Critiques de films

[Critique] 5 ans de réflexion- Nicholas Stoller- Critique du film

De l’avis général, Tom et Violet sont faits l’un pour l’autre et pourraient constituer le couple marié idéal. Lui, star de la haute cuisine de San Francisco, est prêt à rejoindre le gotha de la gastronomie californienne ; elle est une brillante doctorante en psychologie sociale à Berkeley. Deux «winners»… mais voilà que ce mariage imminent devient soudain un problème. Violet, rejetée par l’université dont elle rêvait, se rabat sur celle d’Ann Arbor, dans le Michigan. Tom se sacrifie pour la suivre, pensant que la «noce parfaite» peut attendre quelques mois. Puis d’autres obstacles, inattendus, se profilent, s’enchaînent. Le couple diffère, hésite, tergiverse… les mois passent, puis les années. Promesses en cascade, toujours remises en question… Cinq ans de réflexion…

Quand on parle de comédies romantiques, la plupart des yeux se lèvent aux ciels, les portes claquent, les gens hurlent et la foudre tombe près de vous. Oui, il y a des choses qu’il ne faut pas aborder en public sous peine de s’attirer le courroux funeste des autres. Ceux qui aiment ce genre sans le dire, ni l’avouer ouvertement. Alors pour ces derniers qui en ont marre des comédies bon marché, voici le petit miracle de l’année. La synthèse de la comédie grand public, de l’analyse fine et délicate des relations inhérentes au jeu de l’amour et cynique, mais pas trop aussi. Juste ce qu’il faut pour faire en sorte de contenter chaque type de fans présent dans la salle. 5 ans de réflexions est donc bel et bien un hybride, mais à la différence de ce que l’on peut croire en lisant ces lignes, c’en est un qui tient sacrément bien la forme. Solide et robuste et ouvrant de nouvelles portes vers l’eldorado du romantisme new-age au cinéma, ce petit film est une belle réussite dans son genre.

Recette immuable de la comédie romantique prendre deux « lead » où une grande partie du public va se retrouver ou à défaut s’identifier par la somme de leurs défauts. Jason Segel et Emily Blunt remplissent cette donnée haut la main, dès le début en créant un élément de jalousie maladive chez une partie du public. Comment une nana aussi canon peut-être avec un type aussi ordinaire. On entre d’emblée dans les petits paradoxes de la vie, ceux qui couplés aux différents jeux de la séduction et de l’amour tout court n’entrainent que l’incompréhension de ceux qui justement ne sont pas dans le game… Là où d’autres films aurait mis en place un schéma assez classique, voir même insupportable dans son suivi sans faille de la ligne blanche hollywoodienne de l’écriture, 5 ans de réflexions préfère lui prendre la petite route de campagne. Le film s’évertue sans cesse à partir dans l’envers du décor. On pense que l’on a fini de tout voir et arrive un retournement de situations mettant l’équation de départ totalement en branle. Tout comme une histoire amoureuse, la fin du parcours est imprévisible, totalement mouvante et en évolution constante. Cette dernière passe d’ailleurs par la finesse d’écriture qui va avec les deux personnages principaux. C’est ce soin qui offre au film la crédibilité et disons le bien l’humanité qui le sépare du reste de ses compétiteurs.

5 ans de rélexion segel blunt affiche

Rome ne s’est pas faite en un jour et beaucoup d’histoire d’amour finissent par suivre la même voie. D’erreurs en doute, de sentiments de victoires en constat d’échecs le film dresse le portrait réaliste, cynique et tendre d’un couple fait l’un pour l’autre, mais incapable de le réaliser eux même avant d’être à deux doigts de se perdre. Bardé d’une galerie de seconds rôles à mourir de rire dont Rhys Ifans en prof coincé d’université, le film soigne aussi bien tous ses acteurs et quelques soit le temps de présences qui leur sont offertes. Humainement rafraichissant et drôle sans jamais tomber dans l’humour lourd, 5 ans de réflexions est un hybride.  Une sorte de comédie romantique hollywoodienne totalement réaliste et ne se départissant jamais d’un recul suffisant pour insuffler une bonne dose de cynisme à l’ensemble. En découle un ORDI ( objet romantique difficilement identifiable), le genre de mythe que l’on se plait à croire n’être qu’une légende. Jusqu’au jour où l’on finit par le croiser et l’on n’a plus qu’une seule envie…que cela se reproduise très vite ! Excellent !!!

 

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