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[Critique] Adaline-Lee Toland Krieger-Critique du film

Age of Adaline de Lee Toland Krieger est un des ces films dont je n’attendais rien du tout. C’est peut-être d’ailleurs au final ce qui rend la découverte et la surprise qui va avec encore meilleure. En effet Age of Adaline un film délicieux a plus d’un titre. On pourrait le comparer à tort à une version féminine de Benjamin Button, mais ce serait passer à côté du film. Age of Adaline de Lee Toland Krieger n’a pas forcément grand-chose à voir avec le film de Brad Pitt au-delà du thème central du héros/héroïne vivant en parallèle des vivants de par sa « différence ». Mais dans le cas d’Adaline, le film se borne à respecter un cadre défini, celui de la romance old school. Oui, il est évident que l’originalité renversante du film n’est pas ce qui saute aux yeux. L’histoire est commune et ne surprendra pas forcément sur le fond, mais c’est dans sa forme qu’ Age of Adaline de Lee Toland Krieger se sépare de la concurrence en développant quelque chose de différent qui manque souvent à ce genre de films : un charme, une atmosphère et un style désuet qui attrape le spectateur au vol pour ne plus le lâcher. Une fois que l’on est pris dans les bras d’Adaline, c’est un peu comme être le prisonnier d’une sirène, on se tait et l’on écoute.

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Age of Adaline de Lee Toland Krieger doit son succès à une actrice qui pour moi jusque-là n’était pas forcément dans la catégorie des plus étonnantes: Blake Lively. J’avais tort, autant être honnête. Abordant le rôle d’Adaline tout en retenue, elle traverse le film ainsi que les âges avec une beauté et un charme assez déstabilisant. Le mal-être du personnage se construit sur des petits riens dont on n’imagine la lourdeur qu’en se rendant compte que ces derniers durent depuis…une centaine d’années. La base du film est l’histoire d’une femme vivant une vie qui n’est pas la sienne et se refusant d’aimer. Son cadeau est sa malédiction, vivre et voir mourir les gens autour de soi, se refuser d’aimer pour ne pas souffrir et faire souffrir. Il y a quelque chose de complètement tragique dans son personnage et encore une fois, là où je pensais voir à tort, Blake Lively s’écrouler en vol, c’est tout le contraire qui se produit. D’une époque à l’autre, la romance qui ne cesse d’effleurer son personnage au travers des hommes qu’elle rencontre trouve un écrin parfait dans la façon dont elle retransmet cette myriade de petits sentiments qui se télescopent. Le tout jusqu’à l’entrée en scène d’Harrison Ford et d’un retournement de situations ouvrant une porte plus mélodramatique que d’habitude au film. Age of Adaline de Lee Toland Krieger partira peut-être dès lors vers quelque chose de plus convenu pour certains, mais est-ce un véritable défaut ? Pas dans le cadre de l’histoire, ni de la réalisation.

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C’est bel et bien au travers de cette dernière qu’ Age of Adaline de Lee Toland Krieger réussit à se tenir la tête hors de l’eau, pas de blague aux kilomètres, ni de sidekicks aux péripéties mécaniques. Le film garde son cap en mettant le focus sur Adaline et les hommes de sa vie. Voyageant d’une époque à l’autre, les pièces du puzzle de sa vie s’entrechoquent, se heurtent, se croisent, se manquent. Il y a quelque chose d’humain, voir même touchant dans certains de ses coups du sort et le réalisateur ne perd jamais de vue que la beauté renversante d’Adaline est le cœur du film. Il magnifie Adaline d’un plan à l’autre, cœur du film aussi bien d’un point de vue visuel que narratif, Blake Lively porte l’histoire de cette femme du début à la fin avec une force que je ne lui connaissais pas. En bout de course, on se laisse aller, tout comme l’héroïne on prend le temps de savourer ce qui nous arrive et l’on prend Age Of Adaline pour ce qu’il est : une comédie romantique à l’ancienne en dehors des canons hollywoodiens. Age of Adaline de Lee Toland Krieger dégage une classe folle qui n’a d’égal que le charme communicatif dont Blake Lively inonde l’écran. Je n’en attendais strictement rien et au final j’en ressors totalement sous le charme. Une très jolie surprise.

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