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[Critique] The Amazing Spiderman 2- Marc Webb- Critique du film

The Amazing Spiderman 2 est un film pour le moins étrange. N’allons pas jusqu’à dire qu’il est insupportable, car la forme est en partie là rendant du coup le voyage plus paisible, mais c’est bien sur le fond que le problème se pose. Lorsque Sony a décidé de faire un reboot de la trilogie Spiderman quelques années après celle de Raimi, j’ai dit pourquoi pas. Le 1er volet bien qu’imparfait n’était pas désagréable et laissait espérer des choses sympathiques. Le résultat qui nous est offert avec ce second volet oscille sans cesse entre les bonnes idées et le profondément grotesque. Difficile de trouver une zone à l’abri du remue-ménage qu’opère le film sur notre esprit. Le premier point particulier…est dans l’utilisation d’emblée de l’histoire des parents. L’idée est bonne et le placement dans le film aussi…le hic est que cela change totalement la perception que l’on a du précédent et l’efface même en synthétisant quasiment tout le nœud dramatique qui aurait du se trouver dans le premier et se trouve correctement synthétisé ici. La dramaturgie basique est en place, la connaissance du héros est universelle, on n’aurait même pas forcément besoin d’y revenir. Spiderman est dans la pop culture et l’inconscient collectif. Du coup les événements qui suivent valident presque comme la théorie que le premier volet se voit reléguer au rang de prologue inutile et ce 2e film se révèle être la version finale de l’ébauche qu’était le 1. Pris il y a quelques années avant que Marvel ne colonise les salles, ce 2e spiderman aurait été un blockbuster brillant capable de satisfaire les foules sans problèmes. Mais comme dit plus haut, Marvel ( version Disney) a déjà pris possession des esprits et Spiderman marche dans l’ombre de ce géant.

The Amazing Spiderman 2 rencontre un problème que Man of Steel et sa suite vont sans nul doute avoir à subir aussi, celui de vouloir créer en un film un univers cohérent là où Marvel a parfois mis six films à faire de même. Le résultat est sans appel, The Amazing Spiderman 2 part un peu dans tous les sens et bien souvent ne réussit pas à tenir les promesses qu’il met en place. Harry Osborne et son fils sont le cœur du film, là où Sam Raimi avait mis une trilogie à mettre en place le personnage du fils et du père et ainsi crédibiliser les actions du rejeton menant vers le final du 3, Webb se retrouve dans l’obligation de faire de même en un film. Chose qui malheureusement ne se fait pas sans y laisser des plumes. Tout va beaucoup trop vite et la profondeur des personnages principaux tout comme secondaires en souffre. Le rhino est anecdotique ( webb ne mentait pas sur son temps de présence), Electro souffre d’un personnage écrit en mode fanboy. On peine forcément à avoir une quelconque attache vis-à-vis de ce qu’il traverse et le passage de gentil à méchant laisse pour le moins indifférent. Mais le plus grand laisser pour compte est Harry Osborne Jr. L’approche du mal qui ronge sa famille et son héritage génétique arrive sur le devant de la scène de façon un poil illogique si l’on regarde par rapport à son père. En oubliant de jouer sur l’historique du personnage et d’approfondir sa relation avec Peter Parker, les scénaristes passent à côté du personnage et de tout ce qui pouvait rendre dévastateurs la confrontation entre eux. Osborne Jr devient du coup un méchant assez unidimensionnel. Les 3 acteurs occupant la case des méchants ont beau être bons, rien n’y fait. Le film à les yeux plus gros que le ventre et marche dans l’ombre de Spiderman 3 qui avait les mêmes problèmes sur ce point particulier. Elecro étant en quelque sorte le Venom du film.

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Mais c’est aussi dans ses sous intrigues ( les manipulations d’Oscorp, Ravencroft et l’ombre du sinister six…) que The Amazing Spiderman 2 laisse le spectateur quelque peu sur sa faim. Placer des pions pour la suite est une chose, encore faut-il que ces derniers soient dans une position intéressante lors de la première rencontre. On ne s’attache pas vraiment a qui que ce soit et l’horizon qui se dresse devant nous une fois le film fini, laisse pour le moins sceptique. Oscorp et son mystérieux homme de l’ombre ne cèdent pas plus d’infos et tout comme dans le premier film, on reste sur sa faim. Ce qui nous est offert ici n’a rien de forcément novateur et c’est dans cela que The Amazing Spiderman 2 échoue, la construction de son univers à force de trop jouer avec les codes d’une simple romance ado au milieu des super héros se perd en route. Les grandes lignes mises en place sont déjà connus, le film repose sur la rivalité Peter / Harry qui est une continuation de celle ayant eu lieu entre les parents, mais devant le peu d’impacts que laissent sur nos esprits l’historique de la relation entre les deux ados ont a de façon légitimes quelques soucis à s’emporter pour le futur qui se dresse devant eux. Et c’est justement là aussi dans ce futur que le film laisse une porte pas vraiment ouverte devant le spectateur. The Amazing Spiderman 2 est la version corrigée de ce qu’aurait du être le premier film, malheureusement cela ne suffit pas à rattraper le retard pris sur Marvel version Disney qui applique la même recette. Celle constituant, à créer un univers tangible où il sera possible de croiser, des multitudes d’ennemies par le futur.

Là où chez Disney, les bases sont claires, se perd justement dans une sorte de trop-plein de crédibilités, on se doute que certains des personnages présents peuvent avoir un futur certain dans le crime, mais les bases les concernant étant au mieux brouillonnes et au pire inexistantes, il est difficile de créer dans sa tête un roadmap de ce qui nous attend. Souffrant de vouloir faire du Marvel bis plutôt que de se créer une véritable identité forte, le film peine à trouver son équilibre. L’apport d’un humour puisant ses racines dans l’origine gaguesque du perso apporte un petit vent frais dans l’entreprise, mais ce n’est pas forcément suffisant pour la faire aller au-delà du stade de chose un peu bizarre. The Amazing Spiderman 2 n’est pas une horreur en soi, mais juste le rejeton un poil bancal d’une politique de production calqué sur celle d’un autre studio. Au final, on finit un peu effectivement, et ce, même si je n’étais pas le plus farouche opposant du reboot, l’utilité de la chose. Car après ce film, je ne la vois pas forcément. C’est bien ce qui m’ennuie le plus en fait.

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