Critiques de films

[Critique] Battle Los Angeles-Jonathan Liebesman- Critique du film

Synopsis : Au camp Pendleton, base militaire située à proximité de Los Angeles, un groupe de Marines, dirigé par le sergent Michael Nantz, est appelé à riposter immédiatement à l’une des nombreuses attaques qui touchent les littoraux à travers le monde. Le sergent Nantz et ses hommes vont mener une bataille acharnée contre un ennemi mystérieux qui est déterminé à s’emparer de l’approvisionnement en eau et à détruire tout sur son passage.

Le film de Jonathan Liebesman est un paradoxe. Une œuvre profondément navrante si on la prend au 1er degré et tout simplement jouissive de bêtise si on décide au contraire de la regarder au 25e degré. Je suis conscient que cela ne sera pas évident pour tout le monde et que très vite pour beaucoup le rejet va être massif. Mais malgré tout, perdu au milieu d’un torrent de patriotisme gerbant, Battle Los Angeles réussit à être assez drôle par moments. Pas pour les bonnes raisons certes, mais drôle quand même. Ces dernières années la position de l’armée dans les films US a pris une tournure particulière, il devient difficile de se moquer d’eux. Les raisons sont multiples, mais celle tenant le haut du pavé tient dans le fait qu’on ne peut pas se moquer d’hommes défendant le drapeau. Les Américains ont perdu trop de mondes dans des conflits divers. L’image du soldat se doit donc d’être patriotique, héroïque. Puis vient le fait que l’armée américaine ne prête pas son matériel et ses hommes pour se faire ridiculiser à l’écran. Le pacte est tacite. Ils aident, mais en contrepartie, ils attendent d’être mis en avant comme des héros. Transformers 2 et plein d’autres films souffraient de ce problème et Battle Los Angeles n’échappe pas à la règle. Le hic est que là où Transformers 2 par exemple, faisait dans le côté pub inodore à la Top Gun, Batlle lui ajoute l’élément qui tue : les longs dialogues patriotiques totalement idiots. Non contents d’être clichés, ils sont aussi foutrement nauséeux par moments.

Et c’est ici que le film devient pervers. Tout comme Black Hawk Down dont le film se revendique un peu, Jonathan Liebesman met en place une sorte de brulot patriotique comptant sur la maestria de ces séquences d’actions pour faire passer la pilule un peu propagandiste par moments. Les héros du film ne sont pas des héros au sens dramatiques. Ce sont des clichés assimilables rapidement par le spectateur une fois sur le terrain. L’idée n’est pas de les laisser se développer sous nos yeux non…il faut les caractériser vaguement au mieux, les envoyer au feu, les voir mourir ou survivre et supporter les dialogues d’une bêtise crasse qu’ils débitent. Mais c’est justement le 1er degré de ces séquences qui contre toute attente confère à Battle Los Angeles une aura étrange. Ce film compte quelques séquences d’actions plutôt bonnes ( l’autoroute par exemple), mais cela n’enlève  rien au fait que c’est un des nanars les plus lourdauds qui soit de l’année.

Exemple parfait d’une terraformisation de l’esprit du spectateur Battle Los Angeles me fait un peu penser à une gigantesque pub pour l’armée. Le tout mis sous couvert d’un gros film d’action, le tout pour endormir la vigilance du spectateur. Cela peut marcher ( parfois), mais difficile d’être sous le charme longtemps. Battle Los Angeles est un ovni de plus dans la production US. Un de ces films qui se prend les pieds dans le tapis confondant patriotisme et divertissement. Amenant le spectateur à ne plus avoir qu’une seule option possible face à ce bazar : le rejet ! Car c’est bel et bien ce que le spectateur non américain fera. Le tout en NE pouvant s’empêcher de rire face à la bêtise de l’ensemble. Dans une ère telle que la nôtre, c’est à la fois amusant et consternant ( tout dépend de votre humeur) de voir que de tels films existent. Battle Los Angeles est très divertissant et malheureusement tout aussi puant sur le film. Un paradoxe et un exemple parfait de ce que Hollywood peut engendrer comme film bâtard parfois. L’ultra patriotisme est une tare qui en Battle Los Angeles a trouvé son écrin. Dommage tout aurait pu être si différent…

No Comments

Leave a Reply