Critiques de films

[Critique] The Apparition- Ashley Greene- Critique du film

Des étudiants mènent une expérience scientifique tendant à prouver que les manifestations paranormales sont l’œuvre de l’esprit humain. Leur théorie va être confirmée quand ils créent d’eux-mêmes un esprit particulièrement violent, qui va dès lors terroriser un jeune couple.

The apparition où le fonde l’horreur. Hollywood est-elle en passe de toucher le fond de son imaginaire ou de ses névroses quand on en vient au domaine de l’horreur ? La réponse qui me vient à l’esprit avoisine le oui le plus complet. En effet avec le temps, les films officiants dans ce genre ont la fâcheuse tendance à se cannibaliser les uns les autres, répétant advitam eternam les mêmes recettes et visant toujours le même public. Sans jamais vouloir varier l’approche. Frontale, mécanique et de ce fait de plus en plus terriblement répétitive, Hollywood ressort encore et toujours le même menu. The Apparition n’échappe pas à la règle et offre comme seule et unique variante le fait de mélanger tous les films connus de ces dernières années en une énorme bouillie assez indigeste, il y a du The Ring, beaucoup de Paranormal Activity et pas mal de mauvais goût. Ce qui en soit est assez courant dans le genre à Hollywood. Oui The Apparition ne fait pas le moindre effort pour apporter quoi que ce soit de nouveau, tapant dans les moins d’une heure 20 avant le générique de fin, le film laisse d’emblée planer un doute sur sa qualité. Les craintes que l’on pouvait avoir finissent alors très vite par se matérialiser devant nous comme le pire des fantômes qui soit. Oui le film est diablement mauvais, pire encore, il est tout simplement soporifique de par son approche incohérente et prenant un malin plaisir à tout faire…sauf peur. Plutôt ennuyeux dirons nous…

Les fantômes sont un sujet d’expérimentations narratives inépuisables. Encore faut-il faire l’effort de tenter de développer justement un filet narratif cohérent et un tant soit peu passionnant autour de ce sujet. The apparition de son côté brode. Oui le terme est à première vue méchant, mais malheureusement réaliste quand on y pense. Bâti sur un postulat de base assez classique ( une expérience tournant mal et ouvrant la porte de notre monde à une entité démoniaque…) le film aurait pu aller au-delà de son classicisme pour développer un magnifique terrain d’expérimentation. À défaut d’être un grand film, il y avait la place pour un exercice de style assez correct voir plaisant. Le réalisateur tout comme les scénaristes semblent malheureusement avoir eu une vision totalement contraire de la chose. Jamais The apparition ne donne l’impression d’être un vrai film, au mieux un synopsis étiré platement en longueur et que l’on a maintenu artificiellement en vie en lui greffant de-ci de-là des parties prises dans la filmographie de tant d’autres réalisateurs. Le problème est que même si l’on n’est pas forcément connaisseur de tous les derniers films d’horreur de ces dix dernières années et que l’on peut passer à côté de cette première faiblesse narrative, il y en a quelques autres qui se montrent malheureusement fatals. Lesquels ? La première serait tout simplement l’absence de personnages humains forts, Ashley Greene en tête. Nous sommes ici devant des personnages génériques au possible dont la transparence et l’écriture faiblarde ne font qu’alourdir le ridicule à l’écran. Mais pire que tout et surtout pour ce genre de production, le film souffre de ne pas avoir un véritable méchant défini. Que l’on joue la carte de la réalité et d’une approche clinique de l’au-delà est une chose, mais il faut faire en sorte dans ce cas que l’histoire sur laquelle se développe le film repose sur autres choses que du vent. Ce qui est malheureusement le cas ici aussi bien du côté des fantômes que du réel.

Mais au-delà de toutes volontés d’analyses narratives ou juste filmique, c’est le vide absolu du film d’un point de vue juste existentiel. Enfant illégitime d’un régime créatif qui tourne de plus en plus à vide à Hollywood, le cinéma d’horreur ou d’horreur light pour ados et public pas forcément regardant sur la marchandise laisse un gout amer. Fait à la va-vite, joué sans convictions et aussi ennuyeux que bon nombre des dernières productions du genre, The Apparition n’amène rien de nouveau au genre. Totalement inodore et dispensable. Ashley Greene change d’agent où prends le temps de lire les scripts toi même!

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