Critiques de films

[Critique] Battle of the Year- Critique du film

Battle Of the Year, tenue chaque année en France, est certainement la plus grande compétition mondiale de Break Dance, seulement aucune équipe américaine n’a gagné depuis 15 ans. Dante, un des meilleurs danseurs de Californie, compte bien faire remonter le pays initiateur du Hip Hop sur la première marche du podium. Avec l’aide de Blake, un ancien coach de Basket-ball, ils vont monter une équipe composée des meilleurs danseurs du pays, convaincus de pouvoir en faire des champions.

De nos jours faire un film de danse urbaine, demande un minimum de talents et de connaissances sur le domaine. Mais surtout, cela demande un énorme brin de folie. Le meilleur exemple dans le domaine reste « Step Up 3d » qui mariait aussi bien l’aspect créatif que commercial dans un ensemble cohérent et diablement fun. Les personnages étaient certes clichés, mais l’inventivité du reste du film et la mis en scène sauvait le navire. Est-ce qu’il en sera de même avec ce « battle of the year »? La réponse est non, laissant de côté la créativité et les idées au profit du cliché, le film choisit dès le début son camp: celui de n’être rien de plus qu’un simple téléfilm. Conscient de son manque d’ambition, il se cantonne à ce rang et d’une certaine façon le fait plutôt bien en respectant à la lettre chacun des codes du domaine. Du coup on ne passe pas le pire moment de la Terre, mais inutile de chercher la moindre parcelle d’originalité dans l’ensemble. Vous n’en trouverez pas une seule goutte.

Et même si l’espace d’un instant l’espoir de voir quelque chose de bien s’immisce dans votre esprit, la présence de Chris Brown au casting viendra vous faire oublier cette idée au demeurant très naïve. Oui non content de faire de la soupe au niveau musicale, le monsieur s’avère être un piètre acteur. Le réalisateur ne fait strictement rien pour « le sauver », chacun des plans où il apparaît détruit son image et son charisme. La mise en valeur de son corps ( élément majeur) pour un danseur est tout sauf à son avantage, maigrichon, bardé de tatouages et doté d’une tête à claques, cette impression ne fait que se décupler dès qu’il parle. Les dialogues pour le moins ridicules du film enterrent les performances de chacun des acteurs. C’est un peu comme si l’on feuilletait l’abécédaire des clichés dans un film de danse, le tout dans la bible universelle du mauvais scénariste hollywoodien. Le résultat est imparable, l’uppercut total et le spectateur se retrouve à regarder le spectacle avec un air semi-comateux pour le moins dangereux.L’intégralité des autres personnages ne sont pas à une meilleure enseigne, il faut bien le reconnaître. La délocalisation en France pour le dernier acte du film et la « battle of the year » se focalise sur ce qui est au final le plus cuisant aveu d’échec du film.

Battle-of-the-Year-Wallpaper-battle-of-the-year-

Dans n’importe quel autre produit de ce type, ce dernier acte serait le paroxysme de l’histoire, le moment où l’on connaît chacun des membres de l’équipe, que l’on éprouve une sorte d’affection, mais c’est aussi surtout le moment où l’on attend avec impatience l’affrontement. Le point névralgique de l’histoire où la compétition prend son sens et que les ennemies sur le dance floor ne sont pas les pires inconnus de la terre pour nous. Battle of The year en arrivant à ce point s’écroule littéralement sur lui-même en ne laissant aucun doute sur son état de mort cérébrale. Vide d’ambitions, le film se contente alors de donner aux spectateurs le minimum syndical et exactement ce qu’il attend. Téléfilm ultra basique arrivant par je ne sais quel miracle sur les écrans de cinéma « Battle of the year » est une énigme qui restera, je le pense, encore de nombreuses années sans réponses. À éviter.

No Comments

Leave a Reply