Critiques de films

[Critique] 3 Days to Kill- McG- Critique du film

Ethan Renner est un redoutable agent secret résolu à renoncer à sa vie trépidante pour se rapprocher enfin de sa femme et sa fille, qu’il a longtemps tenues à distance pour les protéger. Lorsqu’on lui impose une ultime mission, il doit mener de front les deux combats les plus difficiles de sa carrière : traquer un dangereux terroriste et s’occuper de sa fille adolescente pour la première fois depuis dix ans…

Il y aura deux catégories de personnes face à 3 Days to Kill, ceux qui auront découvert la série « No Limit » qui est le brouillon de ce film ( où l’inverse vu la qualité finale…) et ceux qui ne la connaitront pas. Dans le premier cas de figure, le film sera donc pour cette frange de la population un énorme foutage de gueule, pour la seconde cela sera au mieux un film terriblement médiocre. Europa Corp produit du blockbuster en mode tout-venant pour investir sur d’autres choses d’envergures ou du cinéma un peu moins commercial parfois. Je n’ai rien contre cela, c’est la vie même de tous les studios, mais encore faut-il mettre un minimum d’efforts dans la manœuvre. Luc Besson ici encore au scénario recycle sans la moindre vergogne des pans entiers de No Limit, même histoire, des séquences similaires…le tout en espérant bizarrement que personne ne le verra. La chose aurait encore pu passer si en arrivant du petit écran vers le grand, des retouches, changements majeurs ou autres détails cosmétiques avaient été faits. Malheureusement, ce n’est pas du tout le cas. On est face à du quasi-copier-coller en mode fainéant. La chose en devient encore plus tragique quand au final on se rend compte que l’addition de Mc G et Kevin Costner qui aurait dû donner un tonus fou au film aboutit à un horrible pétard mouillé.

Three-Days-to-Kill-2014-Movie-Picture-01

3days to Kill ne dénote pas des autres productions Besson en terme de scope. On retrouve toujours la même façon de filmer Paris en la pervertissant juste ce qu’il faut pour le regard américain. Mc G se fond dans le moule et livre un travail assez inodore en fait. Ce n’est pas horrible ni insupportable, c’est juste terriblement mécanique. Au milieu de ce fatras, Costner évolue avec la classe qu’on lui connaît et surtout le détachement de l’homme réalisant qu’il a mis les pieds dans le mauvais train. Son histoire avec sa fille n’est pas attachante, car jamais développé au-delà des limites du minimum syndical, l’idée de la famille de squatter africain dans son appartement ne sert à rien. Mise en place pour essayer d’humaniser le personnage, elle n’aboutit qu’à offrir un vague sentiment de remplissage assez bizarre. Mais le pire tiens dans le personnage d’Amber Heard qui est disons le tout simplement ridicule. Au-delà d’apparaître dans diverses poses et tenues propices aux fantasmes masculins, son rôle de chef d’opération à la James Bond ne colle pas du tout avec le reste. Chacune de ses rares apparitions ressemblent à un énorme moment de WTF. C’est à la fois fascinant et triste.

Mais au-delà de tout c’est le côté hautement paresseux et au final un poil malhonnête de l’entreprise qui choque. Il n’y a pas le moindre effort, on photocopie la recette en espérant que personne n’y verra rien. La même chose est en passe de se reproduire avec Brick Lane le remake de Banlieue 13 qui là aussi copie quasi plan pour plan des pans entiers de l’original. Un remake est une chose assez commune. Autant l’assumer pleinement ou juste profiter du passage du petit écran vers le grand pour changer des choses en mieux. Afficher plus d’ambitions par exemple. 3 Days to Kill n’a pas véritablement d’ambitions ou quoi que ce soit de tangible au-delà de faire de l’argent facile. Un travail de commande pour McG, un projet vite fait vite oublié pour Costner. C’est dommage, vu la somme des talents sur le projet d’aboutir à quelque chose d’aussi  peu intéressant. Au final, 3 Days to Kill tient plus du grand foutage de gueule que du plaisir coupable. C’est triste…

No Comments

Leave a Reply