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[Critique] A lonely Place To Die- Julian Gilbey- Critique du film

Cinq alpinistes grimpent dans les montagnes écossaises. Ils trouvent une jeune fille serbe enterrée dans le désert, et tandis qu’ils essayent de l’en sortir, ils sont pourchassés par les ravisseurs. Le pitch de départ est assez simple, mais est-ce que cela s’avère pénalisant pour le film ? Non, ce qui l’est par contre est son côté bicéphale, voire schizophrénique. Impeccable dans sa première partie et véritable survival hardcore et tendu pendant qu’il reste dans la montagne, le film perd de sa saveur dès la 2e partie pour devenir beaucoup plus classique et loin des espérances que l’on pouvait avoir. On passe de grand film possible à série B sympathique au final. Que se passerait-il si lors d’une escapade en montagne vous découvriez une petite fille prisonnière dans la forêt. Le statut de départ laisse d’emblée présager que la situation va mal tourner. Très vite ce présage se révèle vrai et le film prend une tournure particulière. Celle d’un survival assez stressant où le réalisateur Julian Gilbey déploie des trésors d’ingéniosité pour créer la peur en tirant partie des décors naturels grandioses qui s’offrent à lui.

Découper en deux parties au final bien distinctes le film surprend autant qu’il agace par sa sortie de route de la 2e partie. Filmé en milieu naturel dans les Highland, la première partie du film montre un talent assez impressionnant de la part de Julian Gilbey pour la mise en scène. Rempli de séquences marquantes où les nerfs du spectateur vont être mis à rude épreuve, les surprises ne cessent de s’empiler devant nous et c’est tout simplement le bonheur. Il y a les alpinistes, les tueurs et la montagne. Julian Gilbey réussit à la rendre menaçante dans les moindres détails, on sent qu’aussi bien pour les bons ou les soi-disant méchants cette dame nature est bien décidée à ne leur laisser aucune chance. Mais là où le réalisateur dispose d’un élément de danger incroyable, il prend la décision surprenante de ne plus l’utiliser et de prendre les membres encore valides pour finir le film…en dehors de ce lieu. La sentence ne tarde pas à tomber et même si la mise en scène continue d’être du même niveau, le changement de décor lui fait perdre de son intensité. La surprise devient inexistante et l’on regarde le tout avec un œil assez passif. Ce qui est dommage après la montagne russe de la 1ere partie.

Alignant un casting de gueule et de seconds couteaux de luxe, Julian Gilbey réussit un sans-faute dans son choix d’acteur. Tout comme dans Triangle à l’époque, Melissa George donne de sa personne pour le bien du film. Intense et parfois risqué,  Lonely Place To die renvoie dans les cordes en terme d’intensité des films comme Cliffhanger à l’époque, le tout avec un budget bien moindre. C’est malheureusement dans sa deuxième partie que le film prend une mauvaise tournure en changeant complètement de style. Sur le fond, le réalisateur ne perd pas sa ligne directrice, car le film reste d’une certaine façon un survival. Mais d’un environnement propice à la peur, il emmène le spectateur dans un univers familier et lui assène des codes qui du coup n’ont plus la force dérangeante de dame nature. Le spectacle qui se déroule devant nous n’est pas désagréable, mais il devient diablement prévisible. Ce qui du coup rend le film atrocement bien bâtarde. Est-ce que cela est pourtant suffisant à tuer dans l’œuf la carrière de Julian Gilbey ? Je ne pense pas, car au-delà de cette erreur de structure Julian Gilbey fait preuve d’un savoir-faire peu commun pour approcher les règles de la tension au cinéma. Un talent qui se fait de plus en plus rare.

C’est aussi ce qui d’une certaine façon permet de pardonner au film sa deuxième partie qui se contente d’être juste correcte à défaut d’être originale. Si comme moi vous êtes fan de Melissa George, je vous conseille fortement d’enchaîner la découverte de ce film avec celle de Triangle si ce n’est pas déjà fait. Melissa George est un peu l’équivalent d’une Ripley loin du Nostromo. Le portrait parfait de la femme forte et réaliste. A lonely place to die est un film pleins de promesses pour l’avenir du réalisateur, même s’il ne les tient pas toutes dans le présent.

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