Critiques de films

[Critique] Blanche neige et le chasseur – Critique du film

L’héroic Fantasy est un domaine où la plus brillante des idées peut très vite se transformer en catastrophe ambulante si derrière elle ne se trouve pas un scénario un tant soit peu solide. Dans le cadre de ce blanche neige, je dois bien reconnaître que voir l’histoire de base être refaite en mode plus sombre et plus réaliste d’une certaine façon me plaisait bien. Le problème est qu’au-delà des trailers attrayants, la réalité est pour ainsi dire moins belle. Oui le film en lui-même est distrayant, mais il souffre de deux défauts majeurs et qui d’une certaine façon le tue sur place, son manque d’enjeux au-delà de cet épisode d’expositions et surtout ce côté déjà vu à tous les étages. Pire encore on pourrait rajouter un dernier point critique : un manque absolu de souffle épique. Le pire étant que tous les éléments sont là, mais le scénario ne fait à chaque fois qu’effleurer le potentiel de ces derniers. Créant ainsi une magnifique sensation de frustration en bout de course. Blanche neige est un one shot de luxe qui aurait pu être tellement mieux.

Il aurait juste fallu dans un premier temps que le scénario aille au-delà de l’aspect si classique et redondant de la présentation des personnages. Le chasseur est Han Solo, la princesse est une version de Leia, William l’amoureux transi est une sorte de Luke Skywalker en devenir…Inutile de chercher ce n’est pas dans la caractérisation des personnages que vous aurez le plaisir d’être surpris. Charlize Theron dans le rôle de la démoniaque sorcière se fait plaisir comme un Johnny Depp dans les pirates, elle cabotine à mort. Cela passe bien pendant quelque temps puis arrive cet instant où l’on se dit qu’au-delà du gimmick et du hurlement, cela ne va pas forcément bien loin. Un constat à l’image du film entier qui se veut gigantesque de par son royaume, son univers…mais donne très souvent l’impression de se confiner ( pour des raisons de budgets ?) à quelques régions inintéressantes. Les plus belles comme cette forêt sombre et ses habitants n’étant que sous exploité. Pire encore le film par manque d’inspirations pompe allégrement des passages de films Ghibli pensants rendre hommage. La frontière entre les deux étant parfois bien fines. Le réalisateur semble et c’est tout à son honneur amoureux de son sujet, ses références sont intéressantes, mais l’absence de lien solide dans le scénario entre chacune d’elle fait que la mayonnaise ne prend pas vraiment.

Chris Hemsworth dans le rôle du chasseur hérite d’un personnage assez unidimensionnel. Ce héros ne dépasse jamais vraiment le stade de garde du corps au grand cœur et la relation qu’il développe avec la princesse a du coup un peu de mal à prendre racine dans l’inconscient du spectateur. La princesse, animé par le profond et brillant jeu de sourcils de Kristen Stewart hérite de son minimalisme absolu dans l’art de faire passer une émotion. Que ce soit pour la tristesse, la colère, la peine, la frontière entre toutes ces émotions est tellement minime que le spectateur se perd en conjecture à vouloir déterminer ce qu’elle essaye de dire. Du coup on décroche et son personnage n’étant déjà pas forcément bien écrit, la lassitude finit de faire vaciller le potentiel d’adhésion du spectateur. Et c’est d’autant plus triste que dans l’ensemble ce film avait tout pour lui. Mais en fin de course, on ne peut que s’étonner devant le manque d’ambitions assez effrayant dont il fait preuve. Schématique dans son écriture, assez pingre en grandeur au niveau de l’image ce Blanche neige et le chasseur est un produit au final assez bâtard. Ce qui amène à s’interroger sur la suite. Le studio ayant déjà fait une demande de suite et le scénario laissant la porte ouverte à la continuation de l’histoire du trio…on peut se demander vers quoi va aller le film ?

Les fondations du royaume sur lequel repose cette saga sont fines, voir inexistantes dans la façon dont le scénariste les met en avant. Il entrouvre 1000 portes pour les refermer aussi vite. La plupart du temps ces derrières débouchant sur des choses inintéressantes. Le plus gros souci du coup est que lorsque la fin du film arrive, on se rend à l’évidence que ce dernier se suffit à lui-même et qu’un 2e à part si d’énormes changements était fait…ne servirait à strictement rien. Blanche neige et le chasseur ou le reboot qui lave plus blanc que blanc toutes traces d’originalité. Dommage.

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