Critiques de films

[Critique] Apollo 18- Gonzalo Lopez-Gallego- Critique du film

Officiellement, Apollo 17 fut le dernier voyage sur la lune organisé par la Nasa en 1972. La mission Apollo 18, « annulée pour des raisons budgétaires », a en fait eu lieu secrètement l’année suivante. Les images qui en furent rapportées, et qui ont été retrouvées révèlent une réalité que la NASA essaie de nous cacher depuis 40 ans… C’est pour ça qu’aucun autre astronaute n’y est retourné depuis cette époque. Après avoir entendu les pires horreurs sur ce film, l’idée de le découvrir ne me passionnait guère. J’y allais un peu à reculons. La recette du faux documentaire étant un peu pour moi en passe de montrer ses limites. Mais l’idée de découvrir les coulisses de cette fausse mission lunaire me plaisait bien. Est-ce que le résultat en valait la chandelle ? Dans l’ensemble, même si en soi le film est loin d’être parfait, il n’est pas aussi atroce que prévu.

Jouant sur le côté document réaliste, le film joue la carte ( à l’extrême) des documents bruts que l’on a mis bout à bout pour tenter de créer un vrai film. Dans beaucoup de cas, cela montre assez vite ses limites et ici aussi d’ailleurs dans sa première demi-heure assez lente. Mais c’est un choix de réalisation à accepter, le résultat ne se fait pas forcément ressentir immédiatement, mais l’aspect véridique aide un peu à déstabiliser le spectateur et l’ambiance quand les événements « lunaires » prennent une tournure inattendue. Oui de mon point de vue l’histoire en elle-même et la façon dont elle est racontée, n’est franchement pas mauvaise. C’est plutôt au niveau de la réalisation que le bât blesse un peu. Le réalisateur connaît ses gammes et le montre, mais il connaît aussi visiblement sur le bout des doigts les us et coutumes des clipeurs de services… Là où la tension se crée lentement, mais de façon plutôt habile, il vient parfois maladroitement la balayer à grands coups de montages cut, que l’on qualifiera de moyen un peu trop facile pour créer de la tension.

C’est pourtant dans ces petits riens que cette dernière se crée. Le mystère autour des véritables raisons du voyage se dessine assez lentement et je trouve relativement intelligent la façon dont le réalisateur met en place ce qui se passe vraiment sur la face cachée de la lune. Mais là encore, les effets de styles et les volontés narratives rentrent un peu en confrontation directe. Alors que la mise en bouche est relativement intelligente et s’appuyant sur une certaine subtilité, le final tombe légèrement dans le too much à base de plans-chocs qui bien que graphique et d’une certaine façon stressant, s’oppose à la construction qui nous a été offerte pendant le reste du métrage. La suggestion est la meilleure des armes pour créer la peur, alors quand un réalisateur semble capable de la maîtriser, pourquoi partir dans le sens inverse alors que l’on espérait mieux ? Bonne question qui ne trouvera pas vraiment de réponses.

Que reste-t-il en bout de route au regard des efforts mis en place pour créer la peur au travers de ce faux documentaire ? Difficile de tout détester sur ce scénario de fiction…car au travers de quelques mauvais points d’autres sont là pour contrebalancer le récit, principalement concernant la partie sur ce qui se passe sur la lune… On aurait voulu justement que cette partie soit plus développée et que l’on ne soit pas forcément capable de prévoir tous les événements plusieurs minutes à l’avance. Le scénario classique parfois plombé par une réalisation tombant dans la facilité, le film réserve malgré tout quelques bons moments ( trop court) sauvant l’ensemble de la catastrophe que l’on attendait. Apollo 18 n’est ni un grand film, ni une catastrophe ambulante, juste un film bancal partant d’un concept sympathique et montrant malheureusement trop vite ses limites. Le genre de ceux qui finissent perdus dans une étagère au fond d’un vidéo-club…

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