Critiques de films

[Critique] Alex Cross- Rob Cohen- Critique du film

Inspecteur de police à Detroit, Alex Cross fait équipe avec son ami de toujours, Tommy Kane, et l’inspectrice Monica Ashe pour élucider une affaire de meurtres en série. Le tueur, surnommé Picasso, cherche à s’en prendre à un puissant industriel de la ville, Gilles Mercier. Mais dans cette affaire, les évidences cachent parfois des pièges et rien n’est vraiment ce qu’il paraît. Alors que Cross emploie toute son expertise psychologique à anticiper les actes du tueur, il doit aussi lutter contre les pulsions que Picasso a fait surgir en lui…

Les plus vieux comme moi ont grandi avec les versions d’Alex Cross ou ce dernier était joué par Morgan Freeman. De ces deux films, je garde un souvenir plutôt bon. Classique jusqu’au bout des ongles, ces films avaient pourtant quelques avantages de tailles, scénarios très honnêtes, jeux d’acteurs au top et surtout une réalisation qui survit très bien au temps qui passe. Malheureusement, je crains que tous les éléments dont je viens de faire mention dans ces dernières lignes ne puissent jamais s’appliquer à Alex Cross. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que ce presque reboot de la saga est une calamité assez fantastique. Digne d’un Direct to vidéo mis en scène sans la moindre envie de surprendre son public, Alex Cross empiète sur les plates-bandes narratives de Dark Knight en mettant en place une « origin story » du personnage qui dans les mains d’un vrai scénariste et d’un bon réalisateur aurait pu être au mieux passable. Malheureusement pour nous à la place de cela nous avons eu : Rob Cohen.

Disons-le tout de suite, Rob Cohen n’a jamais été un grand réalisateur, mais un faiseur plus ou moins appliqué…et en fait c’est tout. Ok cela ne fait pas. Malheureusement quand on regarde Alex Cross du début à la fin, on a la désagréable impression que désormais c’est nous qui payons pour rembourser ses dettes ou payer sa pension. Misérable et totalement ridicule, sa mise en scène flirte avec l’illisible dans les scènes de combat au corps à corps, le psychologiquement instable de la part d’un réalisateur quand il s’attache à montrer combien le personnage de Matthew Fox est un dangereux psychopathe ( le tout en secouant sa caméra dans tous les sens…pour bien prévenir le public que Fox va péter les plombs…). On a beau se montrer indulgent, survivre à la réalisation pachydermique de ce film met les nerfs à rude épreuve, mais tout cela n’est rien quant à ce sentiment étrange qui va vous prendre à la gorge quand le dénouement tombera. Je pense que la première phrase sera « Non mais sérieux ??? », de retournements de situations tragiquement inconsistant en liquidation de personnages clés, tout en passant par Jean Reno qui nous fait une scène digne du niveau d’interprétation du fameux final de Marion Cotillard dans TDKR, on ne sait plus où commence le moment où l’on peut rire et où se finit celui où l’on à le droit de pleurer.

Mais quand est-il des deux interprètes majeures du film Tyler Perry et Matthew Fox. À savoir le gentil et le méchant du film. Inutile de se voiler la face sur ce sujet-là en particulier en tout cas, Perry part avec un désavantage de taille : difficile de le prendre au sérieux dans le rôle de ce Alex Cross border line et Badass quand on sait qu’il est célèbre pour le rôle de Madea…Cette grand-mère qu’il interprète depuis des années en se travestissant à l’écran. La chose reste dans l’inconscient collectif et fait qu’en plus de l’écriture assez catastrophique de son personnage ( caractérisation et dialogues), ce pauvre Tyler Perry se voit offrir un véritable pistolet avec des balles à blanc pour partir en guerre. Il tente de faire de son mieux, mais bien souvent le moindre de ses efforts est anéanti par la mise en scène qui ne fait justement rien pour l’aider à sauver la baraque. Il est loin le temps de Morgan Freeman et dieu que je le regrette. Ce qui nous amène à Matthew Fox…les bandes-annonces et photos promo du film laissait espérer une interprétation saisissante et effrayante. La vérité est encore une fois tout autre. Les scénaristes sous le charme du personnage du Joker dans The Dark Knight ont fait en sorte de donner à celui de Fox une destinée et utilité absolument similaire. Son passif est inexistant et n’a pas d’intérêt, il n’est là que pour une chose : le chaos et influer sur la vie de Cross. Malheureusement ce qui marchait d’une façon disons le beaucoup plus marquante chez Nolan avec le Joker ne peut fonctionner chez tout le monde. Surtout quand ces personnes ne font rien pour intégrer le personnage dans l’univers qui est le sien de façon cohérente. Agissant en complète roue libre et flirtant plus d’une fois avec le grand guignol absolu Matthew Fox se retrouve en passe d’avoir offert aux Razzies Award de cette année un vainqueur en or dans le rôle du méchant d’opérette le plus fantastique de l’année.

En bout de course, ce reboot d’Alex Cross finit par s’effondrer sur lui-même tant ses fondations sont faibles. On ne peut rien sauver, ni les acteurs, ni le scénario (à peine plus consistant que celui d’un mauvais pilote Tv) ou la réalisation en pilotage automatique complète. Si le personnage d’Alex Cross vous intéresse encore et que vous aviez le moindre espoir envers ce film, il est temps d’en faire son deuil. La sagesse vous ordonnant de fuir ce navet et de revoir à la place les films avec Morgan Freeman ou de vous plonger dans les romans de James Patterson. Cela vous évitera de perdre votre temps en salle et surtout votre argent. À fuir !

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