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[Critique] A l’aveugle- Xavier Palud- Critique du film

Le cadavre mutilé d’une jeune femme est retrouvé à son domicile. Pas d’effraction, pas de témoin : le crime est parfait. L’enquête est confiée au commandant Lassalle, un flic expérimenté et solitaire, détruit par la mort de sa femme. Alors que d’autres meurtres tout aussi sanglants sont perpétrés, Lassalle est intrigué par la personnalité d’un aveugle, Narvik. Mais l’alibi du suspect est plausible et son infirmité le met hors de cause. Un étrange duel, telle une partie d’échecs, s’engage alors entre les deux hommes.

Si À l’aveugle avait été un roman, il aurait sans doute pris forme sous la plume de Jean Christophe Grangé. Ce pour la simple et bonne raison qu’il en possède aussi bien les forces que les faiblesses. Après avoir entendu les pires horreurs sur ce film, ma curiosité était à son maximum. Le casting de Gamblin vs Wilson m’intriguait et Xavier Palud à la caméra me laissait un peu perplexe. Qu’allais je voir ? La réponse est un téléfilm de luxe. La faiblesse du film est peut-être son manque d’ambition dès la seconde moitié du film. Après une première partie avec une ambiance assez classique, mais efficace et une opposition entre les deux héros qui laissait présager de quelque chose de plaisant, l’ensemble prend une tournure pour le moins bizarre. Se perdant dans les limbes du drama et de l’explication un peu tirés par les cheveux pour expliquer le pourquoi du comment, le film passe de la case intéressant à tristement banal. Ce n’est d’ailleurs pas la conclusion pour le moins prévisible qui sauve le tout. Au contraire, elle assoit encore plus le sentiment d’avoir assisté au pilote d’une série TV dans lequel on retrouvera bientôt le personnage du flic bourru qu’interprète Jacques Gamblin.

Empruntant les codes du genre, le film de Xavier Palud prend son temps pour créer un certain suspens entre les deux personnages. On s’interroge sur le passé de ces derniers plus que sur leur présent d’ailleurs. À vrai dire, il est difficile de s’attacher à eux sur cet instant précis, tant eux même ne savent plus qui ils sont. Totalement à la dérive, les racines du mal les rongeant sont dans ce passé qui les prive de futurs. Et comme on le sait toujours dans ce genre de cas, la clé de l’obtention de ce dernier ne se fait jamais dans la joie la bonne humeur et l’amour de son prochain. Cela se fait dans le sang. Le film joue avec cette donnée et induit quelque peu le spectateur trop violemment en erreur. Ce qui d’une certaine façon crée la plus grosse zone de frustration dans la seconde partie quand on découvre que ce que l’on pensait être la vraie direction du film n’était qu’un leurre. Sentiment qui s’aggrave un peu de par la façon dont la nouvelle direction nous tombe dessus. On entre alors dans un autre univers qui déstabilise un peu le film. Le passage d’un genre à l’autre fait s’interroger sur les motivations du scénariste, savait-il vraiment où il allait ? Ou a-t-il juste en cours de route tenté un virage dans la direction contraire du au fait qu’il ne croyait plus dans sa 1ere histoire ? Mystère. Le résultat est pourtant là, A l’aveugle, sans être l’horreur que l’on disait est quand même sacrément bancale.

Chose que ni Gamblin ni Wilson et ce malgré le fait que les deux soient d’excellents acteurs ne réussissent à complètement sauver. L’un parce qu’au final, son rôle de flic dépressif et usé jusqu’à la corde n’est pas si original que cela et l’autre simplement pour l’unique et bonne raison que même avec la meilleure volonté du monde…certaines séquences le concernant sont un poil ridicules. La love story sous-jacente n’aide pas non plus et d’une certaine façon c’est dommage. Pour la simple raison que Xavier Palud évite l’avalanche d’effets de styles que l’on aurait pu craindre venant d’un réalisateur français naviguant dans ce genre précis. Relativement sobre et unifiée du début à la fin…à la différence du scénario, sa réalisation crée une ambiance sans se faire envahissante ou distrayante. Le but ici est de créer une atmosphère pour que le combat entre les deux acteurs n’en soit que meilleur. Cela fait deux éléments sur 3, dommage que le script ne réponde pas présent à l’appel. En bout de course A l’aveugle aurait eu toute sa place sur le petit écran dans la case des téléfilms un peu luxueux. En tant que film on reste plus que dubitatif sur l’intérêt de sa présence en salle. Il n’avait pas les épaules pour…

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