Critiques de films

[Critique] Beastly- Vanessa Hudgens- Critique du film

Beastly a la réputation d’un film maudit. Le genre de ceux que l’on garde sous le coude dans les caves des sociétés de production sans jamais réussir à les sortir en salle. Est-ce que cela était justifié pour cette bluette, sorte de « La belle et la bête » version adolescente ? La réponse est malheureusement oui. Car même si la niaiserie ambiante qui s’en dégage ne m’a pas forcément déplu. Il faut bien se rendre à l’évidence concernant ce film : il n’est vraiment pas très bon. La faute à deux éléments qui le clouent au mur sans espoir de retour : le scénario qui empile les clichés comme des perles et la réalisation qui a bien du mal à s’élever au-delà de celle d’un vulgaire téléfilm du dimanche après-midi sur le cable. Mis bout à bout, cela crée une sorte de point de non-retour affectif et le spectateur finit par prendre très vite en grippe ce qui dans les mains d’un autre aurait pu être sympathique à défaut d’être original.

Beastly repose sur un postulat de départ simple. Une sorcière décide de se venger du tombeur du lycée en lui enlevant sa beauté et en lui laissant un an pour que quelqu’un l’aime pour ce qu’il est devenu. En l’occurrence un monstre difforme. Comme je le disais, ce n’est pas original pour deux sous, mais l’on a déjà vu pire. Malheureusement, le film ne prend jamais vraiment le temps de construire un terrain propice pour que l’univers dans lequel évolue les personnages soit attachant. Du coup, ces derniers évoluent sur un terrain très glissant ou tout comme eux le spectateur n’a que très peu de points d’attache. On est comme happé par une histoire se passant en mode « shuffle » où le scénariste et le réalisateur sautent d’une scène « cliché » à l’autre. On ne se fait jamais surprendre et le film se contente platement de nous offrir ce que l’on attend. Il en va de même pour les acteurs. Alex Petyfer montre une fois de plus que son jeu d’acteur est assez limité. Il a beau faire de son mieux pour donner de la consistance à son personnage, rien n’y fait. Il patauge en terrain connu. Vanessa Hudgens quant à elle se révèle être la Kathryn Heighl des comédies romantiques pour ados. Elle est condamnée à toujours faire encore et encore le rôle de l’adolescente rêveuse et touchante. Une fois cela passe encore, mais avec le temps l’ennui gagne.

Ce qui est dommage vu qu’elle n’est pas forcément mauvaise dans ce rôle. Mais de par la faiblesse du script, elle se retrouve incapable de démontrer quoi que ce soit. Tout comme Neil Patrick Harris, qui dans le rôle du tuteur aveugle, fait Office de second rôle de luxe, plus présent pour payer ses impôts qu’autre chose. Beastly rejoint très vite la cohorte de films pour ados faits un peu à la va-vite et dont les producteurs finissent par ne plus quoi savoir en faire. Mais au final, est-ce que je déteste totalement le film ? Pour être honnête et en enlevant la casquette cinéphile pour reprendre juste celle de spectateur, pas forcément. Oui, c’est affreusement niais. En même temps, c’est pour cela que je voulais le voir donc bon… Oui ce n’est pas forcément bien mis en scène. Mais l’on peut passer au-delà de cela vu que l’on ne le regarde pas pour s’en souvenir ad vitam æternam. On regrette juste que les producteurs ne prennent jamais le temps de tenter de surprendre. Avant même d’avoir vu le film, les spectateurs savent ce qui les attend et l’on passe la durée du film en pilote automatique.

Symptomatique du manque d’audace dans le domaine de la création des films pour ados, Beastly apparaît comme un condensé de junk food cinématographique. Vu de l’extérieur, tout est fait pour mettre en avant correctement les éléments, mais c’est une fois en bouche que le piège se referme sur vous. On s’est fait avoir, le goût n’est pas terrible. Mais l’on se prend à continuer de mâcher en espérant que la digestion soit rapide. Force est de constater que l’impression de lourdeur n’est que temporaire, mais que l’effet secondaire inattendu allant de pair avec est la perte de souvenirs. Oui Beastly est un effaceur de souvenirs. À peine partie de la salle, on en oublie déjà une grande partie. C’est de la junk à consommation immédiate et qui ne laisse pas de traces. Une technique de production qui se répand bien trop souvent désormais. Jusqu’à quand le public continuera-t-il de digérer avant de vomir ? Tel est la question.

No Comments

Leave a Reply