Critiques de films

[Critique] Blind Alley- Critique du film

Blind Alley est l’archétype du film que j’avais décidé de découvrir en aveugle. J’avais vaguement lu le synopsis et je savais qu’à l’origine, il aurait dû être un épisode non tourné de la série « Master of Horrors ». Jusque-là, nous dirons qu’il avait donc de quoi satisfaire mes attentes. Mais à vrai dire, je ne m’attendais pas vraiment à ce qui allait me tomber sur le coin du nez. Inutile de tourner autour du pot, il n’y aura pas vraiment de demie mesure ( bien que j’ai un peu le cul entre deux chaises…paradoxe) en ce qui concerne Blind Alley, soit on aime…soit on déteste. En effet pris sous l’angle de n’être qu’un épisode de Master Of Horrors ont peut arriver à tolérer certaines errances ou effets de styles faciles. On se dit que cela va de pair avec le format et la fougue des jeunes réalisateurs. Le genre de ceux qui parfois veulent trop en mettre…en très peu de temps. Puis il y a l’autre angle, celui où le film existe tout simplement en tant que film. C’est ici que la machinerie commence un peu à prendre du plomb dans l’aile.

Le gros problème de Blind Alley est que comme beaucoup de premiers films de genre, le réalisateur aux commandes se montre esclave de ses références. Il connaît la cinématographie de ses prédécesseurs sur le bout des doigts et tout comme bon nombre d’autres avants lui recrachent cette dernière avec une ferveur et une application parfois un peu trop sage. Les plans sont ultra bien pensé, mais ne réussissent jamais vraiment à se draper dans le costume de l’originalité. Jonglant d’un style à l’autre et amenant des twists pas toujours très fins, le film peine à garder un cap correct et juste par moment à trouver une consistance. À force de vouloir déstabiliser le spectateur, le réalisateur se retrouve lui-même quelque peu prisonnier de sa mécanique de fausse piste. Puis arrive le coup de massue, la révélation de fin et là c’est alors que le film en grande partie s’effondre dans le risible. L’équilibre était déjà instable et il n’en fallait pas vraiment plus pour le balayer. Blind Alley est une victime collatérale au final de l’amour de son réalisateur pour le cinéma de genre d’antan. Le film à force de singer l’identité des autres,ne trouve jamais vraiment la sienne.

Initialement prévu pour être un véhicule pour Guillermo Del Toro je ne sais pas si même entre ses mains le projet aurait eu la chance de trouver un second souffle. Le film tentant désespérément de caser trop de sujets en 1 heure 15, finit par ne pas réussir à aller au bout d’un seul. Sombrant assez vite dans l’excès et devenant du coup risible alors que les prémices laissaient présager d’autres choses, Blind Alley rate le coche de la catégorie bon film. Il reste au contraire dans le néon lumineux de la catégorie série B mode plaisir coupable. Une situation rageuse quand on se dit qu’avec un peu plus de travail de finitions et plus de temps de métrage, le film aurait pu être bien meilleur. Une légère déception et au final un film qui ne laissera pas une trace indélébile dans la future carrière de son réalisateur.

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