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[Critique] Black or White- Kevin Costner- Critique du film

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Quand il ne cachetonne pas dans des productions comme 3 Days To Kill, Kevin Costner produit des films où il joue et dont personne ne veut vraiment. Black or White en est un bon exemple. Est-ce que le film est un grand film? Non, un mauvais film pour autant? Non plus. Black or White est un petit drama aussi classique sur le fond que la forme qui prend son temps pour traiter d’un problème qui malheureusement n’est que trop d’actualité en ce moment chez l’oncle Sam, la mixité et la place des noirs dans cette société US qui a du mal avec eux malgré ses grands airs. Est-ce que Black or White tombe dans la piège d’un militantisme pompeux? Pas le moins du monde et c’est bien en cela que le film tire son épingle du jeu. Il  n’y a pas de juste milieu, juste des frontières que l’on a peur ou non de dépasser. D’un côté comme de l’autre (blanc et noir), Black or White présente une galerie de personnages qui sont loin d’être parfaits. C’est ce qui la plupart du temps les rend d’ailleurs aussi attachants.

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Reposant sur la place dans la société d’une petite fille métisse et de deux familles se disputant sa garde, Black Or White dresse le portrait d’une Amérique qui se repose sur ses préjugés. Chaque camp vivant dans une vision fantasmé de l’autre. Ce a tort où à raison. Kevin Costner en vieux Wasp blanc pourrait à première vue paraître comme antipathique et pourtant, le script prend le temps de lui laisser l’opportunité d’exister et de grandir en s’ouvrant aux autres. Se confronter à des cultures différentes c’est apprendre à grandir en se nourrissant de ce qu’elles ont à offrir. Rester sur soi, ses acquis, ses peurs ou autres, c’est mourir à petits feux. Pris dans le feu de la haine animant ces deux familles, le film essaye d’avoir une presque vocation sociale. On pourra déplorer certaines facilités, mais il faut aussi reconnaître une certaine forme de prise de risques. Celle d’aller à contre-courant, certes il y a des mauvais côtés dans les deux camps. Mais pour une fois le casting noir majoritaire du film est montré sous un angle des plus positifs. Le Ghetto n’est pas un lieu équivalent au pire coupe-gorge de laTerre. L’esprit de communauté et d’envie de s’en sortir reste fort et pour une fois cela change dans le bon sens.

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Ce qui aide le film à ne pas tomber justement trop dans la caricature. Mais, malgré le talent de Kevin Costner comme acteur et une réalisation des plus correctes, Black or White est parfois prisonnier de ses ambitions et tourne un peu à vide. Tiraillé entre la comédie douce amère et la volonté d’approfondir une certaine forme d’étude sociale, tout ne tient pas forcément la route. Mais une fois de plus, comme beaucoup d’autres grands acteurs avant lui, c’est la présence de Kevin Costner qui fait que l’ensemble tient. Kevin Costner fait parti de ces acteurs qui vieillissent bien et réussissent à transmettre des émotions simples sans pour autant tomber dans l’ultra cabotinage, le syndrome Robert De Niro en gros. Loin d’être complètement irréprochable , Black Or White n’en reste pas moins intéressant de par son approche loin des gros clichés. D’un côté comme de l’autre, le film prend le temps de démontrer les forces et les faiblesses des héros de l’histoire, le terrain social dans lequel chacun évolue laisse la porte ouverte à une certaine forme d’espoirs de vie commune idéale entre noir et blancs. C’est utopique par certains aspects quand on regarde la situation aux États-Unis et le regain de tension, mais cela n’enlève pas au film un certain charme. Black or White n’est donc pas forcément le film que l’on retiendra comme incroyable sur la longueur, mais cela reste un sympathique divertissement pour l’instant présent. Au-delà, cela reste à voir…

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