Critiques de films

[Critique] Un amour d’hiver- Akiva Goldsman- Critique du film

New York, au tout début du XXème siècle. Passé maître dans l’art du cambriolage, Peter Lake n’aurait jamais cru qu’un jour son cœur lui serait ravi par la charmante Beverly Penn. Mais leur idylle est maudite : tandis que Beverly est atteinte de tuberculose, Peter a été condamné à une mort bien plus violente par son ancien mentor, le diabolique Pearly Soames. Peter tente par tous les moyens de sauver la femme qu’il aime, à travers le temps, luttant contre les forces des ténèbres – et surtout contre Pearly qui s’acharne à vouloir l’anéantir. Désormais, Peter ne peut plus compter que sur un miracle…

Parler d’Un amour d’hiver ( Winter’s Tale) de façon simple ne va pas être évident. Pourquoi ? Face aux standards du public d’aujourd’hui et ses attentes, le film est mort né. Il n’a statistiquement pas la moindre chance d’atteindre un public jeune, celui qui paye et fait la fortune des studios. Le bouche-à-oreille sera négatif et les vannes fuseront dans tous les sens. C’est quasi écrit dans le marbre. Mais est-ce que cela veut pour autant dire qu’Un amour d’hiver ( Winter’s Tale) est un mauvais film ? Il faut être honnête, le film est bancal, bâtard, rempli d’idées au demeurant très bonnes, mais à ‘exécution sans force et pire que tout avec une absence volontaire de finesse qui va déplaire à plus d’un spectateur. Et pourtant derrière ce large amas de défauts se trouve un film que je n’arrive pas à détester. Son premier degré est à la fois sa force et sa principale faiblesse.

winter's tale

Akiva Goldsman dresse ici une fable à l’ancienne que certains qualifieront à tort de Batman et Robin de la comédie romantique comme j’ai pu lire. Oui le film laisse ce sentiment désagréable dans la bouche, celui de voir quelque chose de remonter parfois en dépit du bon sens. Une œuvre qui parfois s’engage dans des pistes sans jamais les approfondir pleinement ou nous offre des rebondissements en mode cheveux sur la soupe. C’est indigeste, frustrant et pourtant. Le choix clair et net dès le début de placer sur le devant de la scène une empreinte fantastique sur l’histoire donne à cette dernière une teneur sympathique. Akiva Goldsman ne cherche tout simplement pas à mentir sur la marchandise. Oui, Un amour d’hiver à des allures de conte de Noel de luxe. De romance pour ados ou jeune fille en fleur. Est-ce aussi présent dans le roman dont est tiré le film ? Je n’en sais rien. Le fait est qu’au-delà de ces erreurs les graines que sème cette romance donnent parfois naissance à de très beaux moments ou idées dont Russell Crowe tout comme Colin Farrel se partage la paternité. Bon ou mauvais, la teneur du script qu’on leur offre n’a parfois que peu d’importances sur l’aura de ces deux acteurs. Ils savent naviguer entre les lignes du chaos d’une production et c’est grâce à eux que le film évite un naufrage trop biblique.

Akiva Goldsman voulait vendre du rêve et dresser devant les yeux du spectateur un spectacle pas comme les autres. Une romance à l’ancienne ou le cadre du réel est aboli par les lois du divin. L’amour à t-il sa place entre les lois et les guerres régissant le paradis et l’enfer ? Sorte d’erreur dont aucun des deux camps ne sait contrôler le point de chute, cette dernière devient alors le cœur du film, animant les personnages et donnant à Colin Farrell l’envie d’aller de l’avant. En sa forme actuelle, « Un amour d’hiver » ( Winter’s Tale) est un patchwork d’idées qui auraient pu aboutir à quelques choses de brillants, mais n’y réussit jamais vraiment. Véritable Frankeinstein de la romance, reste à savoir si la faute incombe à un remontage en dépit du bon sens ou à une mauvaise approche de l’histoire/adaptation par Akiva Goldsman dès le départ. Mon cœur et ma raison ne cessent d’hésiter et balancer de l’un vers l’autre sans arrêt. Doté d’un casting fort reposant sur un scénario malade, Un amour d’hiver est un film qui n’est pas fait pour l’époque qui est la nôtre ni le public qui la compose. Il y a une sorte de sincérité touchante dans son approche premier degré des codes de la romance d’antan. C’est peut-être là que réside le problème, tout comme son héros, le film n’arrive pas à s’adapter à notre époque. Peut-être pour la simple qu’il n’est pas fait pour. Un projet boiteux qui restera malheureusement dans l’ombre. Dommage.

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