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[Critique] Avengers: age of Ultron- Critique du film

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La force et la faiblesse numéro 1 de Marvel est tout simplement d’être au sommet de la montagne, ils n’ont plus forcément grand-chose à prouver vu qu’ils dominent la concurrence. Le péché d’orgueil est une faute qui a jusqu’à l’arrivée de Daredevil sur Netflix à offert à DC l’occasion de devancer Marvel sur le domaine de la tv, mais il n’en est pas de même au cinéma. Les Avengers sont une machine de guerre. Le genre de celle qui roule selon des règles strictes ayant fait sa gloire. Le premier du nom était efficace, mais vieillit mal. Le second aura la même vieillesse même si il faut le reconnaître, il alterne la roue libre et les très bonnes idées. Car oui autant être honnête dès le départ, Avengers : age of Ultron souffre en partie du syndrome Iron Man 3, celui que je vais nommer le Yolo….Syndrome qui fait que les scénaristes utilisent des personnages mythiques…comme des seconds rôles ou des figurants. Le mandarin en était un bon exemple, Von Strucker et tout ce qu’il représente pour Hydra ici en est un autre. Mais surtout et c’est là qu’est le problème du film…Ultron en lui-même n’est rien d’autre qu’un méchant digne des James Bond d’antan. Caricatural et grand-guignolesque, il n’existe que grâce à la voix incroyable de James Spader qui pourrait lire le bottin et être génial. Sans lui et avec justement la voix d’un autre acteur Ultron apparaîtrait pour ce qu’il est dans ce film…un sale gosse au final pas forcément passionnant. Le grand méchant du film est comme beaucoup d’autres personnages assez fin en termes d’épaisseurs quand on y regarde de plus près.

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Avengers : Age Of Ultron est un film bizarre. Une œuvre qui donne surtout l’impression que Joss Wheddon en a quelque peu marre de Marvel. Certes son sens du second degré dans les dialogues brille à tous les étages…mais c’est dans l’architecture même du scénario que les problèmes commencent à s’empiler en pagaille et que Joss Wheddon que l’on a connu plus brillant que cela pour créer un univers semble ne plus savoir comment faire avec tout ce qu’on lui met à ses pieds. Est-ce que Avengers : Age of Ultron tease Civil War. Certains diront oui…j’ai envie de dire que le peu offert en pâtures aux fans a des allures de sushis miséreux. Oui, l’opposition entre Captain America et Iron Man se dessine, mais au-delà de la grande scène à la ferme où la tension monte entre les deux et que le dialogue est bon, le reste paraît assez « facile », cela s’engueule, se tire dessus, se reprend, refont équipe…et en bout de course on ne frémit jamais vu que tout semble prévisible et surtout déjà vu dans le cas d’Iron Man sur le dernier acte. Pire encore et c’est là que se pose l’un des problèmes majeurs du film…il est à deux doigts de faire comme si les événements de Captain America Winter Soldier…n’avait pas d’importance…Que ce soit pour Nick Fury et Falcon ou par extensions Captain America, les enjeux présents à la fin de Winter Soldier ( fury partant eu Europe…) tout cela reste sans véritables réponses. Mais là aussi en remettant ouvertement et comme si de rien n’était un gros élément appartenant au Shield à la fin du film…Avengers : age of Ultron semble littéralement oublier ce que Marvel crée sur le petit écran avec cette guerre entre les deux factions du Shield. Un lien rapide est fait entre les deux via un dialogue de Fury…mais si l’on ne connaît pas la série, la chose apparaît comme anecdotique et presque contre productive.

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Un peu comme la présence de Fury ou Thor d’ailleurs qui ne sont que des ustensiles pour faire avancer l’histoire, et ce de la façon la plus schématique possible. Vous savez cette vieille excuse du personnage disant « oh il faut que j’aille là pour trouver quelque chose et disparaît pendant 20 minutes et revient en mode tadaaaaa !!! avec ladite réponse, sans plus d’explications et d’ambitions que de devoir faire avancer plus vite l’histoire. C’est le cas de Fury à la fin ( connexion avec agents of shield) et Thor ( connexion avec Vision). Les deux personnages font de la présence sans jamais qu’à aucun moment l’histoire de Thor par exemple et du pseudo teasing pourThor 3 ne soit cohérente ou même intéressante. Les scénaristes jettent des tonnes de pistes en l’air…et passent illico à autre chose. L’abondance de personnages n’aide pas non plus. Et Tony Stark se retrouve du coup à mi-chemin entre l’inutile et la redite par rapport à Avengers 1. Que ce soit dans la création d’Ultron…qui témoigne d’une bêtise évidente du personnage…utilisons une technologie Hydra sans se poser trop de questions hein…ou bien du teasing sur son futur…rien ne tient vraiment longtemps la route si l’on s’y attarde. Oui, le charme de Robert Downey Jr sauve encore les meubles, mais là aussi, même lui semble montrer des signes de lassitudes…ou alors de dépit quand à la solidité de son rôle sur le papier. Lui et Ultron sont le miroir l’un de l’autre, le père et le fils…deux sales gosses certains de vouloir sauver le monde…mais dont les contours dans un cas comme dans l’autre manquent terriblement de finesse. La fameuse noirceur de l’ensemble a parfois des allures d’opérettes. Mais tout n’est pas forcément désastreux dans le film, car au milieu de cette série de choses agaçante résident des belles choses. La première est Hawkeye qui voit enfin son personnage prendre de l’épaisseur « humaine », loin des tourments des autres membres des Avengers, la façon dont le scénario l’humanise en fait presque un personnage digne des vieux Western, le héros américain à l’ancienne. La facette mise en avant ici n’était pas celle que j’attendais, mais elle fonctionne vraiment bien. Tout comme la romance entre Hulk et Black Widow. On se plait à imaginer ce que pourrait donner un film se recentrant uniquement sur eux deux. La façon dont le personnage de Black Widow apparaît ici donne naissance à quelque chose de touchant. Les deux personnages les plus badass de l’équipe apparaissant comme deux adolescents maladroits et touchants ayant un mal de chien à assumer leurs sentiments. Un beau contrepied que le film traite avec finesse. Pas assez longtemps malheureusement, mais quand c’est le cas cela fonctionne.

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Et vient enfin le cas des jumeaux Maximoff. Joss Wheddon est clairement sous le charme de Scarlett Witch et il la bichonne, le personnage est à la fois aussi humain que flippant dans la façon dont elle utilise ses pouvoirs. C’est par elle que la fissure dans l’équipe se met en place, elle est la seule personne capable de mettre au tapis quasi toute l’équipe…sauf un. Mais là où le film se plante encore une fois est que justement l’équilibre des jumeaux tient dans la façon dont les deux sont égalitaires en termes de rapports…et malheureusement entre la version de Quicksilver du dernier X-Men et celle de ce Avengers : Age of Ultron, il n’y a pas photo, celle des X-Men gagne par Ko. Le quicksilver d’Avengers est un second rôle…un speedster de luxe, mais qui se fait cannibaliser tout les sunlights par sa sœur. Et quand vient la fin, on ne peut s’empêcher de dire « tout cela pour ça», son alter ego des X-Men avait certes moins de temps de présence, mais avait au moins une scène majeure et volait la vedette aux grands rôles du film. Ce n’est jamais le cas ici et c’est un sacré gâchis. Et vient Vision…une jolie réussite assez poétique, mais pas forcément novatrice sur la longueur.

Quant à Black Panther le teasing sur l’univers de ce personnage est tellement succinct qu’il reste difficile de se rassasier avec ce que l’on nous offre. Avengers : age of Ultron apparaît comme un film dont l’ambition est dévorante et qui possède de belles fulgurances, la séquence d’intro en est la preuve. Le problème est que par la suite la fureur des explosions et des enjeux pas toujours très solide ne suffit pas à cacher le sentiment de redite ou de roue libre qui peut parfois nous prendre à la gorge en regardant le film. Avengers : age of Ultron n’est pas mauvais, loin de là, il y a de l’humour, de l’action et beaucoup ( parfois trop de fan service), mais il y a aussi parfois trop de facilités. Le genre de celle qui mise les unes à la suite des autres deviennent trop grandes pour les oublier. Avengers : age of Ultron est un blockbuster calibré ( parfois trop) dont la plus grande faiblesse est dans le fond de manquer de folie. Remplir un cahier des charges n’est pas tout sans une âme un film n’est rien. Et à la différence de Vision dans le film…le film manque parfois cruellement de ce petit supplément d’âmes qui le ferait se différencier de la masse. Le coup de grâce arrivant clairement dans la scène postgénérique qui apparaît comme un aveu de « cela s’est fait ». Satisfait en partie et très mitigé sur d’autres. Dommage…

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