenter ou verhoven qui veut. Mélanger fond social et surcouche grand spectacle demande un certain talent de conteur et surtout une vision de la société qui ne soient pas forcément manichéene et bas de plafonds. Il ne faut pas se mentir, Brick Mansion rentre dans la case des productions en pilote automatique que génère Europa Corp. Ici l’idée est d’avoir quelque chose qui va pouvoir générer de l’argent facile sur le long terme sans se bouger. Le tout pour financer autre chose dans la foulée. Est-ce que cela justifie la paresse d’ensemble de cette production. Tout du début à la fin est un copier-coller bête et méchant de l’original. Le travail de réalisation s’en retrouve du coup inutile vu qu’il s’agit de faire encore et toujours ce qui a déjà été fait dans l’original. Il n’est même pas question de relecture, reboot, juste d’un foutu copier-coller. On atteint donc le sommet absolu de la paresse.

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Paul Walker et David Belle n’ont pas la moindre alchimie l’un envers l’autre. Les buddy movie fonctionnent d’habitude sur les différences des deux héros et la façon dont ils réussissent à les surmonter, mais ici c’est justement tout ce qui les sépare sans espoir de retour. Le personnage de RZA n’est pas mieux et sa glorification aberrante au final rend le film encore plus profondement idiot ou irresponsable c’est au choix. Banlieue 13 et sa suite en France étaient juste des exploitations puantes d’idéaux nauséeux sur la banlieue. Là où des grands cinéastes US avaient accoucher de films avec un vrai fond, Europa avait pris la direction contraire en valorisant le cliché à défaut d’idées. Brick Mansion est un peu le paroxysme de cette démarche. Dommage pour Paul Walker de finir sa carrière sur un si triste film.

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