Critiques de films

[Critique] 30 Beats- Alexis Lloyd- Critique du film

New York, en plein été : une vague de chaleur transforme la ville en zone tropicale. Dix personnages sont tour à tour entraînés dans une ronde des amours où chacun se retrouve pris dans une chaîne de séductions, de sentiments et de désirs à fleur de peau.

30 beats est un film au naturel assez désarmant. Certes on aura parfois l’impression d’avoir déjà vu 100 fois les histoires qui se déroulent sous nos yeux, mais bizarrement l’ensemble passe. Pourquoi ? Peut-être et même sans nul doute grâce à la patte du réalisateur. Il filme ici les personnages et leurs histoires ( intéressante ou non) avec une légèreté assez touchante. Cela ne fonctionne pas toujours, mais quand c’est le cas, le sentiment de zénitude qui se dégage de l’ensemble rend le périple encore plus sympathique. Car on peut bien parler ici de périples. Un voyage montrant les turpitudes de l’amour sous toutes ses formes, et ce, au travers d’un personnage hors cadre et pourtant unique : New York. Le réalisateur lui confère une aura indicible et qui pourtant plane de façon très palpable sur tout le film. New-York, aussi fascinante qu’intrigante, une belle de jour et de nuit insaisissable que le réalisateur prend plaisir à filmer sous toutes ses coutures. Rejetant le numérique pour rester sur une patine plus Old School avec du numérique, il imprègne son film d’une poésie vintage qui personnellement ne m’a pas déplu une seule seconde.

Maintenant reste à savoir si cette ronde des sentiments ( le film s’inspire en partie de « La Ronde ») sera du goût de tout le monde. Très film d’auteur dans son genre. Mais pas de façon péjorative, 30 Beats fait en sorte de défendre sa vision de l’amour avec ses hauts et ses bas. Effectivement, l’ensemble n’atteint pas l’humour désarmant d’un Love Actually qui réussissait à mélanger et croiser avec brio des tonnes d’histoires, mais ce n’est pas le but. Autant ce dernier était commercial dans le bon sens du terme, autant 30 Beats ne cherche pas vraiment à l’être. C’est une vision des choses au final assez intéressante, car le réalisateur prend un parti pris et s’y tient jusqu’au bout sans vraiment l’abandonner en route par peur de décevoir le public. Artistique dans le bon sens du terme, pas forcément grand public et pas exempts de défauts le film n’est pas non plus vide de charmes. Les différentes protagonistes que l’on rencontre et principalement ce jeune couple qui clôture l’histoire offrent une véracité et fraicheur à l’ensemble de l’œuvre. Décrire l’amour au cinéma sans tomber dans les clichés est un des plus grands casse-tête possible. Est-ce que le réalisateur réussit ici son pari ? Plus ou moins. Et c’est vraiment au travers de la description hors champ de New York et l’aura que cette dernière fait planer sur les personnages de l’histoire que le film tire tout son charme et son potentiel.

Film d’auteur assumé et voyage au sein de vie aussi banale qu’attrayante ou fadasse, 30 Beats rentre dans la case de ces petits ovnis que l’on croise trop rarement. C’est un film définitivement en dehors du système hollywoodien classique et c’est cette non-conformisation qui le rend si attachant. Est-ce que malheureusement cela suffira à le faire survivre dans la jungle des sorties en salle ? J’ai un énorme doute, mais ce dernier s’estompe quand à l’idée de le voir trouver un second souffle sur le marché de la vidéo. 30 beats est un film qui à mon avis trouvera son public sur le long terme. Si vous avez encore la chance de le voir en salle, profitez-en, mais si cela n’est pas le cas n’hésitez pas à rattraper votre retard quand le dvd vous passera à portée de mains. Ce petit film est loin de se montrer désagréable. Une petite expérience sympathique qui au-delà de sa vision de l’amour en demie teinte, donne encore plus envie de visiter New-York. À voir.

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