Critiques de films

[Critique] That’s my boy- Adam Sandler- Critique du film

Dans « That’s my boy », un père immature débarque la veille des noces de son fils, qu’il n’a pas vu depuis des années, et entretient dès son arrivée d’exécrables rapports avec la mariée.

That’s my boy le dernier Adam Sandler en date est une énigme démontrant encore un peu plus la monstrueuse schizophrénie du bonhomme. Ils sont 3 dans sa tête, le sandler faisant des films pour enfants, le sandler faisant des films pour adultes au sens de l’humour hardcore et le dernier, le plus discret qui de temps en temps se risque à succès dans les films d’auteur. Dans le cas de ce film nous sommes face à la catégorie 2 et ce n’est pas forcément la plus brillante. Le jugement peut paraître un peu violent, mais quand on voit ce que Adam Sandler est capable de faire sous la houlette d’un véritable directeur d’acteurs et que l’on voit une fois de plus ici qu’il répète les grosses ficelles de certaines comédies, on s’inquiète pour lui. Il faut être honnête, That’s My Boy offre exactement ce que l’on attend de lui, un divertissement gentiment bad de plafond et avec une avalanche de caméos de stars rendant l’ensemble digne d’un plaisir coupable accompli lors d’un week-end pluvieux. Il n’y a donc pas tromperie sur la marchandise, là où l’on peut s’interroger par contre est dans la mécanique créative même de ce film. Daté, archaïque et pire encore donnant parfois l’impression de tourner en rond. Oui, c’est un peu comme si l’on était en face d’un acteur se persuadant lui-même que ce qu’il fait, dit ou joue est drôle, mais que dans le fond la seule chose transparaissant de lui reste qu’il n’y croie plus une seule seconde.

 

Et c’est ce qui rend du coup le film aussi boiteux que fascinant dans son jusqu’au-boutisme pour s’auto persuader de sa drôlerie. Tout est en roue libre, les caméos s’enchaînent parfois sans qu’on est eu la chance de les voir venir et l’humour laisse bien souvent pantois. Vulgaire, le mot reviendra souvent sur le devant de la scène, mais là encore ce statu quo est assumé de bout en bout donc mieux vaut ne pas tirer sur l’ambulance, mais peut-être pouvons nous réserver un tir de sommation pour le scénario.  Est-ce que l’humour gras est le meilleur palliatif pour faire oublier les trous d’un script, ces moments de flottements et les aléas de mise en scène ? Je ne sais pas, mais l’équipe de production semble penser que oui. Résultat le film enchaîne les gags les plus graveleux possible les uns à la suite des autres en se moquant de façon assez complaisante de la continuité narrative. Pour le peu que celle-ci est présente d’ailleurs à l’écran est-ce bien grave ? Une fois de plus mon esprit s’interroge. Adam Sandler est en passe de devenir au comique gras US ce que Bruce Willis est au cinéma d’action, une sorte de relique qui survit en reposant sur des mécanismes datés. C’est triste et d’une certaine façon il devient de plus en plus évident que la machine commence à se gripper.

 

That’s my Boy est comme un menu maxi best-of de l’humour mode SNL. C’est hardcore, un poil vulgaire et au final cela donne exactement ce que le public attend. Mais est-ce suffisant pour réussir à laisser une trace ? Pas une seconde, le fait qu’il n’y est pas de scénario solide  et surtout de pas de mise en scène mémorable fini d’enterrer encore plus le film. Le constat en bout de courses est assez déficitaire en terme de crédibilité et d’intérêt. Fut une époque où Adam Sandler prenait plus de risques dans le domaine de la comédie, mais surtout fut un temps où la finesse de l’écriture et sa mise en avant personnel semblait avoir plus d’importance à ses yeux. Désormais ces choses font visiblement partie d’un passé très lointain le concernant et la seule chose qu’il puisse nous donner en pâture en attendant mieux est le même spectacle déjà vu et revu 1000 fois pendant sa carrière. That’s my boy ne dépasse jamais le stade du divertissement gras à voir lors d’un dimanche pluvieux. Mais beaucoup risquent de n’y voir qu’une seule et unique chose dans le fond…un profond navet. La vérité est qu’il n’auront pas forcément tort…

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