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[Critique] Alice au pays des Merveilles-Tim Burton-Critique du film

Le voilà le moment que j’attendais tant, ce petit instant fragile où j’allais découvrir la dernière production de Tim Burton. Un réalisateur que j’adore littéralement…dans le 1er tiers de sa filmographie. Après les derniers films qui étaient un peu des déceptions, j’attendais avec impatience n’ayons pas peur des mots ce nouveau film. En effet pour moi, l’histoire de Alice au pays des merveilles étaient parfaitement dans les cordes de Burton. Le genre de truc en or massif qui va faire que le réalisateur qu’on aime va s’en donner a cœur joie pour nous émerveiller. Bon ca c’était dans mes rêves. Maintenant revenons sur Terre et faisons un état des lieux de ce qu’est réellement Alice au pays des merveilles version Burton et en 3d.

Synopsis : Alice, désormais âgée de 19 ans, retourne dans le monde fantastique qu’elle a découvert quand elle était enfant. Elle y retrouve ses amis le Lapin Blanc, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, le Loir, la Chenille, le Chat du Cheshire et, bien entendu, le Chapelier Fou. Alice s’embarque alors dans une aventure extraordinaire où elle accomplira son destin : mettre fin au règne de terreur de la Reine Rouge. Le problème avec le trio burton,depp, bonham carter est que de films en films, ils ressortent la même recette…le pire elle fonctionne encore a chaque fois. D’où un soupir de lassitude, ca leur remplit les poches, d’une certaine façon peut on les blâmer de s’en donner à cœur joie ?. Je pourrais-être incisif, bêtement méchant et tailler le film en pièces, ca ne servirait a rien et ne serait pas constructif. Le problème au final de ce nouveau bébé de Burton est diablement simple. Il est à l’image de ces décors que l’on voit dans les vieux films ou a Cinecitta ou bien même Hollywood. Les grandes devantures magnifiques qui dès qu’on passe la porte d’entrée révèlent un lourd secret : il n’y a rien derrière, hormis quelques poutres pour maintenir l’ensemble a flots.

Alice aux pays des merveilles, c’est définitivement cela. Une histoire ou tout le monde est en pilote automatique et fait ce que l’on attend de lui sans la moindre surprise. La participation de Depp dans le film n’est pas si énorme que cela quand on met l’ensemble bout a bout. De plus si l’on compare avec les précédents rôles dans les derniers Burton, on se rend compte encore une fois qu’il délivre le même genre de personnages. De là à dire qu’il finit par se caricaturer lui-même, il n’y a qu’un pas que je ne vais pas tarder à franchir. Dommage, car comme beaucoup je suis un des premiers qui pense que c’est un immense acteur…qui prend de moins en moins de risques. Dommage. Vient ensuite le problème de la 3d. Comme le disait Cameron, tout le monde veut en mettre dans les films a torts et a raisons. Cameron a ouvert la boite de Pandore avec cela et Hollywood du coup est intéressé par l’optique de croquer dans le gâteau. C’est vrai qu’au final le saupoudrage de 3d laisse souvent un beau goût de billets verts dans les caisses. Il suffit de regarder le box office d’Alice chez l’oncle Sam pour s’en convaincre.

Malheureusement ici la façon dont la 3d s’incruste dans le paysage est relativement inutile. Quand on s’appuie sur des films comme Up, Coraline, Avatar, l’usage de la 3d est là pour rendre plus éclatante l’expérience et l’immersion du spectateur dans l’histoire. Ici elle est là surtout pour mettre en avant le côté gimmick de l’ensemble. Les effets 3d se résumant a un coup de lance vers le public, une bête arrivant sur nous, un dragon nous crachant des flammes dessus et j’en passe…l’impact sur le décor et lafçon de le percevoir est minime. Franchement en 2d l’expérience aurait été la même… J’avais la vague impression de revenir en arrière quand ado je prenais un pied monstrueux a voir le « capitaine eo » ou « chérie j’ai rétréci les gosses » en 3d. Les mécaniques étaient les mêmes et dans la façon dont la 3d est utilisé ici par le réalisateur cela n’est pas plus novateur que des choses faites il y a près de 15 ans.

Vient ensuite l’histoire en elle-même enfin ce qu’il en reste…Que ce soit Helena Bonham Carter qui cabotine. Elle est presque aussi agaçante que dans Terminator Salvation ou Anne Hattaway que j’adore et qui ici fait office de « figurante » sous acide. Son rôle de la reine blanche oscillant en permanence entre le ridicule complet et  la hippie qui a eu le trip de trop lui interdisant a jamais de redescendre sur terre. On regarde l’ensemble en souriant ou en soupirant devant l’inutilité au final de son rôle. Diablement agaçant vu le potentiel de la dame. Le reste de l’histoire est a l’avenant, cela se traine longuement, les différents nœuds dramatiques de personnages sont faibles, le combat entre les sœurs, le passé du chapelier, les traumas de Alice et son besoin de s’affirmer. On survole le tout plus qu’on ne s’y attarde ou attache tout simplement…

Vient ensuite le problème de la mise en images de ce royaume de Wonderland. C’est beau, il y a plein d’idées, c’est coloré…mais mine de rien ce sentiment de creux reste au coin du ventre. Oui les deux sœurs s’opposent, l’hystérique dominatrice psychopathe contre la gentille hippie attendant son élue pour ce grand combat. Les structures de l’histoire sont classiques. Burton ne fait rien pour les complexifier un minimum. Tout comme pour ses beaux décors, ils sont là pour attraper le regard et pas l’esprit. Au final on se retrouve avec un croisement entre Narnia et un Las Vegas Parano light et très PG13. C’est conceptuel et pas suffisamment permissif pour que l’on accroche ou que l’on est ce désir immense de rentrer dans l’histoire. Les personnages se retrouvent condamnés à être unidimensionnel. La pire victime du lot est Alice qui est diablement mal servi en termes de scénario. On la regarde passer d’un point à l’autre de l’histoire sans jamais vraiment s’intéresser à elle. La demoiselle est mignonne, pas mauvaise actrice, mais le scénario la laisse sur le coin de la route. Elle se donne un mal de chien pour sauver les meubles et ne gagne pas à la fin. C’est le plus rageant…

Vous allez me dire, mais bordel tu n’aimes rien, tu es un sale râleur sans cœur et jamais content ! Honnêtement il y a bien une chose qui m’a plu dans ce film : le chat ! Un design parfait, un look incroyable, une présence. C’est la vraie réussite de ce film, le personnage du chien est mignon aussi, mais au-delà du bestiaire à la Disney, je dois bien le reconnaître. Il n’y a juste pas grand-chose a sauver dans ce nouveau film de Tim Burton. J’attendais sincèrement d’être surpris, de voir une once de génie dans ce métrage, puis au final rien. Non ce soir j’ai enfin compris un truc tout con. Le tim Burton génial, torturé et inventif que j’aimais est mort d’un point de vue créatif depuis longtemps. Le bonhomme a vieilli, changer et est devenu plus calme, posé. Plus chiant dirons certains. Bonne question. Non en fait, je crois que le vrai point positif de ce Alice est qu’il m’aura une fois pour toute fait comprendre que la période de deuil est fini. Le burton de ma mémoire a lui-même tourné la page sur son reflet d’antan. Il est donc venu pour moi le moment d’en faire de même. Alice au pays des merveilles est le plus éclatant constat qui soit pour me convaincre que Hollywood sur certains réalisateurs est surement le meilleur dissolvant de talents qui soit sur le marché. Vraiment dommage…

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