Critiques de films

[Critique] 3h10 pour Yuma- James Mangold- Critique du film

Synopsis : Revenu blessé de la guerre de Sécession, Dan Evans a établi sa famille dans un ranch. La sécheresse a ravagé ses terres, décimé son troupeau et miné la considération que lui portent sa femme et ses enfants, en particulier son aîné Will, âgé de 14 ans. A la suite d’une attaque de diligence, le célèbre bandit Ben Wade passe par la ville de Bisbee où il est arrêté avec le concours fortuit de Evans. Recherché pour ses hold-up et ses meurtres répétés, Wade doit être convoyé vers Contention, à trois jours de cheval, pour embarquer sur un train à destination de Yuma, où se trouve le tribunal fédéral. Contre une prime qui peut sauver son ranch, Dan Evans s’engage dans l’escorte qui doit accompagner le dangereux criminel. Il est bientôt rejoint par son fils Will, fasciné par l’aura du tueur.Tandis que son gang organise son évasion, Wade engage sur le chemin de Contention un bras de fer psychologique avec ses gardiens, usant à la fois de la peur qu’il leur inspire et de la séduction qu’il exerce sur eux…

Faire un bon Western devient difficile de nos jours. Peu de gens se lançent dans le domaine et y réussissent. Tout le monde ne se nomme pas Eastwood ou Costner. C’est pour cela que lors de ma 1ere vision de 3h1O pour Yuma de James Mangold, j’avais un léger doute. Voir même n’ayons pas peur de le dire une vraie crainte de voir le monsieur se planter en route. C’est vrai aussi qu’avec un casting mettant en face à face aussi bien Christian Bale, Russell Crowe et Ben Foster, Mangold partait déjà avec un trio gagnant en main. Chose qui très vite se confirme au fur et à mesure du film. Car dans son genre 3h10 pour Yuma se classe pour moi parmis les vrais bons « récents » western au côté de film comme Open Range ou Impitoyable.

Le vrai succès du film au-delà de sa mise en scène réside dans son casting. C’est toujours un piège à double tranchant que d’avoir des têtes d’affiches de calibres olympiques. On se met à croire que cela va suffire a attirer le spectateur, mais cela suffira t-il pour autant à faire un bon film ? Ce n’est pas toujours le cas. Sauf qu’ici quand l’ensemble est mis bout à bout avec un bon scénario et une réalisation brillante, la magie opère. Et quand je parle de magie je veux parler de ce petit truc que l’on ne ressent pas ou plus assez souvent, l’émotion. Que ce soit pour le personnage de Crowe mi ange mi démon, mais toujours avec un code d’honneur. Ou bien ce père prêt à tout pour regagner le respect de son fils, on s’attache à ces personnages. De ce fait et par le choix judicieux de casting, Mangold gagne du coup la plus importante des batailles, celle « du cœur » dirons nous. Car en donnant cela à son film. Il a déjà fait 50% du travail et pris le spectateur sous son aile.

Le reste va se répartir entre lui et sa réalisation et la façon dont ses acteurs vont mettre ses indications en place à l’écran. Chose qui ici se traduit encore par un sans faute. Là où je craignais que les deux acteurs « monstrueux » que sont Bale et Crowe se bouffent, c’est le contraire qui se produit. Chacun évolue dans sa zone d’action et renvoie la balle à l’autre de la façon la plus intelligente qui soit. En résulte un lien d’amitié contre nature et pourtant crédible qui se tisse pendant tout le film. Les deux hommes chacun dans un style particulier incarne ces hommes aussi imparfait que pourtant semblables. Chacun d’une certaine façon enviant l’autre pour tout ce qu’il a. Ce qui fait que lorsque le final arrive on est littéralement tendu comme ce n’est pas permis. Le gunfight final est un modèle du genre pas qu’en terme de réalisation et de pour la façon dont il rend honneur au genre du Western. Mais surtout pour la tension émotionnelle qui s’en dégage.

Dans la jungle des westerns anciens ou présents que j’aime revoir, ce remake de 3h10 pour yuma figure a une place plus qu’honorable. Preuve éclatante du talent de Mangold et de son côté caméléon de la caméra.3h10 pour yuma est sans nul doute aussi une des plus belles preuves qu’avec un peu de talent, le western n’est pas un genre en désuétude. Emouvant, violent, parfois drôle et film grand public d’une classe folle, ce western est bel et bien un film qui se bonifie avec le temps. A voir et à revoir sans modérations.

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